Aiguillages, tourisme et loisirs ferroviaires

Le Musée du Transport Urbain Bruxellois

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Le Musée du Transport Urbain Bruxellois MTUB

Transcription :

Pour preuve, nous allons pouvoir monter à bord de certains d'entre eux. Le Musée des Transports Urbains Bruxellois, est sans surprise installé en plein cœur de la capitale Belge, dans un dépôt de la STIB, la Société des Transports Intercommunaux Bruxellois, une structure qui se charge de l'organisation des Transports publics à Bruxelles. Depuis ce dépôt, sont toujours desservies par des rames de tramways les lignes 39 et 44. Mais, avec l'arrivée du métro à Bruxelles construit dans les années 70 il à perdu de l'importance et de la place s'est libérée. Ce qui n'a pas échappé à une bande de passionnés, qui ont plaidé pour la création d'un musée qui pourrait abriter différents véhicules, au fur et à mesure de leur réforme. Le Musée du Transport Urbain Bruxellois, est ainsi né officiellement en 1982, un peu moins d'un siècle après la construction du dépôt que l'on doit à Léopold II et qui remonte à 1897.

Effectivement Léopold II a fait créer cette ligne de tramway en même temps que l'avenue de Tervuren pour relier deux expositions : une internationale qui avait lieu au cinquantenaire et une qu'on appelle coloniale, qui a eu lieu a Tervuren bien que ce n'était pas des colonies puisque Léopold II s'était approprié le Congo qui n'était pas le Congo belge.

Des tramways à Bruxelles, il y en avait déjà alors en circulation à l'époque. L'aventure à commencée dans les années 1830. Les traces les plus anciennes que l'on puisse en retrouver datent de 1836. Mais les premiers tramways ne circulaient pas nécessairement sur rails.

C'était ce qu'on appelait des trams de pavés, des trams tirés par 2, parfois par 4 chevaux quand il y avait de fortes côtes, et c'est des trams qui circulaient n'importe où sur les mauvaises routes de l'époque.

Vous ne serez peut-être pas surpris d'apprendre que déjà à cette époque, les exploitants de ces lignes régulières cherchaient par tous les moyens à faire des économies pour rentabiliser leurs investissements, et c'est ainsi que les tramways dit de pavés, ont fini par être mis sur des rails.

C'est ce qu'on appelle le tram déraillable ou tram à cinq roues, on a donc ajouté une cinquième roue qui pouvait se positionner dans des rails spéciaux, et automatiquement le reste de l'attelage s'alignait dans ces rails et on bénéficiait d'un tram sur rails, c'était moins dur pour les chevaux de tirer le convoi et donc moins coûteux pour l'exploitant.

Le réseau de tramways continue d'être modernisé, à partir de la toute fin du XIXe siècle, apparaissent les premiers véhicules mus par l'électricité. Ce sont principalement deux entreprises qui assurent alors les transports urbains à Bruxelles. Les Tramways Bruxellois et la Société Générale des Chemins de Fer Économiques. Les deux sociétés fusionneront en 1928. Dans les années 50, alors que la STIB est créée, le réseau atteint son apogée. Ce sont 60 lignes de tramways qui sont alors exploitées, sur un réseau de pas loin de 250 kilomètres de voies ferrées. Malheureusement la décennie suivante allait être marquée par le très net recul du tramway dans les rues de la capitale Belge, au profit du tout autobus.

On a eu, en terme de tramway, des années catastrophiques dans les années 1960, déjà suite à l'exposition universelle de 1958 qui faisait l'éloge du pétrole et tout l'avenir dans les bus et le pétrole, et le côté écologique n'existait évidemment pas à ce moment-là, et c'était la catastrophe dans les années 1960, on a eu la moitié du réseau de tramway qui a commencé à disparaître ici à Bruxelles. Heureusement, une grande partie du réseau a été maintenue et maintenant on a à nouveau un redéveloppement du réseau, heureusement pour nous.

La passion d’Yves pour les tramways remonte à son enfance et très tôt, il s'est engagé dans une association qui avait commencé à préserver du matériel avant que le musée ne soit créé.

J'habitais au Transvaal et on prenait la ligne 35 pour aller à l'école, et puis ils ont commencé avec les 9000, cette rame recaroussée simplement, et on a été mettre un siège à côté du conducteur, ô scandale ! Alors que c'était ma place, à côté du conducteur ! C'était encore l'époque où les enfants ne s'asseyaient pas dans les trams, on était debout ! Il y avait déjà des collectionneurs il y a très longtemps puisque j'avais 13 ans quand j'ai commencé au musée de Schaerbeek, on préservait du matériel à ce moment-là ça s'appelait la mutra. Ce matériel, il fallait bien le caser quelque part, puisqu'à Schaerbeek c'était du vicinal à voie métrique, et on a commencé à garder du matériel dans certains dépôts de la STIB, quand on a commencé avec le pré-métro, ici on a commencé à avoir plus de place puisqu'il y avait beaucoup de trams de ligne qui étaient supprimés, donc on a pu commencer à stocker du matériel dans les premiers halls, et c'est surtout avec le démarrage du vrai métro et la ligne 39 et 44 qui étaient limitées à Montgomery, qu'on a pu vraiment bénéficier d'une grande partie du dépôt ici. Ca a commencé, comme je disais tantôt, à 13 ans, j'ai commencé au musée de Schaerbeek, puis mes activités professionnelles ont fait que je n'ai plus pu m'occuper de ça puisque j'ai même été à l'étranger, etc. Et puis, il y a une bonne dizaine d'années, j'ai pensé à préparer ma retraite de façon à avoir quelque chose à faire et ça s'est très bien passé, mes 4 dernières années j'ai même été conducteur de tram à la STIB au dépôt de Molenbeek, et maintenant je suis tout à fait au musée et je ne m'ennuie pas du tout, au contraire. Je crois qu'ici on a environ 80 pièces, dont 60 pièces qui sont roulantes, donc qui circulent sur le réseau. On a une très grande partie de tout ce qui a circulé, des pièces authentiques, d'autres qu'on a dû reconstituer sur d'anciens châssis, et puis maintenant, systématiquement quand du matériel est déclassé, on en bénéficie.

