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Le Musée Rosny-Rail

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Le Musée Rosny-Rail

Transcription :

Un musée du chemin de fer, dans une gare encore en activité en région parisienne, et desservie par le TER. Cette semaine, je vous propose de découvrir Rosny-Rail à Rosny-sous Bois dans le département de la Seine-Saint Denis, un musée consacré à l'histoire du chemin de fer et à celle des cheminots qui le font vivre.
Bonjour et bienvenue dans Aiguillages !

Rosny-Rail, est installé en région parisienne dans les sous-sols de la gare de Rosny-Sous-Bois. Pas d'excuses de ne pas y venir en train. Au départ de la gare de l'Est, elle est accessible par la ligne E du RER, tandis que des TER et autres trains grandes lignes ne font que la traverser sans s'y arrêter. Nous sommes ici sur la ligne Paris-Est Mulhouse-Ville. Une première gare avait été construite à cet emplacement en 1856, mais devenue trop petite, elle a été remplacée par le bâtiment que nous connaissons aujourd'hui, construit en 1912. Installé dans l'un des sous-sols de la gare, le musée devait à l'origine abriter un club de modélisme ferroviaire. Ici, peu de matériel roulant, Rosny-Rail a surtout été envisagé comme un musée dont la vocation est de raconter la vie des cheminots et l'histoire du chemin de fer. Avant de rentrer dans ses locaux, vous pourrez toutefois faire un tour à bord d'une draisine classique ou à bras selon votre humeur et votre courage.

Le musée qui a été créé en 97 n’est pas tellement porté sur le matériel, il est plutôt porté sur la vie du cheminot et sur l’histoire du chemin de fer, c’est-à-dire qu’on démarre au début, les premières machines à vapeur, et on renseigne les gens pour ce qui est tout le fonctionnement du chemin de fer, c’est-à-dire ça va du chef de gare, du lampiste, du conducteur, du mécanicien, du garde-barrière et tout ça, on explique la vie de tous les cheminots. Le musée présente plusieurs thèmes : on se retrouve en entrant dans les années 20-30 avec un guichet, comme à cette époque-là, après on explique comment est une voie de chemin de fer, comment elle est construite, on a une autre salle qui est consacrée à la vapeur, après on a une autre pièce qui est consacrée à la signalisation, on a une pièce qui est consacrée bien sûr au TGV, un poste d’aiguillages, et on a deux cabines de conduite. On explique la conduite d’un train aussi bien dans une rame de banlieue reconstituée, rame Est, puisqu’ici on est sur la région Est et on a une autre cabine de 68000 avec son moteur. Il faut venir le voir, le moteur, il faut venir l’entendre, on vous expliquera comment i fonctionne, il y a un petit piège !

C'est un peu par hasard que finalement le musée Rosny-Rail a été créé. On le doit aux membres d'un club de modélisme à la recherche d'un local.

Il a été en 97 justement par des amis d’un club de modélisme ferroviaire qui était à Noisy-le-Sec, ils étaient à la recherche d’un local sur la ville de Noisy-le-Sec et comme il a beaucoup de locaux SNCF ils pensaient peut-être trouver un local vide et ils se sont adressés à la direction de la communication de Paris Est et justement la direction de la communication de Paris Est leur a dit « on a l’ancienne bagagerie de Rosny-sous-Bois, ce serait bien pour vous », c’est surtout un local de modélisme qu’ils cherchaient et quand ils sont entrés dans ce local qu’ils ont visité, comme c’était en même temps des collectionneurs ferroviaires, chacun avait des casquettes, des lampes, des boulons, enfin tout un tas de matériel, ils se sont dit « ce serait bien qu’on fasse un musée ». De là, création du musée ! Le guichet c’est un faux, il y a beaucoup de choses fausses dans le musée, le guichet c’est facile à faire, c’est du bois et des vitres. Et donc ils ont mis leur collection, une convention a été faite avec la direction de la communication de Paris-Est, c’est-à-dire la SNCF, la ville de Rosny-sous-Bois qui a aidé finanicèrement le musée à ouvrir et aussi techniquement parce qu’il y a des peintres qui sont venus, la SNCF s’est occupée de la signalisation, la Cité du Train, le COPEF aussi qui fait partie des fondateurs et bien sûr le club ferroviaire de Noisy-le-Sec.

Mais entrons à l'intérieur du musée, pour nous retrouver à bord de la cabine d'un autre engin, et percer le secret entretenu autour de son moteur.

