Aiguillages, tourisme et loisirs ferroviaires

Le Funiculaire de Thonon les Bains

(Savoie)

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Le Funiculaire de Thonon les Bains (Savoie)

Transcription :

Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, et c'est même une première je crois, je vais vous parler d'un funiculaire, celui qui relie la ville haute aux bords du Lac Léman à Thonon les Bains. 230 mètres de voie seulement, mais 40 mètres de dénivelé, et un croisement des cabines qui se fait dans une courbe, ce qui est unique au monde, je vous raconte tout cela dans ce reportage.

Thonon les Bains est une petite ville située sur l'une des berges françaises du Lac Léman, dans le département de la Haute Savoie, l'étymologie de Thonon, signifie d'ailleurs la ville sur l'eau. Les premières traces d'occupation du site remontent à la préhistoire, mais son essor date du moyen-âge. Les Comtes de Savoie cherchant à établir des points d'appui sur les bords du lac, propices aux échanges commerciaux, la ville se développe. Le chemin de fer y arrive en 1880, la même année que celle de la création du port de Rives, sur les bords du lac. Elle sera pendant quelques temps une gare terminus, avant que la ligne qu'elle dessert ne soit prolongée vers Evian. En 1888, la ville devient thermale et l'acronyme Les bains est ajouté à Thonon. C'est une nouvelle période de son expansion qui s'ouvre alors, grâce au tourisme. Mais du fait de la topographie des lieux, il reste difficile de relier la ville située sur les hauteurs, aux berges du lac Léman, et en particulier de passer du port de Rives au centre-ville. Si la distance est courte, 500 mètres séparent les quais du port de la mairie de la ville par exemple, il faut franchir entre les deux un dénivelé de 40 mètres qui met à rude épreuve les mollets des touristes ou ceux des habitants de la commune. D'ou l'idée de construire un funiculaire pour franchir l'obstacle. Il sera inauguré le jour de Pâques, le 2 avril 1888.
De cette époque, la gare du bas A conservé son architecture inspirée des arts déco. Deux cabines en bois transportent alors marchandises et passagers. Ceux-ci ont même le choix entre deux classes : la première ou la seconde. La conception du funiculaire est due à un ingénieur civil Suisse, Auguste Alesmonières. Sous le plancher des deux cabines est aménagé un gros réservoir d'eau d'une capacité de 11 tonnes, qui sert de contrepoids. Il est rempli à la station du haut, et vidé à celle du bas. La cabine située à la station supérieure n'ayant plus alors qu'à desserrer ses freins pour provoquer sa descente et la remontée de la seconde cabine. La manœuvre est placée sous la responsabilité des cabiniers qui contrôlent la vitesse de déplacement des engins et se chargent également de la perception du prix du ticket ainsi que de l'ouverture et la fermeture des portes.
En 1936, une première transformation des cabines du funiculaire est réalisée. Les cabines en bois sont remplacées par d'anciennes carrosseries prélevées sur des bus. En 1951, un bouleversement plus profond intervient. Le mode de traction du funiculaire est modifié. Désormais, il est mu par un moteur électrique. La sécurité de son exploitation en est nettement améliorée. Celle-ci ne reposant jusqu'alors que sur la vigilance des cabiniers, ayant la responsabilité d'évaluer la vitesse de déplacement du dispositif. En cas d'urgence, ils disposaient d'un frein à manivelle. Le nombre d'allers-retours quotidien est considérablement augmenté, du fait qu'il n'est plus nécessaire de remplir les réservoirs d'eau ce qui prenait un temps certain.
La dernière révolution dans l'exploitation du funiculaire est intervenue en 1990. Après 102 ans de bons et loyaux services, les cabiniers en blouses blanches et cols bleus disparaissent pour céder leur place à des receveurs installés dans les guichets des gares. L'automatisation de l'exploitation ne rendant plus nécessaire la présence de personnel à bord des cabines.
Aujourd'hui celles-ci ont la capacité de transporter 53 passagers et l'une des deux est accessible aux personnes en fauteuil roulant. En heure de pointe, les départs se font toutes les deux à 4 minutes. En dehors, à la demande des passagers prenant place à bord des cabines.
Le trajet est court, il n'y a que 230 mètres à parcourir, mais la rampe est sévère : de l'ordre de 22% en moyenne pour racheter les 40 mètres de dénivelé entre le haut et le bas. Une particularité dont on est très fier à Thonon les bains concernant ce funiculaire, il est le seul au monde dont le parcours conduit à un croisement de ses cabines dans une courbe. Celui-ci s'effectue sur un petit viaduc franchissant une rue réservée à la circulation des piétons. La courbe concerne près du 1/3 de la ligne, soit 86 des 230 mètres du parcours. Pour des raisons de sécurité l'ensemble du site propre est protégé par des grilles et des grillages.

D'un point de vue administratif et réglementaire, le funiculaire de Thonon les bains est classé dans la catégorie des systèmes de transport public guidé. A ce titre, il fait l'objet d'une grande inspection tous les 10 ans. La dernière a eu lieu en 2015. Ce sont les seules périodes provoquant l'interruption des circulations. Le reste du temps, le funiculaire aujourd'hui intégré au système de transport public de l'agglomération de la ville de Thonon les bains, fonctionne 363 jours par an. Il n'est fermé que le 1er janvier et le 25 décembre. En fonction des périodes, l'amplitude horaire d'ouverture est plus ou moins étendue. La plus grande est de 8 heures à 23 heures en juillet et en août.

Voilà des images qui je l'espère commencerons à vous faire rêver à l'été et vous donneront des envies d'escapades, pourquoi pas sur les bords du Lac Léman. Le funiculaire de Thonon les Bains, qui fêtera ses 130 printemps en 2018.
La semaine prochaine dans Aiguillages, je vous présenterais ce réseau de l'Association Le Carrefour du Rail qui était exposé l'automne dernier à Montélirail.

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