Le vélo-rail du Morvan (Cordesse-Igornay)
  • Actuellement 519 Aiguillonautes soutiennent Aiguillages assurant 73 % du budget annuel nécessaire à la pérénisation de la chaîne. Il ne manque plus que 188 contributeurs pour que ce projet soit viable. Découvrez comment vous aussi, vous pouvez soutenir Aiguillages en cliquant ici ou sur le lien Soutenir.

Le vélo-rail du Morvan

(Cordesse-Igornay)

Plein écran cliquez ici

(ou appuyez sur la touche Entrée de votre clavier)

Le vélo-rail du Morvan (Cordesse-Igornay)

Transcription :

Je vous emmène dans le Morvan dans ce numéro d'Aiguillages. Dans le reportage qui va suivre, je voudrais vous faire visiter la petite gare de Cordesse-Igornay. Elle est située sur l'ancienne ligne qui reliait Autun à Saulieu. Après avoir tenté de sauver cette ligne, un amateur fini par racheter la gare, et y installer un vélo-rail pour continuer à la faire vivre.

La gare de Cordesse-Igornay a trouvé son prince charmant en la personne d'Olivier Curie qui a tout fait pour l'empêcher de s'endormir trop longtemps. Malheureusement ici aussi, et malgré les efforts déployés par un comité de soutien, les trains ont fini par déserter une ligne jugée peu rentable. Tombé sous le charme du site, Olivier à acheté la gare, est venu y habiter et pour lui redonner vie y a créé le Vélo-Rail du Morvan.

La gare de Cordesse-Igornay desservait les deux communes. Curieusement, elle a été installée à l'écart des deux bourgs alors que la voie ferrée passe très près de celui de Cordesse. Dans cette région qui était déjà à la fin des années 90 en voie de dépeuplement, elle voyait passer de moins en moins de voyageurs, et bien sur la ligne qui l'a relie d'un côté à Autun et de l'autre à Saulieu et au-delà Avallon et Paris a été très tôt menacée de fermeture. C'est dans ce contexte qu'Olivier Curie l'a connue. Il a créé une association d'usagers pour tenter de la sauver. Des efforts qui ont porté leurs fruits durant quelques années puisque le dernier train voyageur a circulé ici le 11 décembre 2011 et que le fret ferroviaire a été suspendu en 2015. Olivier qui, il y a quelques années n'aurait jamais pensé venir y habiter, est maintenant l'occupant des lieux. On va faire le tour du propriétaire en sa compagnie. Les lieux sont porteurs d'une histoire finalement pas si ancienne et sont là pour rappeler l'importante activité qui pouvait régner dans cette gare. Commençons par la recette.

Olivier Curie

C’est un local quand même qui était important dans la gare puisque c’est ici que toute la recette des guichets étaient entreposée. Il y a des personnes qui viennent pour le vélo-rail qui m’ont expliqué qu'elles venaient ici chercher leur pension. L’argent arrivait par le train. Donc c’est quand même un endroit qui a vécu, qui a vu pas mal de monde. On est en présence d’une gare typique PLM, d’une gare quatrième classe, deux portes sans annexe, sans marquise parce que ce n’est pas une gare de correspondance donc on avait pas le droit à la marquise. Elle desservait à peu près 5000 habitants à l’époque. Il y avait plus de monde qu'aujourd’hui, à tel point qu’il y avait trois cafés qui étaient devant la gare. Aujourd’hui il y en a plus aucun, mais voilà c’est une installation typique d'une gare de quatrième classe avec une particularité : c’est que c’est une gare de croisement. Donc on a deux voies, que j’ai la chance d’avoir pu conserver même après l’arrêt de l'exploitation. J’arrive à les utiliser pour le départ des vélos-rail en fonction du parcours. Il y a aussi des installations avec une voie de débord que l’on voit ici, qui va me servir aussi pour garer mes vélo-rails. Il y avait à l'époque pas mal de trafic marchandise dans la gare puisqu’il y avait un quai haut au bout de la cour marchandise. Essentiellement c'était des produits de la mine de Maine, il y avait une carrière souterraine qui était chargée ici, et puis tout ce qu’on pouvait trouver à l’époque encore dans les années 60 : les bestiaux, le ravitaillement pour les bestiaux, des graines etc... Enfin tout ce qui était messagerie. Il y avait une banque pour les messageries, les colis. Une installation qui finalement n’a pas bougé, hormis la halle marchandise qui a disparu mais il y a très longtemps en 1953. c’était une halle tout en bois, il n’y avait pas de structure métallique ni en pierre. Elle a été détruite en 53, autant à Cordesse qu'à Manlay. L’autre chose qui manque, on voit le parasol, mais auparavant il y avait le cabinet de toilette de la gare. C’est aussi quelque chose qui a été détruit en 2010 malheureusement j’aurais bien voulu conserver le petit bâtiment qui est typique de la gare PLM.
Olivier aime sa gare, et ça se voit, toutefois, ce n'est pas là qu'il envisageait de s'installer un jour.

