La Corse, en train ... 1ère partie : De Lyon à Corte

La Corse, en train ...

1ère partie : De Lyon à Corte

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La Corse, en train ... 1ère partie : De Lyon à Corte

Transcription :

Bonjour et bienvenu dans Aiguillages ! Chaque premier jeudi du mois, je vous entraîne dans un voyage en train, et histoire de commencer en beauté (là je vous donne un indice), ma première destination de l'année 2021 sera la Corse. Je vous renouvelle tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, et je vous attends pour un embarquement immédiat à destination de Corte.

Ce n'est pas le premier moyen de transport auquel on pense pour cette destination, mais la Corse, on peu tout à fait y aller et en visiter une bonne partie en train, démonstration en images.

Mais avant de pouvoir profiter de ces magnifiques paysages, il faut quitter le continent, et pour rejoindre l'un des ports à partir desquels la Corse est desservie, le train ça va plutôt bien. Je suis parti de Lyon et j'ai rejoins Marseille en moins de 2 heures.

Ouf, ça va plutôt vite, j'ai a peine eu le temps de répondre à tous les commentaires que vous m'aviez laissé sur les derniers reportages que j'étais déjà arrivé.

Marseille, c'est l'une des options possibles en fonction de la traversée que vous souhaitez faire, des dates prévues pour votre voyage, du port ou vous voulez arriver en Corse et de la compagnie avec laquelle vous souhaitez voyager. Pour moi, ce sera Corsica Linéa cette fois-ci, à la date qui m'arrangeait le mieux, son navire le Jean Nicoli proposait une traversée vers Ajaccio. Parfait pour rejoindre Corte en Train. J'aurais pu aussi arriver par Bastia ou l'île Rousse, dont les gares ferroviaires et maritimes ne sont séparées que de quelques centaines de mètres, mais l'option Ajaccio me permettait de commencer mon voyage ferroviaire sur l'île par la partie la plus spectaculaire de la ligne : la montagne, vous comprendrez que je n'ai pas hésité longtemps.

A Marseille, la distance entre la gare Saint-Charles et la gare Maritime de la Joliette, est d'un peu plus de 2 km, alors autant prendre le métro, même si ce n'est que pour 2 stations. Comme le trajet est décidément un peu court, et que j'ai un peu de temps, je vais aller faire un tour jusqu'au terminus. Le métro marseillais est constitué de deux lignes qui curieusement se croisent en deux endroits à la gare Saint-Charles et à Castellane. La première ligne a été mise en service en 1977, la seconde en 1984, mais ce n'est que depuis 2014 qu'elle a été prolongée au nord jusqu'à la station Gèze qu'elle atteint après un court parcours à l'air libre. La voie est classique, à écartement normal, les rames roulent sur pneumatiques, et sont alimentés en 750 volts via un 3ème rail. Le parc est constitué de 36 rames datant de 1976, et qui devraient toutes être remplacées en 2023, date à laquelle le réseau sera entièrement automatisé.

Bon, on ne va tout de même pas trop trainer dans le métro, la Corse nous attend !

En fin de journée, il est temps de se rendre à la gare maritime, pour une traversée qui se fera de nuit. Une navette emmène les passagers piétons jusqu'au bateau, et heureusement parce-que celui-ci est amarré assez loin dans le port et ça fait une sacrée distance à parcourir avant de le rejoindre. Les passagers sans véhicules, monteront à bord les derniers, une fois toutes les voitures embarquées. Le Jean Nicoli, n'est pas le plus gros des bateaux de la flotte de Corsica Linea, mais il peut tout de même embarquer 1300 personnes. En ces temps de Covid, son bar et son restaurant son fermés et n'assurent que des ventes à emporter, sa piscine extérieure est aussi fermée, mais vu que la température sur le pont ne s'élève guère au dessus de 3 ou 4 degrés, ce n'est pas vraiment un problème. Pour le voyage, les passagers ont le choix entre le mode économique qui consiste à passer la nuit dans un fauteuil dans l'un des salons du bateau, la location d'une cabine classique, voire d'une cabine de luxe, la différence entre les deux étant que vous disposerez soit d'un vrai lit, soit d'une couchette du type de celles que vous pouvez trouver dans les trains de nuit. D'ailleurs dans ces couchettes, la sensation ressemble un peu à celle que l'on ressent dans celle des trains de nuit. Vous êtes bercé par le ronronnement du moteur, vous n'avez pas forcément l'impression de vous déplacer vraiment, et vous vous laissez bercer.
Par contre de temps en temps ça secoue un peu plus fort, surtout quand les effets de la tempête Bella commencent à se faire sentir au large, et quand vous sentez votre tête descendre plus bas que vos pieds, vous vous dites que finalement, vous seriez sans doute mieux, dans un train couchette.

Mais le bateau accoste sans problème et à l'heure dans le port d'Ajaccio, et on va pouvoir enfin continuer la première partie de notre voyage sur les rails. Première partie, car je vous proposerais d'autres reportages tournés pendant ma semaine en Corse, sur les autres sections de ligne, notamment celle de la Balagne, dans le courant de cette saison d'Aiguillages. Et également un reportage pour les amateurs sur le matériel historique préservé par le Cercle Ferroviaire Corse, les fameux autorails ABH, mais pas seulement.

