Des nouvelles de la 231G558 du Pacific Vapeur Club
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Des nouvelles de la 231G558

du Pacific Vapeur Club

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Des nouvelles de la 231G558 du Pacific Vapeur Club

Transcription :

Bonjour et bienvenu dans Aiguillages ! Des nouvelles d'une des rares locomotives à vapeur à pouvoir encore circuler régulièrement sur le réseau ferré national, la 231G558 du Pacific Vapeur Club. Je vais me rendre virtuellement à Rouen, pour un voyage non moins virtuel jusqu'à Dieppe au crochet de cette locomotive. Les images de ce reportage ont été tournées par Victor Achilli de la chaîne Vic 39, que je remercie. La princesse comme l'appellent ceux qui veillent amoureusement sur elle effectuait là, l'un de ses tous derniers trajets avant de repartir pour une longue période de révision qui l'amènera à revenir toute fringante pour fêter son centenaire.

Au petit matin, à Sotteville les Rouen, sur le site qu’occupe le Pacific Vapeur Club c'est l'agitation des grands jours. Dans quelques minutes la rame historique de l'association s'élancera sur les voies pour un voyage jusqu'à Dieppe, derrière sa locomotive fétiche, la 231G558.

Mais en attendant, place aux derniers préparatifs. La rame est attelée à la locomotive qui dans ce sens de circulation devra rouler tender en avant, et par conséquent à vitesse réduite. Il lui faudra dans ses conditions un peu plus de deux heures pour parcourir les 70 km qui séparent Rouen de Dieppe, un trajet que les TER effectuent en temps normale en ¾ d'heure environ. Mais qu'importe, l'essentiel ici c'est bien de prendre le temps de revivre l'art du voyage comme on savait le pratiquer du temps de la vapeur. La rame historique est constituée de voitures de type OCEM des années 30.
L'Ocem, c'est l'Office Central d'Etudes de Matériels de Chemins de Fer qui avait été constitué après la première guerre mondiale dans le but de fabriquer du matériel roulant normalisé. Rappelons qu'à cette époque la SNCF n'existe pas encore et que les lignes de chemins de fer sont exploitées par des compagnies privées. L'Ocem les fournira notamment en voitures et fourgons métalliques conçus pour les grandes lignes et produira également bon nombre de voitures postales. Le Pacific Vapeur Club possède l'une d'entre elles qu'elle a aménagé en voiture exposition. Les voyageurs prennent place à bord de 5 voitures de seconde classe ou d'une de première ou le service est amélioré.

Au niveau du confort, le service c'est génial ! Déjà, on a été accueilli ce matin avec des petits choux, le café … Je pense pas que ça soit prévu en 2nde classe. Mais en première classe, non, c'est génial et puis le confort des sièges, ça rappelle les compartiments d'autrefois. En plus on est dans le premier compartiment, donc on a été les premiers à réserver, c'est super, aucun regret !

La rame intègre également un ancien fourgon mixte comprenant 4 compartiments et un demi-fourgon qui a été transformé en voiture bar. Au total elle dispose d'une capacité de 448 places assises. Cette rame circule régulièrement au départ de Rouen. A l'été 2019, elle a ainsi assuré toute une série de services dit de TER à vapeur. Mais l'une des destinations ou elle se rend le plus souvent c'est Dieppe, ce qui permet à ses passagers d'aller passer une journée en bord de mer d'où elle ne repart qu'en fin d'après-midi. Lorsque la locomotive à vapeur n'est pas disponible, c'est une machine diesel qui assure ces trains spéciaux. La 231G558 a 98 ans cette année. Pour être sur qu'elle puisse fêter son centenaire en étant en chauffe, elle va de nouveau devoir passer en révision. Une nouvelle éclipse de quelques mois, alors que son retour sur les rails depuis sa précédente longue immobilisation n'est finalement pas si vieux que ça.

2018 ! Nous l'avons remise en circulation en 2018, après effectivement 10 années d'arrêt suite à une problématique essieu. La problématique essieu, c'est ce qui a déclenché l'arrêt de la machine en 2008, avec des travaux derrière pour travailler sur la boîte, puisque c'était une boîte chaude, la machine était prête en 2015, je crois me souvenir, elle était prête à être remontée, l'essieu était revenu, tout était ok, sauf que l'on a découvert un voile qui était associé au bandage, il a fallut tout re-démonter et c'est effectivement à cette époque là qu'elle est partie, enfin que l'essieu est parti à Meninghen pour remise d'un bandage neuf. Les travaux ont pris du retard, mais également associé à Meninghen qui en fait à eu du mal à avoir les cahiers des charges, enfin, il y a eu un flou, il y a eu des longueurs sur les travaux de Meninghen par rapport à l'agrément de l'atelier de Meninghen et par rapport à la consistance des travaux. Il y a plusieurs associations qui ont été dans ce cas là comme notamment le CFTLP à Limoges qui eux ont attendu leurs essieux plusieurs années. Nous, on a eu la chance sur Meninghen d'avoir un calendrier pas très long en fait de 18 mois, même pas 18 mois qui a été tenu. Quand l'essieu est parti à Meninghen on savait quand est-ce qu'il allait revenir, à l'inverse du CFTLP.