Olivier Curie

Je me suis intéressé à cette ligne c’est clair, mais au début je pensais m’installer plus près d'Autun, parce que je pensais que le fait d’être à côté de la sous-préfecture c’était plus facile à trouver donc que j’avais imaginé pouvoir partir plutôt vers Autun. Il n'était pas question de pouvoir partir de la gare d'Autun puisque les installations sont heureusement toujours utilisées, mais il était question de partir depuis l’Orme l’ancienne station de l’0rme- Saint Pantaléon et de faire un parcours entre l’Orme Dracy et Cordesse. A Cordesse,il n'était pas possible d’arriver jusqu’à la gare alors le terminus aurait été au pied de la mairie, il y a un endroit ou il y a un petit passage à niveau. Et puis très rapidement je me suis dit que ça allait être compliqué parce que la communauté de communes avait des véhélités de faire une voie verte sur l’ancienne plate-forme ce qui fait que entre Dracy-Saint-Loup et et Saint-Pantaléon il y aura bientôt plus de voie. Ca va prendre quelques années mais dans quelques années il n’y aura plus de voie et mon choix c’était de faire un vélo-rail pas une voile verte. Donc il me fallait absolument conserver les rail. Je suis venu là, j’ai été séduit par la gare. Elle était à l’époque inoccupée. J’ai demandé à pouvoir l’acheter. La SNCF était à cette époque du moins pas décidée. J’ai attendu un petit peu. Après j’ai rencontré quelqu’un qui avait fait des essais de vélo-rail à assistance électrique, parce que la difficulté ici c’est que on démarre à 317 m et que arrivé à Manlay on est à 430 mètres. Donc il y a un fort dénivelé. Il y a des rampes de 15 millimètres par mètre, en vélo-rail c’est facile une fois mais pas deux ! J’avais cette appréhension, qui a été levée avec l'essai que l'on a pu réaliser avec Christophe Faivre qui exploite des vélos-rails dans le Puy-de-Dôme et qui avait testé une assistance électrique sur un vélo-rail. On a fait l’essai en mai 2017, ça a été plutôt concluant. On les a fait avec la SNCF et VFLI a l’époque, et puis les services des remontées mécaniques qui gèrent les vélos-rails. Ca m’a permis de m’installer ici

L'opération a été rondement menée puisque les derniers trains ont circulé dans le courant de l'année 2015 et les premiers vélo-rails à peine quatre ans plus tard

Olivier Curie

Heureusement pour moi parce qu’il y avait pas trop ... la nature n'avait pas encore repris ses droits, jusqu’en 2016 ça a été contenu et puis après 2016 ça a commencé à repousser mais heureusement 3/4 ans sans exploitation c’est mieux que 25 pour récupérer la voie. Il en reste encore à couper, mais ça a pu quand même pu se faire en quelques mois, jusqu’au mois de mai l’an dernier

Au départ de la gare de Cornesse-Igornay, les usagers du vélo-rails partent au en direction ou à destination de Manlay.

