Aiguillages, tourisme et loisirs ferroviaires

Trains Suisses au sommet

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Trains Suisses au sommet

Transcription :

C'est le dernier numéro de la Xème saison d'Aiguillages, je vous propose aujourd'hui le condensé d'un voyage de 5 jours chez nos voisins Hélvètes, qui nous amènera à emprunter des express panoramiques, des funiculaires et des trains à crémaillère, mais aussi un téléphérique en version cabriolet, ou encore un authentique bateau à vapeur. Trains Suisses au sommet, c'est le titre de ce reportage. Bonjour et bienvenue dans Aiguillages !

La Suisse, on peut la rejoindre en train bien sûr grâce au TGV Lyria qui propose jusqu'à 20 allers-retours par jour vers ou au départ des 3 plus grandes villes françaises, et la parcourir en tous sens grâce à son réseau de transports publics, le plus dense du monde.

Pour ma part, le voyage commencera en gare de Lyon Part-Dieu, d'où je gagnerai dans un premier temps Genève en un peu moins de 2 heures. Puis les correspondances s'enchaîneront. Je rejoindrai dans un premier temps Bern à bord d'un Intercité, un train qui relie deux grandes villes en ne s'arrêtant que dans les gares les plus importantes, puis Olten, à bord d'un interRégion dont la vocation est de relier rapidement plusieurs régions entre elles, et enfin un RégioExpress, un train assurant une desserte accélérée à l'intérieur d'une région, m'amènera à Lucerne, le premier point de chute de notre périple, où j'arriverai juste avant midi. En Suisse, l'horaire est cadencé depuis 1982. Toutes les heures, ou toutes les demies-heures, les trains partent à la même minute, et toujours du même quai. L'emplacement des voitures de 1ère et seconde classe, et même de la voiture bar est matérialisé par des zones A, B et C très faciles à repérer. Les temps de correspondance peuvent ainsi se faire très courts. Entre les 4 trains que j'ai empruntés par faire ce trajet, moins de 10 minutes à chaque fois, et pourtant aucun stress à faire ces différents changements, les informations sur les horaires et le numéro du quai d'arrivée et de départ du train suivant étant connues d'avance. Pas étonnant que les Suisses soient les champions d'Europe des déplacements en train. Pour les étrangers qui visitent le pays, il existe un billet tout en un, le Swiss Travel Pass qui permet d'emprunter l'ensemble des transports publics (trains, bateaux et bus) pour une durée pouvant aller de 3 à 15 jours consécutifs ou non. Le nombre de km parcourus n'est pas limité, le Pass donne accès aux réseaux de transports en commun de 90 villes Suisses, et à plus de 500 musées.

