Le Stanserhorn bahn (Stans, Suisse)
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Le Stanserhorn bahn

(Stans, Suisse)

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Le Stanserhorn bahn (Stans, Suisse)

Transcription :

Un petit voyage en Suisse ? Aller, on va grimper au sommet du Stanserhorn, c'est une montagne qui domine le lac des 4 cantons. On va partir en train de Lucerne, pour aller faire correspondance à Stans avec un funiculaire historique, qui date de 1893. A l'origine il permettait de rejoindre le sommet en 3 tronçons, les deux derniers ont été remplacés par un téléphérique, mais le premier subsite.

Vous vous souvenez sans doute des reportages de la série Grand Train tour de Suisse que je vous ai présentés sur cette chaîne et bien je voulais vous signaler que vous allez pouvoir revivre ces voyages en trains panoramiques Suisses dans le numéro de Rail Passion du mois de Juillet qui sort ces jours-ci en kiosque. Un numéro que vous pourrez également consulter en ligne, grâce au Rail Pass de la Vie du Rail et à Aiguillages puisque vous pouvez souscrire jusqu'au 30 juin à une offre spéciale réservée aux Aiguillonautes pour accéder dans des conditions privilégiées à toutes les publications numériques de la Vie du Rail. Souvenez-vous, pour nous, le Grand Train Tour de Suisse s'était achevé à Lucerne. Je vous propose aujourd'hui de le prolonger en partant de cette ville pour nous rendre à Stans et de la grimper au sommet du Stanserhorn en empruntant un funiculaire historique, qui fait correspondance avec un téléphérique ultra moderne.

Lucerne, c'est une ville que l'on rejoint assez facilement en train depuis la France en passant par Bâle si l'on vient de Paris, Genève, Lausanne et Fribourg depuis Lyon. En partant tôt le matin, on peut y être dans les deux cas, avant midi. De nombreux itinéraires sont possibles pour arriver sur les rives du lac des 4 cantons. La gare est située juste en face. Elle est en impasse et s'y côtoient les trains du BLS et des CFF, mais aussi ceux de la compagnie régionale du Zentralbahn dont le siège est à Stans. Pour se rendre dans cette ville deux possibilités : le bateau qui est intégré au réseau des transports publics Suisses ou le train. La ville de Stans se trouve quasiment en face de Lucerne. C'est un point de départ pour prendre la route du Gotthard. Pour nous y rendre, nous allons opter pour le train. Le voyage est assez court, une 20aine de minutes seulement. Le trajet se fait sur une petite portion de la ligne qui va jusqu'à Engelberg. La voie est métrique. Les vues sur le lac des 4 cantons sont nombreuses. Sur la portion que nous empruntons, le profil de la ligne est assez plat. Il en va tout autrement un peu au-delà de Stans, ou les motrices ont recours à un système à crémaillère pour franchir des rampes assez sévères. La gare du chemin de fer du Stanserhorn est située à quelques centaines de mètres de celle du Zentralbahn. Elle a été implantée ici en 1893. Ce sont ces deux hommes qui en sont à l'origine. Leur projet est de concurrencer les destinations touristiques du Pilate et du Rigi avec une nouvelle offre située quand à elle en Suisse centrale. Ils ont une forte expérience dans le domaine du tourisme et de la construction de funiculaires. La station de départ se situe à 450 mètres d'altitude, le Stansehorn culmine à un peu moins de 2000 mètres. Ce n'est pas le sommet le plus haut de la région, mais celui qui offre le plus beau panorama. Les études sont lancées. Plusieurs solutions dont un chemin de fer à crémaillère sont envisagés. La solution retenue sera finalement un funiculaire dont le parcours sera articulé en 3 sections. La première part de Stans pour rejoindre Kälti. C'est celle qui subsiste encore à l'heure actuelle. La deuxième prend le relais de Kälti à Bluematt. Enfin, la dernière section atteint le sommet, au prix du percement d'un tunnel. Après deux ans de travaux, la ligne est inaugurée, en même temps qu'un grand hôtel qu'elle dessert. Pour faire des économies sur la construction de la voie, un nouveau système de freinage à friction est mis au point. Il consiste en une mâchoire qui vient serrer la voie sur un des rails en cas de besoin, et permet de s'affranchir de la mise en place d'une crémaillère au milieu de celle-ci. Sur une longueur de voie de 4 km, les économies réalisées sont substantielles. Les 3 funiculaires sont mus par des moteurs électriques doublés par des machines à vapeur en cas de coupure de courant. La voie est à écartement métrique. Les voitures se croisent à mi-chemin sur un évitement asymétrique basé sur le système Abt qui repose sur une configuration particulière de leurs essieux. Une roue à double boudin guide la voiture sur le rail située sur le côté extérieur de l'évitement, tandis qu'une roue à tambour permet de franchir le cœur des aiguillages de l'évitement, sur le rail intérieur de la section à double voie.