Bon, voilà, vous êtes à bord d’une cabine de 68500, la 68530 exactement, c’est une machine qui a été réformée, nous avons récupéré la cabine de conduite à Chalindrey, nous avons découpé la face avant de la cabine, récupéré le pupitre, les vitres, tout ce qui est à l’intérieur, tous les agrès qui sont dans une machine et nous sommes depuis maintenant plusieurs années en train de refaire fonctionner cette cabine donc nous avons le pupitre qui est pratiquement à 80% en ordre de marche, les deux choses qui manquent un peu c’est le tachro qui lui est en atelier actuellement et la VACMA, la veille automatique de contrôle par maintien d’appui, ce que certains appellent l’homme mort. Le pupitre est fonctionnel, le moteur est fonctionnel, le signal sonore est fonctionnel, on est à peu près à 80% du fonctionnement. Ce qu’il nous reste à faire, c’est le tachro, le freinage fonctionne à 3 barres, nous avons le frein direct, la conduite générale et le frein direct, tous les deux fonctionnent. On explique au public la mise en route d’une locomotive diesel par rapport à une machine vapeur, malgré tout une machine diesel ça ne démarre pas comme sa petite voiture dans son jardin, il faut quand même à peu près une demi-heure de préparation pour une machine diesel, le conducteur doit surveiller l’état de sa machine même si elle a été préparée en atelier, le plein d’essence est fait, le plein de gasoil exactement, le conducteur doit tout contrôler dans sa machine pour pouvoir partir, il fait des contrôles de freins, contrôle de sablage, contrôle de niveaux de carburant, tous les contrôles d’huile, et il contrôle tous les agrès de sécurité : les pétards, drapeaux ou autres. Et après il peut commencer, mettre sa machine en route, et il peut se diriger en sortant du dépôt vers sa rame, pour faire son train, avant de faire son train bien sûr il passe au bureau de la feuille où on lui remet un document avec sa fiche train, donc là il va avoir le train qu’il doit faire, le numéro de la machine et il va voir ses horaires sur son train. Tout ceci, c’est ce qu’on explique au public : comment se passe la vie d’un conducteur. Le moteur fonctionne, pour le moment, comme je disais il y a 80% à peu près, ce qui manque encore c’est le tachro et la veille automatique, tout le reste fonctionne. La veille automatique, il y a deux endroits où on peut la faire fonctionner, vous avez un signal sonore qui retentit en cabine, si le conducteur ne fait rien vous avez un deuxième signal sonore, donc dans ce cas-là son train va s’arrêter. Vous avez soit au niveau du volant, ça c’est un volant de traction, au niveau du volant ou cerclo comme certains disent en terme cheminot ou alors au niveau des pédales, les deux vont fonctionner en même temps. Par la suite, la personne c’est un bénévole du musée, c’est un ancien ingénieur électronicien à la retraite, il travaille chez lui pour faire ça. Tout ce qu’il fait, il fabrique lui-même, on a uniquement le pupitre et on ne savait même pas à quoi tous les fils servaient donc il a fallu repérer tous les fils, voir sur le pupitre au niveau du cadran où ils allaient, après comprendre le fonctionnement et faire des programmes avec de l’électronique sur des cartes pour mettre le moteur, le pupitre, la machine en route.

Bien sûr si beaucoup de pièces d'origine ont pu être récupérées sur une vraie machine, ce n'est pas le cas du moteur dont le fonctionnement est simulé par un enregistrement sonore, et c'est là le grand secret de ce simulateur de conduite grandeur réelle.

Dans le musée une autre cabine de conduite est installée, elle permet quant à elle de piloter les trains qui circulent sur le réseau.
Mais comme pour l'essentiel, le musée est dédié à l'histoire du chemin de fer, arrêtons-nous dans cette pièce où sont exposées de nombreuses maquettes retraçant celle-ci. Leur auteur est Robert Gesuelli qui a mis au point pour leur donner de la vie, une technique de création de personnages dont je vous reparlerais dans un autre numéro d'Aiguillages. Robert est un passionné d'histoire, pas seulement ferroviaire. Ce sont des souvenirs d'enfance qui l'ont amené à réaliser ces maquettes.

Quand j’étais petit, j’habitais à côté du pont Pasteur qui surplombe les voies de la gare de Montparnasse et quand on passait de l’autre côté du pont, on passait dans la fumée et la vapeur des trains, c’est comme ça que j’ai commencé à baigner dans une atmosphère ferroviaire et malheureusement un jour, il y a un mur qui a été construit à la place du parapet du pont et on ne voyait plus les trains, ça a été un drame dans ma vie ! Ensuite, les trains sont passés à l’électricité, ils n’avaient plus le même charme.