Les 1500 mètres carrés d'exposition que développe le musée permettent d'admirer et même de monter à bord de pièces souvent uniques qui ont pu être préservées, et qui sont un héritage des compagnies ayant exploité des tramways en Belgique avant la guerre.

Principalement à Bruxelles, après toutes les petites compagnies qui ont fait faillite et qui ont fusionné etc, on s'est retrouvés avec deux grandes compagnies : Les Tramways Bruxellois et La Société des Chemins de Fer Économiques, qui étaient peints en brun et qu'on appelait les trams chocolat. Dans le reste de la Belgique, il y avait certaines compagnies dans certaines villes comme Anvers, Liège, etc, mais en-dehors de cela il y a eu une grande compagnie qui a couvert tout le pays qui est la Société des Chemins de Fer Vicinaux, avec de la voie métrique qui permettait de faire des courbes beaucoup plus serrées surtout pour traverser les petits villages, puisqu'ils allaient vraiment dans tous les petits villages.

La grande chance que nous avons ici à Bruxelles, est que malgré les évolutions technologiques importantes qui sont intervenues au fil des années, il reste encore possible de faire circuler des tramways historiques sur un réseau moderne. Un exemple parmi d'autres celui de la prise de courant. Les tramways à perche ont totalement disparus, les motrices d'aujourd'hui prennent leur courant par l'intermédiaire d'un pantographe, et pourtant, il est toujours possible de faire circuler sur une portion du réseau ces ancêtres datant du début du 20ème siècle. Car les tramways préservés par le musée, circulent sur des lignes toujours en exploitation. Trois destinations sont ainsi envisageables à partir du dépôt. En 25 minutes vous rejoindrez ainsi le terminus de Tervuren, après avoir traversé une forêt. Vous pourrez également vous rendre à Stockel, ou encore remonter l'une des plus belles avenues de la capitale jusqu'au parc du Cinquantenaire. Chaque dimanche d'avril à septembre, il est également possible de visiter Bruxelles en tramways, un parcours d'une 40 aine de kilomètres. Toutes ces circulations se faisant sans perturber le moins du monde la desserte régulière des lignes par la STIB.

Ici on a évidemment une très grande chance, c'est que le dépôt appartient à la STIB, le matériel appartient à la STIB, nous en avons la gestion, bien sûr, notre ASBL, nous sommes tous bénévoles ici au musée, mais la STIB nous a maintenu un système de captation par perches entre Montgomery et Tervuren, en passant par le musée du tram. Ce qui implique qu'on a aussi bien des aiguillages aériens que des aiguillages au sol, des croisements, etc. comme nous n'avons pas bien évidemment les nouveaux systèmes de commande, on doit faire les aiguillages à la pince, et on les remet quand c'est possible en place pour ne pas ennuyer nos collègues qui eux travaillent sur le réseau. Nous nous insérons tout à fait dans la circulation des trams de ligne, nous avons des horaires de départs, etc, à respecter pour ne pas bloquer la circulation des trams de ligne, ce qui se comprend aisément.

Une cohabitation qui se passe visiblement sans problème. L'une des lignes étant limitée en raison de travaux sur un ascenseur du métro, nous avons eu comme terminus Montgomery au lieu du parc du Cinquantenaire. Et là surprise, c'est le tramway régulier de la STIB qui était en retard sur son horaire. Nous aurions du nous retrouver derrière lui, au terminus, mais il n'était pas au rendez-vous. Il est finalement arrivé peu après nous. Contrairement au terminus de Tervuren ou nous étions tout à l'heure, il n'y a ici qu'une seule voie. Impossible par conséquent de se laisser doubler, pour le laisser repartir avant nous comme l'horaire le prévoyait. Qu'à cela ne tienne, quelques manœuvres d'aiguillages plus tard, notre rame a pu partir faire le tour de la place, et se repositionner ainsi derrière le tramway exploitant le service régulier. Tout est ainsi rentrée dans l'ordre. Et nous avons pu rejoindre sans encombre le musée.

Le musée a été entièrement rénové entre 2007 et 2009, tout en faisant en sorte que les bâtiments conservent leur aspect historique. Il se visite toute l'année. En basse saison, il est ouvert les après midi de chaque deuxième week-end du mois, en haute saison de fin mars à fin septembre, il se visite chaque samedi, dimanche et jours fériés, ainsi que tous les mercredi après-midi, mais attention, les tramways historiques ne circulent que les week-end et les jours fériés.

La semaine prochaine dans Aiguillages, nous irons dans les Ardennes à Givet, visiter une exposition proposée l'été dernier par le Train Miniature Givetois.

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