Olivier Curie

Je propose deux parcours en fait, c’est la même direction côté Saulieu-Avalon mais j’ai démarré en deux temps. Le parcours est à cheval sur la Saône-et-Loire et la Côte-d’Or et pour installer un vélo-rail il faut que ce soient des entités départementales qui signent la convention, et du coup il a fallu décider les deux départements. Donc ça s’est fait en deux temps. J’ai ouvert le premier tronçon jusqu’à la limite de la Saône-et-Loire à Barnay et puis j'ai ouvert ensuite le deuxième tronçon jusqu’à Manlay au-delà de Barnay et je me suis rendu compte que finalement beaucoup voulaient s’essayer au vélo-rail en ne faisant que le petit parcours. Donc j’ai maintenu le petit parcours. Mon idée première était de faire un parcours complet de 11 km, et je me suis rendu compte que finalement le parcours de 4 km plaît bien aussi parce que ça permet de s'essayer, de se rendre compte que finalement c’est pas si compliqué que ça et de revenir pour faire le grand parcours.

Autour du vélo-rails du Morvan, c'est tout un concept d'écotourisme inédit qu'Olivier entend développer. A la gare il vous attend pour un goûter, déguster des escargots, fêter votre anniversaire ou célébrer un événement familiale à moins que vous n'ayiez réservé un vélo-rails pour vivre l'expérience unique d'une balade au crépuscule. La voie monte en pente régulière de l'ordre de 15 pour mille et serpente dans la forêt pour épouser les contours des contreforts du Morvan.

Olivier Curie

C’est une ligne qui a été construite à l’économie par le PLM. C’etait une ligne qui reliait deux tronçons. Il y avait la ligne de Maison-Dieu aux Laumes et puis la ligne Autun-Dracy-Epinac, deux lignes qui existaient auparavant avant l’ouverture de celle-ci, ce qui fait que le PLM l'a construite quand même à l’économie, en contournant les obstacles, les petites collines et les contreforts du Morvan. Il n’y a pas de tunnels, pas d’ouvrages d'arts non plus sur mon parcours. Je n’ai qu’un petit pont qui enjambe un ruisseau. C'est ce qui en fait le charme puisque finalement c’est pas grandiose, mais on est en pleine nature. C’est bucolique. On voit très régulièrement des animaux sauvages parce qu'on n'est pas loin des bois et souvent il y a des chevreuils qui courent devant, des chevreuils, des renards, des lapins. Il arrive aussi quelques fois qu’il y ait des vaches. Surtout en ce moment. Les pauvres elles cherchent un peu d’herbe et les points d’eau. C'est ce qui en fait son originalité. C’est pas particulièrement grandiose mais ça a son petit côté sympa
En temps ordinaire le vélo-rail du Morvan est ouvert d'avril à la toussaint. En pleine saison, 4 départs sont programmés à 10h, 14h, 16h30 et 19h pour le grand parcours, 10h30, 14h30 et 16H45 pour le parcours intermédiaire. Beaucoup des voyageurs empruntant le vélo-rail viennent des départements de la Côte d'or et de la Saône et Loire. Les Hollandais et les Belges qui aiment particulièrement la nature et le vélo sont également très nombreux à réserver. Pour son vélo-rail du Morvan, Olivier Curie a encore de beaux projets. Celui d’étoffer le parc de vélo-rails et pourquoi pas de mettre la main sur une draisine pour proposer aux visiteurs qui le souhaitent de faire un voyage tout confort. La montée en draisine, et le retour, en se laissant glisser le long de la voie, à bord d'un vélo-rail. Vous trouverez plus d'informations sur le vélo-rail du Morvan sur le site veloraildumorvan.fr










Suggestions de reportages à revoir dans la catégorie : Patrimoine