ça faisait plus de 10 ans que je n'avais pas mis les pieds en Corse, la dernière fois c'était en 2009, j'avais tourné alors l'un des tous premiers reportages vidéos d'Aiguillages, qui avait démarré quelques mois plus tôt sous la forme d'un podcast, donc uniquement du son, et la conclusion de ce reportage c'était que de nouveaux autorails, les AMG 800 allaient bientôt entrer en service.

C'est donc bien à bord de différents AMG 800 que j'ai pris place pour effectuer tous mes déplacements ferroviaires durant ces quelques jours en Corse. AMG veut dire Autorail Métrique Grand Confort, 800 c'est un peu technique, c'est pour la puissance que ses moteurs délivrent en kw. Ce sont des autorails qui ont été spécialement conçus pour le réseau Corse, même s'ils ont connus des débuts laborieux puisque annoncés pour 2008, ils ont finalement été progressivement mis en service entre 2011 et 2013 après avoir du subir sur place quelques modifications pour les adapter vraiment à la réalité des lignes qu'ils avaient à parcourir. Aujourd'hui 12 autorails de ce type assurent la quasi intégralité du service à l'exception de quelques allers-retours sur la ligne de la Balagne qui sont encore assurés par leurs prédécesseurs. Les différentes liaisons sont opérées par une société d'économie mixte les Chemins de Fer Corses qui a été créée par la Collectivité de Corse qui est propriétaire des voies et du matériel. Pour les touristes qui désirent comme moi découvrir la Corse en train, il existe une offre tout à fait intéressante, le Passe Liberta, qui pour 50 euros vous permet de vous déplacer à volonté sur le réseau pendant 7 jours, sachant que dès lors que vous faites un aller-retour longue distance par exemple entre Ajaccio et Bastia ou Ajaccio et Calvi, vous l'avez déjà pratiquement amorti.

Ce passe porte bien son nom, Liberta, je pense qu'il n'y a pas besoin de traduire, vous pouvez monter ou descendre n'importe ou, changer d'avis en cours de route, vous présentez votre petit carton jaune au contrôleur et au moins il sait que vous êtes un touriste.

Le côté pratique de la chose, c'est que le contrôleur vous demandera alors ou vous souhaitez aller et il viendra vous voir pour vous prévenir que c'est là qu'il vous faut descendre, et parfois changer de train en fonction de votre destination. Sur les lignes, pas mal d'arrêts sont facultatifs, autant dire que si vous ne connaissez pas et que le train n'est pas parfaitement à l'heure, vous n'avez plus grand chose pour vous repérer, ha si, le système d'annonce lumineux.

Alors là, c'est pas gagné, je ne l'ai vu fonctionner que dans un seul train sur tous ceux que j'ai pris dans la semaine.

Sur cette partie de voyage que j'ai fais entre Ajaccio et Corte, j'avais de toutes façons beaucoup mieux, Pierre Benigni, c'est le secrétaire du Cercle Ferroviaire Corse qui connait la ligne sur le bout des doigts. On le retrouvera dans un autre reportage pour parler histoire et préservation du matériel ancien des Chemins de fer Corses. Depuis que nous sommes parti d'Ajaccio, le paysage a déjà beaucoup changé. Les palmiers du bord de mer ont cédé la place à différentes variétés de feuillus, puis aux pins. C'est que notre train à pris de l'altitude. Il va monter jusqu'à 906 mètres, qu'il atteindra à la gare de Vizzavona sur la commune de Vivario.
Dans ce secteur, ou la voie ferrée a du être construite au cœur de la montagne, les ouvrages d'arts se multiplient. Les plus connus étant le pont Eiffel qui permet de franchir le Vecchio, 100 mètres au-dessus de l'eau, la double boucle de Vivario qui permet de gagner près de 400 mètres d'altitude en 13 km, et le tunnel sous le col de Vizzavona, le plus long du réseau avec ses 3917 mètres. Ici les déclivités se situent toutes entre 20 et 30 pour mille, autant dire que l'on entend mugir les moteurs de l'autorail.

D'ailleurs quand le conducteur passe une vitesse, ça fait du bien aux oreilles.

Une fois la ligne de partage des eaux franchie, le conducteur aura plus la main sur le frein que sur l'accélérateur, et notre train va se laisser doucement glisser jusqu'à Corte, la capitale historique et culturelle de la Corse. Une petite ville d'un peu moins de 8000 habitants, installée en étages sur un piton rocheux et dominé par une citadelle. Corte se situe à peu près à mi-chemin entre Bastia et Ajaccio et elle est le siège de l'université de Corse, et de différentes administrations régionales du fait de sa position centrale et du rôle qu'elle a joué dans le passé, ce qui draine vers cette petite ville, une bonne partie des voyageurs empruntant le train. Pour moi, c'était aussi un point de chute idéal pour mes futures explorations ferroviaires dans l'île, c'est donc là que je me suis posé pour quelques jours et que je vous récupèrerais pour vous inviter à me suivre dans d'autres parcours sur les rails Corses, dans de prochains numéros d'Aiguillages.

Pour terminer celui-ci, je vous signale la sortie du nouveau numéro de la revue Chemins de Fer Régionaux et Tramways, éditée par la FACS – Patrimoine Ferroviaire, à la une de cette édition, les 50 ans du RER. Vous retrouverez également la suite de la saga de la revue de la FACS, les pages modélisme de l'UAICF, et des nouvelles des chemins de fer touristiques, du réseau ferré national, des métriques, des tramways et de l'étranger. Je vous retrouve la semaine prochaine pour de nouvelles aventures sur les rails.





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