Aiguillages, tourisme et loisirs ferroviaires

Savoie Modélisme 2017

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Savoie Modélisme 2017

Transcription :

Chambéry, c'est le cœur de la Savoie en région Auvergne-Rhône-Alpes. Les 4 et 5 novembre s'est déroulée la première édition de l'exposition Savoie Modélisme au parc des exposition de la ville. Une manifestation organisée par une association créée pour l'occasion, l'AMMRA, l'Association des Modélistes et Maquettistes Rhône Alpins. Le projet de cette exposition est née en 2015 autour d'un barbecue à Pontcharra, celui organisé chaque année par le Grésivaudan Vapeur Club. Je vous avais proposé à l'époque et à cette occasion, un reportage sur ce réseau en 5 et 7 pouces ¼. Le but de ce barbecue était de permettre aux amateurs de la région, de se retrouver et de partager un moment autour de leur passion, alors que les opportunités de le faire étaient quasiment inexistantes dans la région. Mais très vite, l'idée d'aller plus loin a germée. Dans la tête de Patrick Bellot notamment, le président de l'Association des Modélistes Ferroviaires du Bassin Chambérien, qui organisait déjà depuis quelques années une manifestation d'ampleur beaucoup plus modeste, il est vrai, au printemps, au centre commercial Chamnord. Une exposition dont les différentes éditions ont également fait l'objet de reportages dans Aiguillages. Les uns et les autres faisant le constat que la dernière manifestation organisée dans la région l'avait été au siècle dernier, et qu'elle avait été un franc succès, se sont pris à rêver à la mise en place d'une nouvelle grande exposition. Une association a été créée pour porter le projet et un accord a été passé avec les différents participants, prévoyant que leurs défraiements ne seraient pris en charge qu'en cas de succès et que si un bénéfice était réalisé. Pour cette première, tous les clubs invités venaient de la région. Une façon de limiter les coûts pour l'organisation, en attendant de voir quel était le potentiel d'une telle exposition. Au niveau ferroviaire, ce sont 27 clubs ou indépendants qui ont accepté de jouer le jeu, et sont venu avec une petite trentaine de réseaux à présenter. A eux seuls, ils occupaient une surface de plus de 3000 mètres carrés, auquel il convient d'ajouter 1500 autres mètres carrés dédiés aux autres pratiques du modélisme : bateaux, voitures et camions notamment.
Côté modélisme ferroviaire, quelques réseaux, pour certain, déjà vu certes dans d'autres expositions et dans Aiguillages pour plusieurs d'entre eux, mais que l'on avait l'avantage de pouvoir découvrir tous ensemble sans doute pour la première fois en un seul lieu, et que l'on a toujours plaisir à revoir, d'autant, et c'est bien connu, qu'un réseau n'est jamais fini et que par conséquent, il présente à chacune de ses sorties quelques nouveautés. Mais rassurez-vous, il y avait aussi quelques inédits.
Au chapitre des réseaux connus, mentionnons celui du club BB1601 venu des environs de Bourg en Bresse, avec son célèbre viaduc de Bolozon et son évocation de la ligne dite "des Carpates". Mais ce club était venu aussi avec un réseau en N dont je vous avais présenté les toutes premières étapes de la construction dans un précédent numéro d'Aiguillages. Il s'agit de la reproduction à l'échelle du 1/160ème, de la gare de Bourg en Bresse, un réseau sur lequel je reviendrais plus en détail assez prochainement.
Le club des modélistes ferroviaires d'Albens présentait son nouveau réseau, la gare du Villiers du Lac, dont c'était l'une des premières sorties en exposition, même si je vous l'avais fait découvrir il y a quelques semaines dans Aiguillages.
Je vous reparlerais très prochainement du club de Bourgoin-Jallieu dans l'Isère, qui organise une exposition en début d'année dans ses locaux, et de son réseau, qui évoque la mémoire de la gare de Jallieu.
Pour les amateurs de train américain, il y avait ce très grand réseau, venu de Grenoble.
Egalement venu de la région, le club de Viuz en Sallaz, exposait sa maquette évoquant la ligne du Tramway du Mont-Blanc. Je reviens dès la semaine prochaine dans Aiguillages, plus en détail sur ce réseau à l'échelle 0 métrique.
Côté dépaysement total, un ensemble de modules réalisés à la norme des Modulinos étaient assemblés. L'un de ces éléments était inspiré d'une scène ferroviaire assez surréaliste mais bien réelle en Thaïlande, ou dans la ville de Mae Klong, à 80 km de Bangkok est installé un marché ferroviaire. Un marché qui se tient sur les rails, à la sortie de la gare de la ville. A chaque passage d'un train, c'est le même rituel qui se répète : Les étales sont repliés pour laisser passer le train, avant de reprendre leur place comme si de rien n'était. Sur ce réseau, l'animation est maintenant automatisée, mais son auteur se souvient encore de la première exposition à laquelle il a pris part. Il a du rester tout le temps devant sa maquette, à attendre l'arrivée des trains pour déclencher l'animation manuellement. Une expérience qu'il s'est juré de ne pas renouveler.
A quelques pas de cet ensemble de modulinos, le réseau représentant la gare imaginaire de Montvig, ou encore les réseaux du club d'Albertville ou celui d'Alpazur 38, dont je prendrais le temps de vous reparler.
Mais arrêtons-nous un instant sur le stand de Ferrosim, ou les enfants pouvaient s'initier à la conduite des trains sur simulateur. Un stand qui a été pris d'assaut pendant tout le week-end

