Le Vélorail-du Velay (Dunières)

Le Vélorail-du Velay

(Dunières)

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Le Vélorail-du Velay (Dunières)

Transcription :

Bon et bien je trouve que pour un mois de novembre, on est plutôt pas mal. Juste une petite laine, histoire de ne pas avoir trop froid. Comment ? Ha, oui ! On me souffle dans l'oreillette que l'on est le 30 juillet ! Bon et bien écoutez, on va quand même essayer de faire un petit peu de vélo-rail aujourd'hui.
Je suis au Vélo-Rail du Velay, c'est à Dunières en Haute-Loire.
Le but de la matinée c'est d'aller faire du vélo-rail. Enfin …, les gens qui sont là vont faire du vélo-rail, quand à moi, je vais vous emmener dans les draisines. Malin !
Les candidats qui s'apprêtent à faire du vélo-rail sont en train de monter dans une baladeuse tout simplement parce-que ici, ça grimpe pas mal, donc le chemin aller se fait en train et le retour se fait en vélo-rail.
Et comme l'heure du départ approche à grands pas, il est grand temps que je vous dise « Bonjour et bienvenu dans Aiguillages ! ».
Ha, il est peut-être temps que je vous parle tout de même. Alors, si comme moi, vous êtes un amoureux de ces voyages en train, de ces paysages que l'on ne peut voir qu'en glissant sur les rails, je ne peux que vous conseiller de vous abonner à cette chaîne sur laquelle je vous parle tous les jeudis à 18 heures de patrimoine ferroviaire, et ou il m'arrive de faire comme aujourd'hui des reportages hors les murs. Et vous pouvez aussi vous procurer mon Guide du Tourisme et des Loisirs Ferroviaires qui a été édité par la Vie du Rail, dans lequel vous trouverez plus de 700 idées de balades ferroviaires à faire seul, entre amis ou en famille, et si vous vous le procurez en passant par le site www.aiguillages.eu je me ferai un plaisir de vous en envoyer un exemplaire dédicacé. C'est tout pour l'instant promo. Revenons au Vélo-Rail du Velay. La balade se fait sur une portion de l'ancienne ligne de Saint-Rambert d'Albon à Firminy ouverte en 1885 et fermée un peu plus d'un siècle plus tard au trafic voyageurs au début des années 1990, puis à celui des marchandise en 2003. Le Vélorail s'est installé ici en 2011. Les premières saisons la promenade se faisait exclusivement à la force de mollets, mais très vite sont arrivées les draisines et la baladeuse en provenance de la première exploitation du chemin de fer de l'Albret qui se trouve à Nérac dans le Lot et Garonne, son histoire, je vous l'ai racontée dans un autre reportage diffusé la saison dernière dans Aiguillages, je vous mets le lien en description. Depuis que le train est associé au vélo-rail, la fréquentation de cette activité à tout simplement doublé. Il faut dire que les 7 km et demie qui permettent de relier Dunières à Saint-Paul Saint-Romain se font dans ce sens là dans une rampe quasi continue de 20 pour mille et se termine par une section à 30 pour mille. De quoi achever les plus vaillants adeptes du vélo-rail. Le mode d'exploitation de l'activité a donc été modifié. Désormais, seuls les plus sportifs peuvent à certaines dates continuer à faire le parcours entièrement en vélo-rail, pour les autres, la montée se fait en train, et il suffit presque de se laisser glisser sans effort sur le chemin du retour. Lorsque cette ligne a été établie c'était surtout pour relier le bassin houiller de Saint-Etienne au Rhône, sans passer par la vallée du Gier, mais en faisant étape à Annonay dont les industries étaient fortement consommatrices de houille. Ce trajet avait pour mérite d'abaisser le coût du charbon de 30%. Son autre intérêt était stratégique et militaire, en permettant en période de conflit d'acheminer au plus vite les armes fabriquées à Saint-Etienne, vers la vallée du Rhône. Elle était exploitée par la compagnie du PLM. C'est Jessy Chazot qui est aux manettes de la draisine qui tire le convoi. Passionné de train, il a d'abord exercé un tout autre métier puisqu'il était à l'origine cuisinier, mais cela fait maintenant 5 ans qu'il est responsable d'exploitation ici au vélo-rail du Velay. Son travail consiste aussi bien à conduire le train qu'à entretenir la ligne, un vrai boulot de passionné. Il va maintenant que l'on arrive en bout de ligne avoir à gérer l'un des 5 départs quotidiens de vélo-rails.

Après une petite demie-heure de balade en train, on vient d'arriver à Saint-Pal/Saint-Romain d'où on va lâcher les vélo-rails, puisqu'ils vont se retrouver maintenant dans le sens de la descente pour retourner à Dunières.

C'est assez classique dans tous les vélo-rails, il y a un petit briefing juste avant le départ pour rappeler les consignes de sécurité.
Et ça y est, ils sont partis ! On leur fait « Coucou les p'tits gars ! »

Ce parcours là, le plus long s'appelle les Trappeurs, il se fait en 1h30 environ, 30 minutes en train, le reste à vélo.