Ce double drame, a amené Robert Gesuelli à s'intéresser au modélisme, une pratique au travers de laquelle il retrouve à la fois ses souvenirs de jeunesse, et son intérêt pour l'Histoire.

Le modélisme, c’est une bonne entrée pour s’intéresser à l’Histoire parce qu’il ne faut pas bricoler idiot, il faut essayer de se documenter et ça amène de fil en aiguille à s’intéresser à différents chapitres de l’Histoire qui m’intéresse par ailleurs. J’ai commencé par la préhistoire, les dinosaures, ensuite les hommes préhistoriques, ensuite l’Antiquité, toute l’Histoire m’a intéressé ! Mais au point de vue reproduction je me suis concentré sur les chemins de fer et particulièrement sur l’époque de la vapeur, qui est celle de ma jeunesse. C’est-à-dire que moi, ce qui m’intéresse c’est pas de faire tourner des trains, c’est joli, c’est intéressant mais moi c’est pas de faire tourner des trains, de faire des manœuvres qui m’intéresse, moi c’est de fabriquer, c’est de construire, alors je me suis monté petit à petit une collection de matériels, notamment de locomotives en bricolant des modèles parce que de toute façon moi dans le montage d’un kit, ça a commencé à m’intéresser quand je voyais comment je pouvais le modifier pour faire un autre modèle qui m’intéressait plus. Pour faire ces modifications au début j’ai fait comme tout le monde, j’ai utilisé du métal, j’ai découpé du plastique, j’ai collé du plastique et puis petit à petit j’ai incorporé du carton et je me suis aperçu que le carton était beaucoup plus facile à travailler et qu’on arrivait à faire des choses intéressantes avec et petit à petit mes modèles sont devenus tout en carton.

Les bâtiments, mais aussi les personnages, que Robert s'est mis à fabriquer faute de trouver ce qu'il cherchait dans le commerce.

Avant la guerre et après la guerre, les trains roulaient essentiellement sur des rails entourés d’une gare et d’un poste d’aiguillage, mais il n’y avait pas de décor, il n’y avait rien et puis petit à petit, dans les années 50-60-70, le décor s’est amélioré, maintenant les trains sont perdus dans le décor. Alors dans le décor il y aussi des personnages, il y a de plus en plus de personnages sur les dioramas. Il y a des gens qui d’ailleurs animent très bien leurs dioramas avec des personnages en plastique du commerce, mais le fait de les faire en carton augmente les possibilités dans la mesure où on peut faire des personnages dans des costumes qui ne sont pas offerts dans les gammes des fabricants, notamment lorsqu’on traite des sujets historiques, on traite très peu des personnages de certaines époques, de certains pays, et comme moi je traite beaucoup de sujets anciens, je fais des personnages anciens en carton. Les personnages, en fait, j’ai monté une collection de trains anglais, là j’ai suivi un conseil qui disait qu’il ne fallait pas faire des collections hamster, qu’il fallait se concentrer sur une époque, un type de matériel et moins je m’étais concentré sur les trains anglais du XIXème siècle, notamment de l’époque victorienne et comme pour mettre autour de ces trains en France on ne trouvait pas de personnages, non pas qu’on ne trouvait pas d’Anglais mais c’est que les trains anglais, parce que les Anglais ont toujours des particularités, ne sont pas en HO mais en 00, c’est-à-dire au 1 :76ème au lieu d’être au 1 :87ème et en France on ne trouvait pas de personnages au 1 :76ème. J’ai commencé à en faire, toujours pareil j’ai commencé à en faire avec des bouts de fils électriques, des perles, des bouts d’allumettes, et petit à petit j’ai mis du carton et j’ai fait tout en carton parce que c’était tellement plus facile !

Et comme promis, dans un prochain numéro d'Aiguillages, je vous raconterais la suite de cette histoire, car Robert a mis au point une technique pour la création de ses personnages qui est reprise notamment par des membres de la section féminine du Rail Club de Meaux.


Rosny-Rail est un musée qui se visite tous les samedis de 14 heures à 18 heures, ou en semaine, sur rendez-vous pour les groupes et les scolaires.

La semaine prochaine, nous rendrons visite à un club de la région lyonnaise, le Chemin de Fer Privée de la Mulatière dont je vous présenterais le réseau à l'échelle Ho dont la visite est ouverte au public, une fois par mois.

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