Aiguillages, tourisme et loisirs ferroviaires

Le Chemin de Fer Touristique

du Haut Quercy

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Le Chemin de Fer Touristique du Haut Quercy

Transcription :

Martel, c'est une commune du Lot dans la vallée de la Dordogne. Si la ville est connue pour compter 7 tours, elle dispose également d'une gare qui n'a sans doute jamais vu passer autant de voyageurs que depuis qu'elle sert de point de départ au Chemin de Fer Touristique du Haut Quercy. Cette portion de la ligne reliant à l'origine Bordeaux à Aurillac a connu diverses fortunes depuis son ouverture dans les 20 dernières années du XIXème siècle, jusqu'à sa fermeture définitive un siècle plus tard en 1980, et sa reprise par une association de passionnés 10 ans plus tard.

Cette ligne avait été construite dans les années 1980-1983, elle a ouvert en 1989 et elle servait surtout à l’expédition des truffes au marché de Martel, qui étaient l’un des plus importants de France. Durant la première guerre, la ligne avait été déferrée pour les besoins du front, on avait besoin de construire des lignes de chemin de fer, on manquait de fer donc ils avaient déferré des lignes peu fréquentées comme celle-ci. Cette ligne, après guerre, a été referrée principalement de Martel à Saint-Denis pour pouvoir expédier ses truffes, et elle n’a été referrée de Martel à Souillac qu’un an plus tard, en 1919, donc c’est en 1919 qu’elle a retrouvé son trafic normal, qui a toujours été très restreint.

Et c'est sur une voie ferrée dont les rails ont été fournies par les Américains à la fin du premier conflit mondial, que le Train Touristique du Haut Quercy circule encore de nos jours. A l'époque, du fait de la nature des marchandises transportées, les habitants avaient affectueusement nommé leur train le Truffadou. Le passage des différents convois à flanc de colline entre Martel et Saint-Denis les Martel rythmait la vie de bien d'entre eux.

J’étais très riverain de la ligne, et le train me donnait l’heure : soit 6h30 le matin ou 9h50 quand il arrivait de Bordeaux, ou le soir aux mêmes horaires, toujours sur cette ligne Bordeaux – Aurillac, et tout gamin c’était aussi mon terrain de jeux, caché bien sûr, puisqu’interdit comme un terrain militaire, et lorsque j’ai appris que l’on pouvait racheter ou louer une ligne de chemin de fer, j’ai attaqué les démarches en 1990 et en 1991 nous avons fait notre association, et en 1997 au terme de 6 années de démarches laborieuses, nous avons pu enfin acheter la ligne et démarrer l’exploitation.

Et c'est ainsi qu'Hervé Lacarière a pu continuer à jouer au train, et rester au pays pour y travailler. Le Chemin de Fer du Haut Quercy est en effet maintenant une petite entreprise qui emploie 6 personnes à l'année et compte une grosse centaine de bénévoles. De quoi assurer les 3 à 4 allers/retours quotidiens en haute saison en plus de l'entretien de la voie, de la restauration de matériels et de travaux d'aménagements du site. C'est ainsi que depuis notre dernière visite, un hall voyageurs a été aménagé dans la gare, et un petit musée a été ouvert à l'étage.

On a aménagé un hall voyageurs dans l’ancienne gare de marchandises de Martel, qui avait été bien démantelée, délabrée, nous avons tout reconstruit dans le style des gares du PO, et depuis 2010 ce hall voyageurs est ouvert et fait le bonheur de tous, de plus à l’étage nous avons aménagé un musée d’objets ferroviaires anciens, un musée d’envergure puisque c’est une quantité phénoménale de ces objets qui nous a été offert en cadeau de Noël 2010 par José et Nadine Demeurs qui avaient accumulé ces objets au terme de 30 années de recherche.

Des objets ferroviaires dans le musée et pas mal de matériel roulant sur les voies de la remise. Des voitures inox qui serviront prochainement à un train restaurant, des locotracteurs diesel, et un parc conséquent de locomotives à vapeur.

Ici, nous avons 7 locomotives à vapeur, dont 3 sont en état de marche : il y a une locomotive française de 1927 qui nous a emmenés aujourd’hui, que nous avons retubée ici dans notre atelier, nous avons changé 1,1 km de tubes dans la chaudière, elle développe 900 chevaux et elle convient très bien pour tracter cette rame de 7 voitures qui pèse un peu plus de 200 tonnes, sinon elle avait succédé à une locomotive polonaise 030 de 600 chevaux qui a assuré ici les circulations pendant 10 ans, nous avons aussi une locomotive 030TU américaine, qui est en état de marche mais qu’on n’utilise plus, qui va être restituée à son propriétaire, puisque celle-ci nous l’avions louée pour quelques années, mais maintenant nous avons le matériel nécessaire, nous restaurons même de nouvelles locomotives, et les circulations diesel se font au moyen de locomotives 63000, diesel-électrique, qui nous sont mises à disposition par la SNCF pour une durée illimitée, nous la remercions d’ailleurs parce que nous avons une très bonne collaboration de la SNCF. L’hiver, même à longueur d’année on travaille sur les locomotives, on a 6 employés à l’année mais il y en a toujours 2 ou 3 qui travaillent sur les locomotives à l’atelier, pour les restaurer. Nous procédons au remplacement de 800 à 1000 traverses par hiver, ce qui était nécessaire pour ne pas se laisser gagner par la vétusté de la ligne, nous avons déjà remplacé 1300 traverses, et je pense que d’ici 3-4 ans la totalité des traverses sera remplacée. Les travaux ont été réalisés pour la sécurité d’abord, cet hiver nous avons également refait ou fait refaire la sortie d’un tunnel qui était bien dégradée, et maintenant nous pouvons rouler tranquilles.

