La gare de Le Russey (Tramways du Haut-Doubs)
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La gare de Le Russey

(Tramways du Haut-Doubs)

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La gare de Le Russey (Tramways du Haut-Doubs)

Transcription :

La gare du Russey c'est un réseau de Jean-Pierre Bout que j'ai pu découvrir à Meursault à la Fête du Train au Pays des Grands Noms ou il était présenté pour la première fois, et que j'ai retrouvé à Quai 0, l'exposition du Cercle du Zéro quelques semaines plus tard à Ghyvelde en début d'année. Dans le reportage qui va suivre Jean-Pierre partage avec vous quelques-uns de ces tours de main, car sur ce sujet et à cette échelle, le 0 métrique, il n'existe rien dans le commerce et tout a été fait maison.

L'une des caractéristiques des anciennes gares du Tacot du Haut-Doubs c'est qu'elles se ressemblaient toutes. Si Jean-Pierre Bout a choisi de faire figurer sur sa maquette celle de Le Russey, c'est que dans la documentation dont il a pu disposer pour se lancer dans ce projet, c'est celle à propos de laquelle il a trouvé le plus d'illustrations.

La gare de Le Russey est située à peu près au milieu de la ligne Morteau-Maiche-Trevillers, l'une des 4 constituant le réseau des Tramways du Haut-Doubs. Un ensemble de petits trains d'intérêt local, qui sillonnaient la campagne dans la première moitié du XXème siècle et que les habitants de la région ont eu tôt fait de surnommer le Tacot eu égard à ses performances hors du commun. Ces liaisons avaient néanmoins l'intérêt de permettre à des communes éloignées de toutes lignes du grand train de bénéficier de contacts et d'échanges plus aisés avec le monde extérieur. Si le sujet des tacots du Haut-Doubs vous intéresse plus particulièrement, je vous renvoie au reportage que j'ai réalisé sur le musée de Cléron qui leur est dédié. Comme le confirme Jean-Pierre Bout, ces lignes étaient construites à l'économie, limitant au maximum le recours aux ouvrages d'art. Si c'est une forêt qui permet au Tacot qui tourne sur le réseau d'apparaître depuisx x les coulisses, alors que bien souvent les modélistes profitent d'un tunnel pour le faire, c'est tout simplement que sur ces lignes, des tunnels, il n'y en avait pas.

Il n'y en avait pas, c'est quand même des lignes qui étaient faites avec des petits moyens, et il fallait absolument la rentabiliser au maximum … Ce qui est extraordinaire sur cette ligne qui allait de Morteau à Maiche … Il y avait des passages à niveau, qui n'étaient pas protégés, d'où sur les autorails, ils mettaient carrément une cloche pour les annoncer, parce-que en fait il arrivait énormément d'accidents, de véhicules qui traversaient la route, au moment ou l'autorail arrivait.

Et c'est ainsi que sur le réseau la gare de Le Russey aussi, l'autorail s'annonce grâce à une cloche activée en permanence. Les tramways du Haut-Doubs roulaient sur une voie à l'écartement métrique. Pour les évoquer c'est donc l'échelle Om que Jean-Pierre a choisi. M pour métrique, quand au 0, la question ne se pose même pas.

C'est mon échelle ! J'ai toujours fais en 0 et ça remonte à ma petite enfance. En fait, quand j'étais gamin j'habitais une maison dans le nord de la France. On avait un petit grenier qui était mon paradis. Autour c'était la voie Jep/Hornby et au milieu, c'étaient les Dinky Toys. J'ai passé des années extraordinaires la-dedans et ça m'a marqué à tout jamais. Et quand mon épouse m'a offert une locomotive vers 26 ans, elle m'a offert une locomotive Rocco en HO, j'ai recommencé le HO, et au même moment, Loco-Revue avait sortie … c'était Quatressous qui expliquait comment construire un diesel en 0. Et là j'ai mis le pied à l'étrier, et puis voilà ...

Par dessus-tout, Jean-Pierre aime tout fabriquer par lui même des décors au matériel roulant, en passant par les bâtiments. En en 000,étant à son 5ème ou 6ème réseau, il s'est constitué une sorte de bibliothèques de tours de mains dans laquelle il puise, en fonction de ce qu'il a à construire.