De nombreux apprentis conducteurs pour découvrir la conduite ferroviaire sur le pupitre de 67400 qui est derrière moi avec différentes commandes et indicateurs qui sont animés de façon à découvrir le métier de conducteur et puis une vue qui est souvent fermée au public : la vue cabine. On peut conduire sur différentes lignes, aujourd’hui on est sur une ligne du Grand Est, on peut faire notamment Strasbourg-Bale, on peut également partir de Paris Est en direction de Dijon, Culmont-Chalindrey, on a une variété de lignes qui est vraiment intéressante aujourd’hui. FerroSim au départ c’est un projet que j’ai lancé il y a 5-6 ans et petit à petit ça évolue, on a fait les démarches pour récupérer ce pupitre de 67400 et on essaye d’animer le pupitre, d’apporter des nouveautés techniques pour faire avancer ce projet et apporter des nouveautés à chaque exposition.

Le jeune public découvre ainsi ce qu'est le métier de conducteur de train et que ce type de conduite n'a pas grand-chose à voir avec celui d'une voiture.

C’est souvent une découverte pour beaucoup de jeunes puisqu’ils se rendent compte de la veille automatique, du respect de la signalisation, de la vitesse et de ce qui s’ensuit, des imprévus, on essaie aussi de répondre aux questions et d’apporter des animations lors de la conduite et c’est vrai que c’est une découverte aussi cette façon de conduire avec un manipulateur traction qui est un cercle qui ressemble à un volant mais qui n’a pas du tout la même fonction.

Autre incursion des nouvelles technologies à Savoie Modélisme, la MJC de Thulins, en la personne de son directeur faisait la démonstration des possibilités offertes par l'impression 3D. Et il se pourrait bien que l'avenir de modélisme passe par là.

C’est surtout de la liberté pour les modélistes de créer ses propres pièces et on n’a plus de problème d’échelle : on a une envie, on crée la pièce. La difficulté, ce n’est pas de l’imprimer, la difficulté c’est de la dessiner, ça demande un peu d’entraînement, à la MJC on fait une formation sur le logiciel Skekchup qui est le logiciel gratuit de Google, on apprend aux gens à se servir de ce logiciel et à dessiner, faire leurs propres pièces. Une fois qu’ils ont passé ce stade-là, la liberté arrive et on peut faire ce qu’on a envie, avec plus ou moins d’expérience et plus ou moins de complexité sur les pièces qu’on a envie de dessiner.

Les modélistes ne s'y sont pas trompés, ils ont bien conscience de tout ce que l'impression 3D peut leur apporter, à condition toutefois de réussir à franchir les premières barrières.

Ils ont pris conscience, ils découvrent au fur et à mesure des salons que je fais où j’amène mon imprimante, après la barrière elle est : « ah oui mais il faut faire un dessin ». On a converti pas mal de jeunes, j’ai fait déjà quelques formations, j’ai quelques clubs de la région qui ont été formés, des gens qui ont acheté l’imprimante et qui s’y sont mis, aujourd’hui ça reste encore la barrière, le dessin, la deuxième barrière c’est l’investissement dans les machines même si les prix ont baissé depuis quelques années, par contre c’est quand même mieux que ce soit un club qui investisse, puisqu’il y a du partage de matériel, plutôt que les personnes elles-mêmes ou alors il faut vraiment en avoir une utilité régulière pour pouvoir investir soi-même, sinon le but c’est qu’il y ait des labos d’impression 3D comme nous ou des clubs de modélisme qui investissent dans une machine et qui puissent encadrer et dans ce cas-là le déploiement de ces technologies va être vraiment grandissant puisqu’il y aura un accès facile pour tout le monde.

Un déploiement auquel Gilles Alcocer croit d'autant plus, qu'il y est venu par sa propre pratique du modélisme.

Je fais du modélisme depuis très longtemps et c’est un peu mon domaine, je me suis dit « pourquoi pas avoir ça » donc j’ai acheté une imprimante, je me suis aperçu que c’était pas compliqué donc j’ai fait des démarches pour trouver des subventions donc j’ai ouvert en 2015 le labo à la MJC de Thulins basé sur des subventions donc les machines ont été achetées par des sponsors, n’ont rien coûté et ça a permis d’ouvrir un labo tous les samedis matins avec une entrée à 20€ pour l’année matériel compris c’est-à-dire qu’il n’y a pas de barrière financière, es équipements sont mis à disposition des adhérents, on fait de la formation pour qu’ils puissent être autonomes sur le dessin et à partir de là il n’y a plus de barrières pour qu’eux puissent entrer dans la technologie.

Une technologie qui présente tout de même encore quelques limites, qu'il vaut mieux connaître avant de se lancer et d'être déçu.

