Aiguillages, tourisme et loisirs ferroviaires

Le réseau en 0 de la gare de l'Est

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Le réseau en 0 de la gare de l'Est

Transcription :

Nous allons descendre dans les entrailles de la gare de l'Est, pour rendre visite à l'AFAC, l'Association Française des Amis des Chemins de Fer. Chaque samedi après-midi ses locaux sont ouverts au public qui peut découvrir entre autres choses 3 réseaux à différentes échelles. Dans ce reportage, nous nous arrêterons plus particulièrement sur la maquette historique de l'association, un très grand réseau à l'échelle 0. Bonjour et bienvenue dans Aiguillages !

Le siège de l'AFAC est situé à Paris, dans le 10ème arrondissement. Nous allons nous y rendre en métro. L'association a été créée en 1929, c'est dire qu'elle est plus ancienne que la SNCF. Elle compte plus de 1500 adhérents qui se répartissent en 12 sections régionales en France, mais aussi à l'étranger et sa vocation est de faire connaître et de défendre le chemin de fer. Si vous avez lu la saga Harry Potter ou vu les films, vous connaissez l'existence de la voie 9 ¾, à la station de King's Cross, à Londres, un quai bien caché d'où vous pourrez prendre le train à destination de Poudlard. Eh bien à la gare de l'Est, à Paris, c'est un peu comme s'il y a avait tout un tas de voies cachées. La plupart des voyageurs arpentant la salle des pas perdus ignorant tout simplement qu'ils marchent au-dessus des locaux de l'AFAC et de ses réseaux. Pour les trouver, il vous faudra vous engager dans la rue souterraine qui passe sous la gare. En revanche, pas besoin de foncer dans un mur de pierre avec un chariot à bagage pour passer de l'autre côté, il vous suffira de sonner, pour vous faire ouvrir. C'est plus simple et moins risqué. Nous allons nous rendre directement pour cette première étape de cette visite dans la salle située le plus au fond. Dans de prochains numéros d'Aiguillages, je vous ferais découvrir les autres activités et les autres réseaux de l'association. Pour aujourd'hui, nous allons nous arrêter devant celui à l'échelle 0. Une maquette qui date des années 50, et dont la restauration a été prise en mains par quelques-uns des membres de l'AFAC. La priorité a été donné à la circulation des trains. Ce sont par conséquent des travaux sur la voie qui ont été engagés en premier lieu, même si un travail sur le décor a également été entamé pour le rafraichir.
Thierry Gérard connaît ce réseau depuis 1966. Une fois par an, il accompagnait ici son papa qui venait payer sa cotisation à l'AFAC, et l'un de ses premiers souvenirs du réseau date de 1968.

Il y a toute une partie, toute une moitié de réseau qui a disparu, parce que de l’autre côté du mur qui est en parpaing maintenant, à l’origine c’était de la toile, et tout a brûlé. C’était les consignes qui étaient derrière et apparemment il y aurait eu un colis un peu bizarre qui aurait brûlé et comme c’était les années 1968 on n’a jamais su si c’était volontaire ou involontaire mais n’empêche que nous, toute une moitié de réseau a disparu.

Un réseau qui a été patiemment remis en état par les membres de l'AFAC de l'époque qui ont eu recours pour ce faire aux technologies dont ils disposaient alors. Sous les voies se trouvent 1500 relais qui commandent les cantons et les signaux lumineux et des kilomètres de fils électriques. Les locomotives sont alimentées par un troisième rail, qui est latéral et non situé au milieu des voies comme cela peut se voir sur certains réseaux adeptes de ce mode d'alimentation. Un dispositif qui présentait quelques avantages à l'époque, mais qui aujourd'hui, complique un peu la vie des modélistes.

Nous ici, c’est très particulier : dès qu’on a par exemple, là j’ai ma 241, pendant un an elle a été mise au chantier parce que j’ai dû la transformer pour la rendre compatible avec ce réseau, c’est-à-dire qu’on a un rail latéral et il nous faut impérativement des locomotives en 3 fils de rail, si on n’a pas ça il faut bricoler mais dans tous les cas il faut mettre ce qu’on appelle, nous, des « moustaches », alors c’est vrai que c’est disgracieux sur les locomotives, c’est faire apparaitre sur l’extérieur des moustaches séparées entre elle d’on va dire un vingtaine de centimètres pour pouvoir franchir des zones sans 3ème rail, donc ça demande une certaine conception, on y arrive mais c’est vrai que dès qu’on achète une locomotive, on est obligés de la transformer. C’est quelque chose qui est archaïque, il est vrai, il n’y a pas plus archaïque, mais au moins on n’a pas besoin de se creuser la tête pour faire un système de cantonnement, ce cantonnement on l’a, il est physique, on prend un objet métallique entre les 2 fils de rails, ça y est, on coupe l’alimentation et le train s’arrête au canton d’avant. Effectivement ce n’est plus dans l’air du temps, mais l’avantage de ça c’est qu’on utilise le rail latéral, on est en courant continu, de 0 à 24 volts suivant le type de locomotive qui roule, parce qu’on a des moteurs en 24, 18, 12. Ce qu’il y a c’est que sur ce troisième rail latéral, on envoie du plus, et sur le rail retour du courant on a du moins et on a un rail qui est on va dire inutilisé, et ce rail on l’utilise pour le cantonnement, c’est-à-dire que nos essieux ne sont pas isolés, ce qui permet de faire le cantonnement et on a un cantonnement automatique, c’est-à-dire que quand le train est sur le canton, le relais colle et ferme le signal du canton précédent.