Les amateurs peuvent faire ici deux types de parcours, un parcours un peu sportif qui fait 3 km 800 en passant par des rampes de plus de 20 pour mille sur l'essentiel de ce trajet. Il passe par deux viaducs : celui de Dunières et celui de la Vernelle, et il se fait intégralement en vélo-rail. L'autre, c'est celui des trappeurs, c'est celui que l'on a fait ici. Ce parcours commence en train, on vient jusqu'à cette gare ici et on redescend en vélo-rail.

Les plus sportifs peuvent également faire l'intégralité du parcours en vélo, il faut alors prévoir entre deux heures et deux heures trente pour le boucler.

Les départs s'échelonnent tranquillement, la règle de sécurité dans les vélo-rails veut que l'on sépare de 100 mètres chacun des équipages. Tantôt vous l'avez-vu ce sont les enfants qui pédalent, tantôt ce sont les parents.

On va aller prendre un café au bar qui se trouve juste à côté de la gare et il sera temps de penser à redescendre.

Ha ba, c'est balot ! Il y a plus de vélo-rail ! Je vais être obligé de redescendre en train. Non, en vrai, c'était ce qui était prévu depuis le début.

On aurait pu repartir plus vite, mais aujourd'hui exceptionnellement il n'y aura pas de départ de Dunières à 12 heures, ce qui nous a laissé un peu plus de marge pour trainer au terminus. En général Jessy laisse au moins dix minutes un quart d'heure entre le départ du dernier équipage et celui du train pour le retour. Pour ne pas prendre le risque de rattraper le convoi de vélos, une balise GPS est placée sous le dernier d'entre-eux. Grâce à une application installée sur son smartphone Jessy peu ainsi connaître très précisément sa position sur la ligne, et s'il le faut ralentir l'allure. Pas de mauvaise surprise aujourd'hui, lorsque le convoi de draisines a pris le chemin du retour, le dernier des vélos-rails venait d'arriver en gare de Dunières. Nous y serons dans quelques minutes, et je vais profiter du temps qu'il me reste pour passer juste de l'autre côté de la route ou subsiste quelques vestiges de l'une des branches de l'ancien réseau du Vivarais, la ligne de Raucoules à Dunières, ouverte en 1903 pour établir une correspondance avec la ligne du PLM.

Dunières c'est un site ferroviaire qui était relativement important dans le passé, je suis installé ici dans les emprises de l'ancienne gare du réseau à voie métrique, on reconnaît d'ailleurs derrière moi une remise qui devait abriter une ou deux machines à vapeur. Ici se trouve l'ancien pont tournant, et juste de l'autre-côté de la route se trouve la voie qui était exploitée il y a encore quelques années par la SNCF, et une scierie qui apportait une très grosse partie du trafic sur cette ligne.

La Compagnie du PLM ancêtre de la SNCF dans la région avait été pressentie pour exploiter les lignes constituant le réseau du Vivarais, mais se déclarant peu intéressée par des relations à la rentabilité douteuse, c'est à une autre entreprise que fut confié l'ensemble. Les CFD, Chemins de Fer Départementaux a qui avait déjà été confié la gestion de différents réseaux un peu de partout en France.

Quelques éléments de ce passé ferroviaire ont été conservés, je marche sur ce qui doit matérialiser ce qui était certainement le quai de la gare, qui a été restauré entre temps, et puis vous apercevez également derrière moi, le château d'eau.

Et là, je marche sur la voie verte, en lieu et place de l'ancienne voie ferrée, qui pendant pas mal d temps a aussi été empruntée par le Velay-Express dont le départ a été décalé à quelques km de là, puisque maintenant, il part de Raucoules.

Plus de trains de nos jours, mais quelques piétons et des vélos qui suivent sur une plus ou moins longue distance cette véloroute qui permet si on l'a suit sur toute sa longueur de passer des berges du Rhône aux bord de la Loire comme le permettait le chemin de fer autrefois.

Cette voie verte s'appelle la « Voie Fluvia », elle permet de joindre Dunières et Montfaucon et elle commence par un tunnel de 280 mètres de long.

Il y a même encore des endroits où l'on peut se mettre à l'abri, au cas ou un train arrive …

J'adore, parce-que l'on entend aussi l'eau qui goutte …

C'est vraiment une ambiance tout à fait particulière.

Est-ce qu'il y a un peu d'écho ici ? Echo … ! Tunnel ... !

Bon, on fait ce qu'on peut !

Je vous rassure avant que je ne sois rattrapé par l'ivresse des profondeurs ou pire déclaré comme étant porté disparu par mes proches, je suis ressorti du tunnel et retourné sur les quais du Vélo-rails ou un nouveau départ était donné. L'activité ne désempli pas. Elle attire de très nombreux Lyonnais ou Stéphanois, et il est plus que prudent si vous voulez vivre cette aventure de réserver vos places sur le site velorailduvelay.fr. Il est même envisageable si vous voulez prendre un peu plus le temps de découvrir la région, de séjourner dans la gare qui a été transformée en gîte.

Ça tient presque du miracle, on a maintenant un petit brin de soleil et un petit bout de ciel bleu, presque aussi bleu que cette baladeuse et ces draisines. Je vais attendre le prochain départ des vélo-rails histoire de faire encore quelques images, et je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour de nouvelles aventures sur les rails !













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