Il y a les limites de la technologie dans la précision, il y a beaucoup de gens qui me demandent « est-ce qu’on peut faire des figurines ? ». Alors, les figurines c’est pas un problème en tant que tel, mais le détail des figurines, sur la tête, sur les mains, c’est pas compatible avec ce type d’impression. Ensuite, il y a la complexité des pièces, surtout des pièces qui sont un peu biscornues puisque l’imprimante ne peut pas imprimer dans le vide donc soit il faut mettre des supports qui abiment un peu la pièce soit il faut décomposer la pièce, c’est là où il y a un peu d’expérience qui rentre de savoir découper pour pouvoir imprimer les morceaux correctement et les assembler, que de faire les choses compliquées qui ne vont pas être jolies en sortie donc là c’est plutôt les limites de la technologie mais on apprend rapidement à les maîtriser, c’est plus un problème après.

Pour ce qui est de l'apprentissage du dessin avec le logiciel Sketchup de Google, Gilles Alcocer considère que 2 à 3 heures de prise en main sont suffisantes, d'autant que l'on trouve sur internet de nombreux modèles prêt à l'impression, ou qui peuvent être assez facilement modifiés pour les adapter à ses besoins.

Quand on maîtrise le logiciel de dessin, une pièce comme ça, ça va demander quelques jours de travail, l’avantage de l’impression 3D c’est qu’on fait un premier essai, on imprime, on corrige et après quelques itérations on arrive à une pièce qu’on considère être finie, il n’y a pas de problématique de se dire « je vais le faire jusqu’au bout parfait pour l’imprimer » on fait au fur et à mesure et on corrige les erreurs puisque le coût de la matière est négligeable par rapport au temps qu’on pourrait faire pour tout finaliser.

En fonction des imprimantes 3D utilisées la matière première peut se présenter sous différentes formes, ici c'est celle de bobines de fil.

On est sur du PLA, qui est la matière plastique la plus standard pour l’impression 3D, sur du plastique comme ça on compte 20 à 25€ le kilo, et avec un kilo de plastique on peut en faire, des pièces, une pièce comme ça en matière première ça revient à quelques centimes donc c’est pas du tout une problématique de consommation, ça permet de faire du prototypage donc de faire des essais, de corriger, sans se demander derrière si ça va coûter cher ou pas.

Pour la mise en couleur, soit les filaments utilisés sont déjà colorés, soit il est possible de peindre les pièces en utilisant de la peinture à maquette. Enfin, derrière l'impression 3D s'ouvre un autre univers pour les maquettistes, qui est celui des objets connectés.

On a ouvert depuis début Septembre, une partie sur la robotique parce qu’on s’est aperçu que les élèves du collège apprenaient à programmer mais ils n’avaient pas des objets connectés, donc on a ouvert cet atelier-là et on utilise l’impression 3D comme un outil de fabrication du robot et ça permet à des jeunes qui ont appris à faire de l’impression 3D depuis quelques années de passer à d’autres sujets mais tout en gardant la maîtrise de l’outil pour pouvoir construire leur robot.

Des perspectives qui devraient intéresser les maquettistes de tout âge et de toute discipline.

Avant de quitter les allées de Savoie Modélisme, je voulais vous présenter le plus jeune reporter d'Aiguillages. Emile. Vous aviez entendu sa voix sur le sujet qu'il avait été réalisé au Chemin de Fer du Kasserberg à Fribourg en Suisse. Emile est venu visiter l'exposition Savoie Modélisme, et nous avons profité de son déplacement pour lui permettre de vous présenter le sujet d'un futur reportage qu'il va tourner dans l'Oberland Bernois durant les vacances de février. Ce jeune passionné s'est fait offrir ce voyage par sa famille, pour fêter son 12ème anniversaire et il a déjà bien préparé le sujet du futur reportage qu'il souhaite présenter aux Aiguillonautes à son retour.

Pour mon prochain voyage, c’est un train qui sauf erreur n’est au départ pas touristique, c’est un train du MOB, Montreux Oberland bernois, ce sera en hiver donc il y aura la neige, ça sera je pense assez joli. Les locomotives sont des locomotives qui pour la plupart sont assez anciennes. Là, le voyage, je sais pas exactement d’où je vais partir et où je vais arriver mais je sais que je passerai dans l’Oberland bernois à des endroits où il y aura de la neige, c’est là-bas que le fameux gruyère suisse est produit, c’est le vrai gruyère, c’est là qu’il a été inventé.

Le succès de cette première manifestation en Savoie appel à la tenue d'autres expositions. Les dates de la prochaine sont d’ores et déjà connues, ce sera les 2 et 3 novembre 2019, et vous pouvez si vous êtes un club, ou un modéliste indépendant poser dès maintenant votre candidature pour y exposer.

La semaine prochaine dans Aiguillages, pleins feux sur l'un des réseaux qui précisément était exposé à Savoie Modélisme. L'évocation de la très célèbre ligne du Tramway du Mont-Blanc par l'association des Amis du Petit Train de Viuz en Sallaz.

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