De Grenoble à Gap sur la ligne des Alpes
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De Grenoble à Gap

sur la ligne des Alpes

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De Grenoble à Gap sur la ligne des Alpes

Transcription :

Bonjour et bienvenu dans Aiguillages ! Je vous invite aujourd'hui à une balade ferroviaire qu malheureusement on ne pourra pas refaire de sitôt, car la ligne que j'ai parcourue il y a quelques jours à peine par une magnifique journée d'automne qui plus est, est malheureusement maintenant fermée pour une durée de deux ans, liées à des travaux. Il s'agit de celle que l'on appelle la ligne des Alpes, qui reliait à l'origine Lyon à Marseille, en passant par Briançon , je l'ai parcourue de Grenoble à Gap, en m'arrêtant plus longuement à Veynes.

De magnifiques paysages, des panoramas sur les Alpes et le Trièves, des tunnels qui s'enchaînent à n'en plus finir et débouchent sur de nombreux viaducs, voilà ce qui nous attends tout au long de ce voyage.

La ligne des Alpes serpente au travers du Dauphiné, et chevauche les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur, ses origines remontent à 1863. Cette année là, le gouvernement concède à la compagnie du Paris-Lyon-Méditérannée la construction et l'exploitation d'une ligne entre Grenoble et Gap. Le tracé retenu, passera par le col de la Croix-Haute. Au départ de la capitale du Dauphiné, elle sera établie tronçon par tronçon entre 1864 et 1878. Pour l'emprunter, je me rends en début d'après-midi à la gare de Grenoble. Devant celle-ci un bruit bien caractéristique me chatouille les oreilles. Il ne me faut pas bien longtemps pour en identifier l'origine. Dans cette ville, le tramway a fait un retour remarqué dès 1987. Elle fut la deuxième de France après Nantes a reconstruire un réseau ferré urbain. Il compte aujourd'hui 5 lignes s'étalant sur une 40aine de km et desservant une 10 aine de communes. La gare, est bien évidement un passage obligé pour plusieurs des lignes de ce réseau. Je ne vais pas traîner trop longtemps ici, il ne s'agirait pas de rater le train, car même s'il me serait possible d'en prendre un autre un peu plus tard dans la journée, à la veille de ce week-end de changement d'heures, une grande partie du trajet risquerait de se faire de nuit, ce qui serait dommage s'agissant de profiter du paysage et des couleurs de l'automne. Sans plus tarder, je monte à bord de l'autorail de type X 73000 qui m’emmena à Gap. La ligne est exploitée conjointement par deux régions, ce qui peu être à l'origine de quelques complications lorsque vous voulez bénéficier des offres tarifaires de l'une ou de l'autre. Auvergne-Rhône-Alpes, proposant par exemple des tarifs intéressants pour des déplacements à deux, le week-end ou pendant les vacances scolaires, mais qui ne sont valables que sur son territoire. Vous avez peut-être intérêt alors, sur ce type de ligne, à couper votre voyage en deux, en faisant l'acquisition d'un billet entre deux gares de la région Rhône-Alpes, ici par exemple entre Grenoble et Clelles-Mens ou Lus la Croix-Haute, et en achetant un autre billet pour poursuivre votre voyage. Pour peu que vous possédiez une carte de réduction, comme une carte avantage week-end par exemple, ça vaut aussi le coup de vérifier qu'il n'est pas plus intéressant de l'utiliser en achetant directement un aller-retour pour le trajet complet, mais vous verrez alors, que certains trains qui circulent pourtant et ne doivent pas être bien pleins à certaines heures, ne vous seront pas accessibles dans ces conditions. J'ajoute une petite complication supplémentaire, et c'est du vécu. Si vous voulez être sur de faire l'intégralité du trajet en train, et bien attention, l'une des deux régions peut décider sur l'un ou l'autre des horaires de faire circuler un bus sur son territoire. Pour moi c'était le cas pour le voyage retour ou la région PACA avait fait le choix de ne pas affecter de train, mais un bus entre Veynes et Clelles-Mens, gare jusqu'à laquelle, la région Auvergne-Rhône-Alpes faisait quand à elle monter un autorail pour récupérer notamment pas mal de randonneurs et leur permettre de redescendre à Grenoble en fin de journée. Qui a dit qu'il était facile de prendre le train ?
Le mien en tous les cas est bien parti de Grenoble, à l'heure, et s'est engagé sur les premiers kilomètres de la ligne qu'il a rejoint peu après la sortie de la gare. Sans surprise les premiers km sont parcourus dans une zone fortement urbanisée puis industrialisée. Des emprises industrielles s'étendent sur des km et certaines sont embranchées. Nous doublerons d'ailleurs un convoi de citernes qui n'attendait que le passage de notre TER pour s'engager à son tour sur la ligne et nous emboiter le pas, en marche à vue, jusqu'à la gare de Pont de Claix. C'est au delà de cette gare, et après un arrêt à celle de Jarrie-Vizille que le voyage devient véritablement intéressant pour nous avec une halte en gare de Saint-Georges de Commiers.