Les trains de voyageurs sont préparés au centre du réseau dans la gare de Meaulnes. Leur parcours commence sur des voies souterraines dont ils émergent sous les yeux du public avant de s'engager via une bifurcation sur la voie 1 ou la voie 2 qui les amènera après avoir disparu sous la montagne et parcouru une longue ligne droite à traverser la gare de Castel-Mézy située à l'opposé. Une gare qui s'est aussi appelée un temps Dijon, car elle est en courbe. Les trains peuvent alors repartir pour un autre tour et passer par la gare de Roissac cette-fois-ci, ou une correspondance est assurée avec un chemin de fer secondaire à crémaillère en voie de 75 cm, qui monte les touristes au sommet d'une montagne d'où ils auront tout le loisir d'observer le réseau. L'écartement utilisé est le ho, mais l'échelle, le 1/43ème. Sur le circuit principal, les trains passent ensuite de nouveau, mais par un autre itinéraire, en gare de Castel-Mézy, avant de se réengager dans des voies souterraines qui les ramèneront à leur point de départ. Ils auront alors parcouru un peu plus de 250 mètres. Une voie au double écartement 75 cm et métrique, connectée à celle à crémaillère, fait le tour de la maquette. Thierry a le projet d'y faire circuler un autorail Billard 10D D2 qu'il est en train de construire. Il fera des navettes entre la gare de Castel-Mézy voie étroite et la petite gare qui n'a pas de nom, qui est située juste avant le tunnel à l'entrée dans la pièce. Même s'il peut se faire seconder par d'autres installés sur des postes de commande situés dans les gares, un seul opérateur est requis pour faire fonctionner l'ensemble, à partir d'un pupitre situé au centre du réseau.

Ici, on commande tout ce qui est voie principale. Dès qu’on sort des voies principales, c’est-à-dire dès qu’on va au triage de Castel-Mézy, dès qu’on va en gare de Meaulnes, tout ça c’est en-dehors de ce pupitre. Il y a une petite particularité, c’est la gare de Roissac, qu’on peut prendre en manuel sur place, là-bas, on bascule et là-bas on a tout ce qu’il faut pour repositionner les appareils de voie, pour manœuvrer si on veut, du fait qu’il y a un embranchement particulier. Là, on a la partie itinéraire et la partie traction qui est de 0 à 24 volts parce que comme je disais, il y a du matériel qui tourne en 12 volts, il y a du matériel qui est en 12 volts mais comme on a mis des moteurs en série on peut les faire circuler en 24 volts et ça permet de faire circuler des trains ensemble pour éviter d’avoir à utiliser trop de trains les mêmes jours, on les fait circuler un samedi sur deux, comme ça, ça limite l’usure.

Depuis 8 ans, Thierry s'est impliqué pleinement dans le travail de restauration de ce réseau. Il a commencé par les appareils de voies qui avaient beaucoup soufferts. A force de faire passer des machines souvent relativement lourdes, toutes les pointes de cœur étaient usées. Elles ont toutes été changées. Ce travail, ainsi que la reprise ou la suppression de quelques connexions électriques devenues obsolètes ont redonné accès à l'ensemble des voies. Les trains peuvent de nouveau parcourir l'intégralité des circuits. Il reste maintenant pas mal de travail sur le décor. Il a commencé sur la montagne, il va se poursuivre avec les bâtiments. Le souci de Thierry est de le faire évoluer tout en respectant l'atmosphère de ce réseau, qui plonge le spectateur dans les années 50. Sur les maisons de garde barrière, des panneaux solaires ont été installé, on pourra bientôt voir des antennes paraboliques ou des volets roulants, à la place des volets en Z. Des aménagements tels que l'on peut en voir ici ou là, lorsque ces anciens bâtiments ont été acquis par de nouveaux propriétaires qui les ont remis au goût du jour. Les postes d'aiguillage en revanche ne seront pas modifiés, mais une ville sera probablement reconstruite. Tout l'art ici, pour ne pas dire la difficulté, est de parvenir à faire évoluer cette maquette, en en respectant l'esprit d'origine.

La difficulté, oui et non, c’est de faire perdurer quelque chose qui a été construit par des gens qui ne sont plus là et qu’il ne faut pas détruire parce que c’est quelque chose déjà qui a demandé pour eux des heures et des heures d’œuvre parce que maintenant même s’il y a un peu de poussière, toute la signalisation a été construite maison avec de la boîte à gâteau, avec du profilé, enfin bref, ils ont fait avec les moyens du bord et ça il ne faut pas le laisser tomber, moi je suis là depuis une petite huitaine d’année vraiment on peut dire à temps complet, et dessus il y a plein de choses à reprendre, c’est la voie, le décor aussi, moi je ne suis pas trop décor mais bon je ne me débrouille pas trop mal, c’est surtout aussi la voie et le matériel et puis toute la partie alimentation du réseau, parce que là c’est énorme, c’est des choses qu’on ne voit plus maintenant, il y a 1500 relais, il y a des kilomètres et des kilomètres de câbles donc là on est vraiment sur quelque chose, tant que ça tient, ça va, mais à partir du moment où les relais vont commencer à griller un peu, on a des pièces détachées, mais bon ça demande beaucoup de boulot.

Si vous souhaitez rendre visite à l'AFAC et découvrir ses réseaux, sachez qu'ils sont ouverts chaque samedi après-midi de 14h30 à 18 heures, sauf les jours fériés et au mois d'août. Vous trouverez plus d'informations sur la manière de vous y rendre sur le site de l'AFAC www.afac.asso.fr.
La semaine prochaine dans Aiguillages, une visite de club. Nous nous rendrons à Saint-Etienne au siège de l'association Model'Rail.

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