De Lucerne, je n'aurai pas le temps cette-fois-ci de vous ramener des images de son intéressant musée des transports, mais je ne peux m'empêcher de vous montrer ce qui est sans doute l'emblème la plus connue de la ville : le Pont de la Chapelle, l'un des plus anciens ponts en bois d'Europe, qui a été reconstruit après le grand incendie qui l'avait touché en 1993. Mais nous rejoignons déjà la gare car un premier sommet nous attend. Quelques minutes de trajet en train, et nous voici à Stans où circule depuis 1893, il a 125 ans cette année, un funiculaire qui menait autrefois ses passagers jusqu'au sommet du Stanserhorn. Le trajet se faisait alors en 3 tronçons. Mais en 1974 la foudre s’abattit sur l'hôtel qui se trouvait au sommet et l'incendie qui s'ensuivit se propagea à la gare et à la machinerie du funiculaire. Qui fut alors remplacé par un téléphérique dans sa partie supérieure. Les amateurs regretteront forcément l'ancien funiculaire qui avec ses 3 sections était unique au monde, mais joli lot de consolation tout de même, le téléphérique d'origine a été remplacé en 2012 par un nouveau système baptisé le CabriO. Il s'agit de cabines disposant d'un espace entièrement vitré en bas et d'un pont supérieur qui permet de faire l'ascension cheveux au vent. Un défi technique qui a supposé de nombreuses adaptations par rapport aux solutions adoptées pour les téléphériques traditionnels. Ici, les cabines ne sont plus suspendues à un câble, mais supportées par deux qui se trouvent à mi-hauteur entre les deux ponts. Les passagers qui font le voyage sur le pont supérieur, vivent ainsi l'expérience d'un passage au-dessus des pylônes. Sensations inédites garanties !
La ballade se poursuit à pied jusqu'au sommet à 1898 mètres d'altitude, à la découverte de la faune et de la flore et des magnifiques points de vue qui s'offrent à nous. C'est pas qu'on ne resterait pas plus longtemps là-haut, mais nous sommes attendus au bord du lac des 4 cantons pour la suite de notre périple.
Hé oui, en Suisse, les transports publics, ce sont les trains, les bus, mais aussi les bateaux, et parfois même les bateaux à vapeur. Notre deuxième voyage commence à bord de l'un d'entre eux. Nous embarquons à Lucerne pour rejoindre Flüelen la gare de départ du Gotthard Panorama Express, les deux villes sont distantes d'une 30 aine de km et nous sommes ici au cœur historique de la Suisse. La légende de Guillaume Tell, c'est ici, la plaine du Grütli, le lieu où le serment fondateur de la Suisse aurait été prononcé, aussi. Notre bateau desservira tous ces lieux historiques, en même temps que toutes les communes situées sur les bords du lac. En milieu d'après-midi, il assurera la correspondance avec le premier train panoramique que nous emprunterons au cours de notre périple en Suisse. Si je devais résumer ce voyage en quelques mots, je vous dirais, tunnel du Saint Gothard, il en existe désormais deux, le tunnel historique que notre train va emprunter, et le tunnel de base ouvert fin 2016, le plus long du monde avec ses 57 km. Eglise de Wassen. Elle est célèbre parce que le train parcourant ici deux tunnels hélicoïdaux qui l'amène à faire des demi-tours pour prendre de l'altitude, les passagers peuvent l'apercevoir trois fois depuis leur fenêtre, à des niveaux différents. Et enfin Lugano, puisque la capitale touristique et économique du Tessin est la destination du Gotthard panorama Express. Une ville au charme tout italien, c'est d'ailleurs la langue qui est parlée dans le canton, la frontière est toute proche et Milan se trouve à moins de 80 km.
Nous allons d'ailleurs faire une incursion en Italie pour notre prochain voyage, qui commence avec le Bernina Express Bus. Une navette qui relie la ville de Lugano en Suisse à celle de Tirano en Italie, en longeant le lac de Côme. Le voyage sur rails débute quasiment en mode tramway, le train se partageant la route avec les voitures. Cette ligne est exploitée par la compagnie des Chemins de Fer Rhétiques (RhB). Elle est à l'écartement métrique, tout comme l'ensemble du réseau exploité par les RhB. La beauté des paysages traversés a valu à cette ligne reliant Tirano à Coire d'être classée au patrimoine mondial de l'Unesco. Deux kilomètres après la gare de départ, c'est le passage de la frontière et le retour en Suisse. Et très vite nous nous retrouvons engagé dans l'un des points d'intérêt les plus fameux de la ligne : la boucle de Brusio, où le train franchit un viaduc hélicoïdal. La rampe est sévère, c'est même l'une des plus raides du monde qu'un train franchisse sans recourir à un système de crémaillère. Il grimpe dans un premier temps jusqu'à la gare de Alp Grüm à 2091 mètres d'altitude. Nous y resterons quelques minutes dans l'attente d'un train croiseur redescendant en direction de Tirano, avant de poursuivre notre chemin vers le point culminant de la ligne. La gare d'Ospizio Bernina à 2253 mètres d'altitude. Puis notre train entamera une longue descente vers Coire, son terminus qu'il atteindra après avoir franchi moulte tunnels et viaducs, dont celui de Landwasser qui débouche directement dans un tunnel quand on fait le trajet dans le sens inverse du notre. Coire, c'est la plus ancienne ville de Suisse, le chef-lieu du canton des Grisons, et aussi le siège des Chemins de Fer Rhétiques. Le Glacier Express y fait étape. Parti de Davos ou de Saint-Moritz, il rejoint Zermatt, en pas moins de 8 heures et après avoir franchi 291 ponts et 91 tunnels. C'est l'Express le plus lent du monde, et il en est fier. Lui aussi tutoie les sommets. Sa ligne culmine à 2033 mètres d'altitude au col de l'Oberalp. Sur de nombreuses portions de son parcours il a recours à une crémaillère pour franchir les importantes rampes de la ligne qui est exploitée pour partie par les Chemins de Fer Rhétiques et pour l'autre par le Matterhorn Gotthard Bahn. Son terminus se fait à Zermatt, un village sans voiture. De là, il est encore possible de prolonger son voyage en train, en prenant une correspondance pour le Gornergrat, ce que nous allons faire pour terminer nos 5 jours de voyages en train à travers la Suisse. Ce train à crémaillère grimpe jusqu'à 3089 mètres d'altitude, pour atteindre la plus haute gare ferroviaire à l'air libre d'Europe.

C'est sur ces trains Suisses au sommet que s'achève la 10ème saison d'Aiguillages, un peu comme un avant-goût de la prochaine, puisque je vous retrouverai à la mi-septembre pour une Xième saison, avec notamment de nombreux reportages tournés en Suisse ; outre les trains que vous avez pu découvrir rapidement dans celui-ci et qui feront chacun l'objet d'un reportage plus long, je vous emmènerai également au Chemin de Fer du Kaserberg, au petit Train du Gotheron, à celui de Pully sur les bords du lac Léman, au Swiss Vapeur Parc, pour ne parler que des sujets qui ont déjà été tournés dans ce pays, sachant que d'autres le seront cet été, mais il y aura bien sûr tout au long de cette prochaine saison de nombreux autres reportages tournés en France et en Belgique traitant de chemins des fer réels ou de modélisme avec notamment la couverture des grandes expositions de l'automne. Tout au long de l'été, je vous enverrai quelques cartes postales en provenance de ces 10 années de reportage diffusés dans Aiguillages.

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