Pour les connaisseurs, il s'agit de la gare de départ de l'ancien parcours du Chemin de Fer de la Mure dont on aperçoit du reste en passant quelques vestiges. C'est un endroit ou je reviendrais sans doute dans quelques temps, car il est annoncé pour le printemps prochain, la reprise des circulations sur une partie de la ligne, au départ de La Mure. Mon train s'arrête une nouvelle fois pas très loin de là à Vif, puis se lance dans une section relativement plus longue qui le conduit à Monestier-de-Clermont. Après vif, mon autorail s'engage dans un tunnel en forme de S, celui du Grand Brion. Il permet à la ligne de franchir un important dénivellé. D'une longueur d'1km 175, il était le cauchemar des équipiers de locomotives à vapeur qui à l'intérieur devait porter un masque, non pas pour les raisons que l'on connaît aujourd'hui, mais pour palier à un manque d'oxygène.
C'est véritablement à partir d'ici que la partie la plus agréable du voyage commence. La voie a dores et déjà pris un peu d'altitude, les panoramas sur les Alpes se multiplient et le parcours va devenir beaucoup plus accidenté. Pour grimper jusqu'à Clelles-Mens la ligne décrit plusieurs grands virages et commence à enchaîner passages sur des viaducs et en tunnels. Si vous disposez d'un peu de temps, un arrêt à Clelles-Mens en vaut la peine. La gare se trouve au débouché d'un tunnel, dans une légère courbe et offre une vue imprenable de carte postale sur le Mont Aiguille. L'une des 7 merveilles du Dauphiné. C'est une dent qui appartient à une avancée du massif du Vercors, au sud du département de l'Isère et à la limite du Trièves. La gare se trouve à 831 mètres d'altitude. Elle possède une voie d'évitement et deux de service. Sur l'une d'entres-elles était stationnée lors de mon passage, un chasse neige qui n'avait pas encore eu l'occasion de reprendre du service. Cette gare est un point de départ idéal pour de nombreuses randonnées. En revanche, en dehors de quelques fermes, vous n'y trouverez pas grand chose, la commune la plus proche, Mens, se trouvant à 3km, pouvant être rejointe à pied par un sentier de randonnée. Je vais opter quand à moi pour un arrêt en cette gare, puisqu'un autre train un peu plus tard dans la journée me permettra encore de rejoindre Gap. A l'époque ou je l'emprunte, cette voie est véritablement en fin de vie et les ralentissements imposés sont nombreux. Ça va que je fais ce trajet pour le plaisir et que je ne suis pas particulièrement pressé de rejoindre ma destination. En ce vendredi, pas mal d'étudiants montés à Grenoble rejoignent leur domicile, pour eux, le trajet semble sans doute bien long. Sur plusieurs sections de son parcours le train ne peut pas dépasser les 40 km/h, et au-delà de Lus la Croix-Haute, nous rencontrons même une zone relativement longue ou le franchissement d'un pont impose une limite à 10 km/h. Il reprendra au-delà une vitesse normale. Au niveau de la gare d'Aspres sur Buëch, la ligne provenant de Grenoble, rejoint celle du Livron à Veynes. Jusqu'à cette prochaine gare, les deux voies sont posées l'une à côté de l'autre, donnant l'illusion d'une double voie, alors que les trains roulent chacun sur la leur en fonction de leurs destinations. Les bâtiments caractéristiques d'une cité cheminote construite par le PLM m'informent de mon arrivée à Veynes. Histoire d'aller jusqu'au bout de cette partie de la ligne, je resterais dans le train jusqu'à Gap, même s'il faut bien l'avouer, en comparaison du trajet que je viens de réaliser, cette dernière section, toute en ligne droite et quasiment plate, présente moins d'intérêt que la précédente. Je ne ferais qu'un très bref passage dans la capitale des Hautes-Alpes, en fait, juste le temps de descendre de l'autorail qui m'y a amené, et de changer de quai pour reprendre un train en provenance de Briançon et à destination de Manosque. Car mon autre objectif en faisant ce voyage sur la ligne des Alpes, était de partir à la découverte de Veynes. Je vais donc revenir de 25 km en arrière sur mes pas et m'arrêter plus longuement en gare de Veynes-Devoluy. Celle-ci constitue en effet un véritable nœud ferroviaire situé sur les axes Grenoble/Valence et Marseille/Briançon, on l'appelle, l'etoile de Veynes, et certes si l'on ne voit plus des hordes d'ouvriers se rendre au dépôt en empruntant l'avenue de la gare, la ville à gardé la trace de son passé cheminot. On peut la visiter en suivant un parcours intitulé Au fil du rail. Il conduit le visiteur jusqu'à un mur peint qui rappelle ce prestigieux passé ferroviaire. Pas loin se trouve le buste d'un enfant du pays, Adrien Ruelle, l'ingénieur qui est à l'origine de la création du dépôt et de l'étoile de Veynes auxquelles la ville doit son expansion au XIXème siècle. Toute cette histoire, vous sera racontée à l'écomusée du Cheminot Veynois qui se trouve juste à côté de la mairie, et ou j'ai moi même vous l'imaginez bien passé un petit peu de temps. Mais il y aurait tant de choses à vous raconter, que ce lieu fera l'objet d'un autre reportage que vous trouverez prochainement dans Aiguillages.
Il me reste à vous rappeler la sortie du nouveau numéro de Chemins de Fer Régionaux et Tramways, édité par la FACS – Patrimoine Ferroviaire qui est désormais partenaire d'Aiguillages et je vous retrouve la semaine prochaine, pour de nouvelles aventures sur les rails.

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