Toujours pas de possibilité en revanche de rentrer dans la gare de Saint-Denis les Martel, le train qui est freiné par sa locomotive depuis Martel doit rebrousser chemin quelques centaines de mètres avant celle-ci. Alors en attendant une hypothétique évolution de cette situation, c'est un nouveau mode d'exploitation des circulations qui est envisagé.

La gare de Saint-Denis, c’est fort dommage que nous ne puissions pas y entrer, nous avons aménagé une grande plateforme avec une voie d’évitement ou de croisement, et dans un avenir assez proche, je pense 2016, la locomotive sera toujours à la tête du convoi, autant à la descente qu’à la remontée : à la descente elle sera en tête de convoi mais en marche arrière, car nous n’allons pas la tourner étant donné qu’en forte rampe comme ici, il vaut mieux que la locomotive travaille la cheminée vers le haut, pour avoir le ciel de foyer bien couvert d’eau, c’est nettement préférable. La ligne est en rampe continue de 20/1000, sauf dans les tunnels où elle est à 15/1000, pour éviter le patinage, tout était prévu vous voyez, et elle a une forte concentration d’ouvrages d’art sur 6 km : 5 tunnels, 1 viaduc, un mur de soutènement empierré, ça c’est vraiment un chef-d’œuvre qu’on ne pouvait pas laisser à l’abandon.

Un chef d'œuvre technique qui permet d'en découvrir un autre, naturel celui-ci. Quelques minutes après le départ du train, c'est un splendide panorama sur la vallée de la Dordogne qui se dévoile aux yeux des passagers.

L’intérêt de cette ligne au départ de Martel, c’est que nous avons une très belle vue sur la cité médiévale, et ensuite le train circule en tranchée sur 2 km, pour ensuite traverser le tunnel le plus long du parcours : le tunnel de Mirandol, qui mesure 400 mètres, en courbe et presque totalement obscure, je dis presque car nous avons fait l’éclairage du tunnel surtout pour la sécurité, mais à la sortie du tunnel la grande surprise c’est le panorama sur la vallée de la Dordogne, à 80 mètres au-dessus du lit de la rivière. Donc là on a aménagé une halte avec un quai de 130 mètres de long, la longueur de la rame, où les 600 passagers peuvent débarquer en toute sécurité, et c’est vraiment l’émerveillement de tous, et le nôtre également puisque nous sommes là pour faire découvrir ce patrimoine et le faire partager à beaucoup.

Si ce paysage n'a guère de chance d'être transformé dans les prochaines années et c'est tant mieux, le Chemin de Fer Touristique du Haut Quercy lui, va continuer à proposer des nouveautés à ses passagers, et pour certaines dès cette saison.

Actuellement, à l’atelier nous restaurons une locomotive 040 polonaise, qui sera mise en service, je l’espère, en 2016, donc ça, ça sera une nouveauté. Autre nouveauté : nous avons une rame inox trans-europ-express qui sont voitures bars et restaurants, que nous allons mettre en service pour une restauration le soir, à bord, ce sera le diesel électrique, le 63000, qui va emmener la rame sur la falaise et ça permettra de passer une soirée agréable à table, avec quelques arrêts sur la falaise, je pense que ça devrait être assez sympathique. Nous avons un très grand projet à moyen terme : c’est le projet de reconstruction d’une rotonde, nous avons acquis il y a quelques années l’ancienne rotonde de Saint-Denis-lès-Martel, qui avait été démontée il y a une quarantaine d’années : c’est un bâtiment en arc-de-cercle de 1000 m² au sol, avec 7 travées à l’intérieur, on peut faire 7 voies à l’intérieur, le pont tournant avait été ferraillé, nous avons acquis l’ancien pont tournant de la Rochelle, qui fait 24 m de diamètre, et qu’on va remonter ici aussi à Martel, nous avons acheté le terrain pour cela, nous avons fait mettre là 6000 tonnes de ballaste pour rattraper le niveau du plan de voie de la gare, et j’espère dans un avenir à moyen terme, dans 4-5 ans, pouvoir ouvrir ce musée grandeur nature.

Hé bien voilà une occasion toute trouvée de revenir à Martel d'ici quelques temps, pour partager avec vous l'avancée de ces projets.

La semaine prochaine dans Aiguillages, nous finirons notre visite au CR2M près de Lausanne, en Suisse. Après le circuit vapeur que je vous ai présenté il y a quelques semaines, nous découvrirons le réseau électrique de trains de jardin du club.

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