Aiguillages, tourisme et loisirs ferroviaires

L'Amicale des Amis du Zéro

de Genève (réseau LAFAZEB)

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L'Amicale des Amis du Zéro de Genève (réseau LAFAZEB)

Transcription :

Nous voici par conséquent de nouveau en Suisse, à Genève. Difficile d'imaginer en entrant dans ces locaux ce à quoi pouvait ressembler cette pièce de 80 mètres carrés dont les murs étaient encore bruts et le sol en terre battue à l'époque de son acquisition. L'aventure de LAFAZEB a débuté en 1975. Le nom de l'amicale est un acronyme construit à partir des patronymes de ses membres fondateurs : Messieurs LApalud, FAvre, ZEberli et Boller. Elle compte maintenant 7 personnes. Ses status prévoient qu'elle peut en admettre jusqu'à 10. Mais pour préserver la philosophie et l'état d'esprit qui règne au sein du groupe, lorsque l'un des membres vient à disparaître ou à quitter l'amicale pour des raisons personnelles, les nouveaux entrants sont admis par cooptation.

Les fondateurs étaient déjà des amis de longue date, membre du Club Genevois de Trains Miniatures devenu depuis le Cercle Ferroviaire de Genève. En 1975, ils partent à la recherche d'un local, désireux de disposer d'un endroit ou faire circuler le matériel roulant qu'ils avaient en leur possession, à l'échelle 0, et qui pour l'essentiel était des constructions intégrales. Moins d'un an plus tard, le local était trouvé, et l'amicale créé officielement le 25 mars 1976.

Dès lors, les travaux d'aménagement commencèrent puis une pré-maquette fut réalisée au 1/10ème. A l'origine, l'idée était de créer une maquette technique, sans décor. L'essentiel étant de faire circuler les convois des membres. Le chassis la supportant a été créé à partir de bois récupéré. Pour beaucoup il s'agit d'ancien pupitres que l'un des membres de l'amicale, professeur de travaux manuels dans une école secondaire a savament recyclé.

Les voies étant à peine posées, les modélistes furent tout de même démangé par l'idée de doter leur maquette d'un décor. Comme cela n'avait pas été envisagé dès le départ, aucun thème ou aucune saison ne fut déterminé. Il s'inspire tout de même de la Suisse, ou l'on peut voir également circuler des trains venus des pays voisins, la France et l'Allemagne en particulier.

Pour entrer dans le local, il faut se baisser pour passer sous l'une des arches du pont principal du réseau, qui s'inspire du pont Butin à Genève. Celui-ci a été construit grâce au leg d'un million de francs d'un ancien commerçant en fer. David Butin. Mis en service en 1926, c'est un pont à deux niveaux. Il était prévu qu'il permette la circulation routière sur son tablier supérieur, et qu'en dessous, il soit parcouru par une ligne de chemin de fer. Celle-ci n'a jamais été réalisée, et l'espace est resté libre sur le pont. Qu'à cela ne tienne, sur le réseau de l'amicale du zéro, les trains circulent sur les deux niveaux.

Les convois s'élancent d'une gare cachée située tout en bas du réseau. Puis ils en parcourent les 3 niveaux. La partie la plus basse accueille une 12aine de voies de garage, autorisant le stockage de 22 compositions complètes. Au niveau médian se trouve la gare principale. Le niveau supérieur quand à lui, consiste en une boucle qui a été ajoutée alors qu'elle n'avait pas été prévue sur les plans initiaux. A cet étage, les trains passent juste à la hauteur des yeux. De leur point de départ, à leur retour à la gare cachée, les convois parcours 350 mètres de voies et franchissent 59 aiguillages.
Dans les années 70 et à cette échelle, lceux-ci se faisaient rares et coûteux. De ce fait, tous ont été construits de toute pièce, par l'un des membres de l'équipe. Un travail minutieux qui a permis la création d'aiguillages sur mesure, comme cela se pratique dans les chemins de fer réels, et de réaliser de substentielles économies.

La pièce est divisée en deux grandes parties. Sur la gauche en entrant, c'est la montagne. Sur la droite, la partie basse, qui accueille un dépôt vapeur avec son imposante rotonde, sa plaque tournante et les différentes installations propres à un dépôt vapeur : la lampisterie et le quai à charbon notamment. En raison de la pénurie frappant les approvisionnements en ce combustible, la Suisse électrifia très tôt son réseau ferroviaire. Dès la première guerre mondiale. Aussi, le réseau de LAFAZEB est-il entièrement pourvu d'une caténaire et sa partie médiane, abrite un dépôt électrique et son pont transbordeur pour faire entrer les locomotives dans leurs garages.

Une ligne à voie étroite, réalisée en 0e serpente également sur le réseau. C'est le chemin de fer du Val de Pougny. Comme à l'époque de la création du réseau cette échelle était plutôt confidentielle, c'est une voie Marklin Ho de type K qui a été utilisée. Le matériel roulant a été construit sur la base de modèles produits par la firme Allemande.

Côté technique, le réseau fonctionne sur des bases relativement simples. Il est alimenté avec du courant continu analogique, sans système de blocs. Difficile par conséquent de faire circuler trop de trains simultanément, la vitesse de chaque locomotive étant variable, l'opérateur au pupitre ne peut guère compter que sur les caractéristiques du parcours pour éviter qu'un convoi n'en rattrape un autre. Le numérique à néanmoins fait son entrée sur le réseau. Sa signalisation fonctionnelle, est pilotée par une centrale digitale, mais elle est sans aucune interaction avec les trains.

Les membres de l'amicale continuent de se réunir tous les samedis. A l'époque de la construction de la maquette, les séances de travail duraient la journée. De nos jours, seule la matinée est consacrée aux travaux de maintenance et à la circulation des trains. Mais les traditions misent en place par les premiers membres de l'amicale perdurent. Ainsi, le premier jeudi de chaque mois, un repas commun concocté par l'un des membres est pris dans les locaux de l'amicale. Une grande table ronde en bois a été conçue à cette effet. Elle permet de recevoir 11 convives. Les 10 membres de l'amicale, plus un invité. Pour assurer le service, un rond de voies à l'échelle IIm a été installé sur la table. Une rame de wagons plats y circulent, transposant les plats et les verres. Chacun se sert au passage. Et pour éviter tout accident, la locomotive est dotée d'une étrave de chasse-neige qui a été conçue pour repousser, sans le renverser, tout verre qui entrerait dans le gabarit du train. Je vais boire le mien à votre santé, et à celle des membres de l'amicale qui ont permis la réalisation de ce reportage.

La semaine prochaine dans Aiguilages, le réseau de Dominique Leroux, qui vient d'ouvrir un petit musée de la Seine Maritime en Ho, dans sa Cidrerie de Le Caule Sainte Beuve, située à mi-chemin entre Rouen et Amiens.

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