Ha ! J'ai tous mes bidouillages maison ! Alors pour la gare, l'ossature c'est du Forex, c'est recouvert pour le crépi par du papier de verre et pour les chaînage et les linteaux c'est tout simplement du papier à dessin gros grain, qui permet que je grave, et c'est ça que j'utilise. La ferme comtoise, c'est une ossature en en styrodur, un genre de polystyrène extrudé et que j'ai découpé et gravé. Les balots de paille c'est fait avec des petits cubes de styrodur que j'ai recouvert. Je les taille en petits blocs et ensuite je les recouvre en colle à bois et je mets dessus, un produit qu'on trouve dans la nature, tout simplement les espèces de petites coiffures qui se trouvent aux extrémités des épis de mais. Ça fait des fibres. Je coupe ça en petits morceaux très fins. Et ces fibres je les colle directement sur mes petits blocs et tout à la fin je les peints et je donne deux petits coups de cutter pour simuler le passage de fils des bottes de foin. Pour les arbres, il y en a que j'ai acheté chez Maketis, et puis pour les autres ce sont des arbres que j'ai construits moi même. Je prends une tige de bois, pour l'extrémité de la tige, je l'a taille en pointe. Pour la pointe elle même, je finis avec du laiton. Je mets un petit tube de laiton avec deux/trois tiges pour branches parce-que la pointe est trop fragile. Et puis la-dessus, je viens coller une sorte de toile qui se découpe, et on fait les branches de sapin, une par une. Donc c'est un peu long, mais en finalité, on a des sapins, qui ne sont pas vilains. Pour le moment, j'ai fais l'entrée de la forêt, et pour le fond de la forêt, j'ai fais de la peinture. Pour le fond de décor, je le fais à la peinture. Pour le ciel, c'est un pot de blanc à plafond que j'ai gardé et je mélange ça avec des teintures que j'ai. Et pour le bas, la partie herbe, arbre tout ça, là j'utilise carrément des tubes de peinture artistique. Je peints d'abord le fond de décor, ensuite, je fais la partie modéliste devant, tout ce qui est flocage, herbe et tout ça, et grâce à la peinture, je viens après faire des raccords entre mon flocage qui est devant dont la couleur est constante et ne bougera pas et le fond de décor, je peux rattraper au niveau des verts et améliorer la profondeur. J'ai toujours aimé peindre mes fonds de décors moi-même, et puis bon, je me suis lancé … Le plus dur c'est de donner de la profondeur. Ce qui est important est que ce soit clair vers le bas, foncé vers le haut, mais j'avoue que je n'ai jamais pris de cours de peinture, j'aime ça, je peints comme ça d'instinct. J'essaye de donner des conseils et s'il y en a qui veulent des fonds de décor, je veux bien leur peindre, il n'y a pas de problème.

Les fonds de décors en peinture, c'est tout un art. Un atelier leur était d'ailleurs consacré sur un stand installé juste en face du réseau la gare de Le Russey. Je vous en avais parlé dans le reportage consacré à l'édition 2020 de Quai 0. Sur les maquettes de Jean-Pierre, les choses se passent comme dans la réalité. Le fond de décor est d'abord réalisé après plusieurs visites sur place qui font l'objet de la prise de nombreuses photos, puis, en fonction des contraintes du terrain, la voie est posée et les bâtiments sont construits autour.

J'avais été d'abord avec le copain Claude-Bernard Rossinelli. On avait fait toute la tournée des anciennes gares et il m'avait montré telles qu'elles sont maintenant, c'est ce que j'ai illustré sur le panneau, et tel que c'était à l'époque ou le De Dion, que l'on voit arriver ici roulait tranquillement sur ce réseau. Pour le matériel, j'ai fais les plans sur Drive Site, et c'est un ami, François Gérard qui a fait la photogravure. Il m'a rendu les plaques toutes faites, et ensuite, je les ai soudées. Je me suis rendu compte que je ne m'étais pas trop trompé entre mes plans et ma construction, puisque au final, l'autorail tourne gentillement.

Une partie du matériel roulant était encore en cours de construction pour les expositions de Meursault et de Ghyvelde, l'autorail De Dion pourra bientôt tracter une remorque et pour des trains aux capacités un peu plus conséquentes, c'est un locotracteur diesel qui est en cours de réalisation.

C'est une diesel Montmirail qui circulait aussi sur cette ligne, et avec le diesel et avec l'autorail, je construis aussi toujours en partant des plans que j'avais fais sur Drive Site et des photogravure de mon copain François Gérard, je suis en train de construire la remorque pour l'autorail De Dion qui était assez célèbre et qui tournait sur cette ligne, c'est ce qu'on voit sur les photos qui sont là.

Il reste par conséquent encore un peu de travail pour que ce réseau soit tout à fait terminé, mais Jean-Pierre a déjà en tête le prochain, qu'il aimerait présenter à Meursault dans 3 ans. Originaire du Nord, il va revenir à sa région natale pour sa prochaine maquette qui n'existe encore que dans sa tête, mais dans un état déjà bien avancé. Jean-Pierre rêve d'un voilier qui se baladerait, d'un pont qui se lèverait pour le laisser passer, et de trains qui franchiraient le pont. Il lui reste encore un petit peu de temps pour penser tous les détails de ce futur réseau. Seule certitude, il sera à l'échelle 0.




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