En 1973, la foudre s'abat sur l'hôtel. L'incendie qui s'en suit le détruira totalement et se propage à la gare du funiculaire qui est elle aussi réduite en cendres. Pour relancer l'exploitation du site plusieurs alternatives sont de nouveau envisagées. La suppression des deux dernières sections du funiculaire est décidée. Celles-ci seront remplacées par un téléphérique. Elles seront néanmoins encore utilisées pour les besoins du chantier jusqu'à l'inauguration du téléphérique qui interviendra en 1975. Le temps de terminer la re-construction de l'hôtel au sommet du Stanserhorn, l'une des cabines du téléphérique est réservée au transport des matériaux.
La section toujours exploitée par le funiculaire permet de s'affranchir d'un dénivelé de 261 mètres en un peu plus de 1500 mètres qui se parcourent en 7 minutes. Le départ se fait en pleine ville, mais l'essentiel du trajet est beaucoup plus champêtre. Il coupe plusieurs passages à niveaux non gardés. Pour que les véhicules puissent les franchir le câble est engagé dans une gouttière. En 2009, un camion a entamé une manœuvre l'amenant à faire une marche arrière sur l'un des passages à niveau dont il avait oublié l'existence. Il le fait au moment ou la voiture montante s'engage. Le choc est inévitable. Tout en bois, la voiture du funiculaire n'y survivra pas. Par chance, elle était vide, et le cabinier a réussi à la quitter quelques secondes avant l'impact. Le châssis de la voiture a pu être récupéré, mais c'est une nouvelle cabine qui a été reposée dessus. Profitant de l'incident, la compagnie du Stanserhorn bahn, a également procédé à la rénovation de la seconde cabine. Les deux voitures bien que récentes, sont des répliques aussi précises que possible de celles de 1893. Elles sont composées de 4 compartiment à 8 places et de deux plateformes ouvertes aux deux extrémités. C'est là que prend place le cabinier, en charge du contrôle du bon déroulement de la course.
La première partie du voyage s'achève au Kälti, d'ou un téléphérique ultra-moderne prend la suite jusqu'au sommet. Il s'appelle le CabriO, et c'est le premier téléphérique au monde avec un pont supérieur ouvert, mais ça c'est une autre histoire.
Pour les amateurs, il reste sur place de très nombreuses traces des deux sections abandonnées du funiculaire, qui était à l'époque de leur exploitation le seul au monde à l'être en 3 sections. Bien sur, ces traces disparaissent progressivement sous la végétation. Au sommet sont exposés des vestiges de la machinerie en service lors de l'incendie de 1973 et il est possible de faire une belle balade d'une 30aine de minutes pour découvrir les différents panoramas qui s'offrent aux visiteurs. En 2020, le Stanserhorn vit au rythme de sa 128ème saison, elle est ouverte, jusqu'au 29 novembre.

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