Cette période d'arrêt a été mise à profit pour réaliser d'autres travaux sur la machine, mais l'objectif de Frédéric Polbos devenu président du Pacific Vapeur Club en 2015 était de la faire rouler de nouveau dès que possible, car il avait en tête le faite que le calendrier ne jouait pas en la faveur de l'association.

Le strict nécessaire, à savoir la distribution, parce-que l'on avait quand même quelques difficultés avec la distribution, quelques entretoises, mais ça c'est courant, c'est habituel, et par contre il fallait absolument qu'elle revienne sur le circuit pour un agrément, à date en début 2018, sinon, je ne pouvais pas le remettre en service avant le passage en CUU et je perdais 18 mois. Et je savais que j'avais la chaudière à retimbrer en 2020, ce qui nous aurait donc obligé à ne pas rouler entre 2018 et 2020, et là je prenais donc quasiment 14 ans d'arrêt, ce qui était dévastateur pour les équipes. C'était une démotivation totale, les 10 années ont été destructrices pour quelques uns d'entre eux et pour la motivation de la troupe. Et ces deux années par contre de circulation depuis 2018, enfin c'est pas deux années pleines mais presque, nous ont permis effectivement de souffler, de repartir, de remotiver les équipes et aujourd'hui on a une belle machine qui fonctionne et des équipes qui sont vraiment à bloc et qui sont prêtes surtout à affronter ces deux années de travaux avec les incertitudes associées.
Rappelons quand même que sur ces 18 mois de retour de 2018 à 2020, nous avons quand même fait la commémoration du cinquantième anniversaire de son dernier train à Nantes, six jours assez fantastiques quand même, commémoration associée également au centenaire de l'atelier qui l'a vu naître, on l'a ramené pour ses 50 ans de dernier train, sur son lieu de naissance, elle a bientôt 100 ans et nous avons quand même fait deux circulations avec l'Orient Express et ça c'est pareil, c'est des souvenirs …, c'est magique ces deux circulations là !

De quoi pour les équipes retenir leur souffle pour un nouveau grand saut de 2 ans hors des voies, durant lesquels c'est cette fois-ci la chaudière de la machine qui va être passée au crible.

C'est l'occasion de vérifier beaucoup de choses … avec des incertitudes puisqu'il y a des parties notamment de la chaudière que l'on ne voit pas avec les tôles en fonctionnement normal. Il y a quand même 840 entretoises je crois à vérifier. Alors, elles ne sont pas toutes à refaire, mais il faut quand même partir du constat que peut-être elles seront toutes à refaire. Il y a des tubes effectivement, il y a la plaque tubulaire et en même temps, comme on l'a rarement la machine en morceaux comme ça, cabine démontée, chaudière déposée, châssis à nu, il faut profiter de ça pour dire il faut qu'elle reparte pour 15 ou 20 ans. On va pas faire ce genre d'opérations tous le 6 mois ou tous les ans, c'est pas possible en fait, tant financièrement que techniquement. Le devis, il est effectivement important, il se chiffre en plusieurs centaines de milliers d'euros, je souhaite qu'une chose c'est qu'il soit revu à la baisse, au fur et à mesure de l'avancée des travaux et de l'arrivée des devis et en même temps par le fait est que quelques opérations seront quand même effectuées par mes équipes.

Dans la ligne de mire de Frédéric Polbos et des autres bénévoles du Pacific Vapeur Club, il y a l'année 2022, qui sera très spéciale pour la 231G558, puisque cette dernière représentante des locomotives à vapeur Etat de type Chapelon fêtera alors son centenaire.

Le souhait que nous avons tous, c'est d'arriver en 2022, au centenaire de la Pacific et de pouvoir fêter son anniversaire avec quelque chose d'exceptionnel, de particulier, donc on va dire qu'il faut qu'elle soit sur roues et retimbrée, pour le 4ème trimestre 2022 au plus tard.
En attendant, les activités publiques du Pacific Vapeur Club ne seront pas suspendues pour autant, bien au contraire, Frédéric Polbos a même pas mal d'idées de voyages qui pourraient être organisés en 2021 et 2022 en attendant le retour de la vapeur.

J'ai la chance d'avoir eu mes prédécesseurs qui en parallèle de sauver la machine, ce sont dit, c'est bien beau de sauver une machine, mais il faut une rame qui va avec, et on a à côté de chez nous à Sotteville, une rame historique avec les voiture OCEM notamment, et voilà, ils ont eu cette clairvoyance là, même si aujourd'hui ils regrettent de ne pas avoir sauvé de voitures saucisson, certes, mais cette rame elle existe, elle est aussi magnifique avec une 25200, elle est tout aussi magnifique avec un 68000, elle est tout aussi magnifique avec un 72000 ou même un 67400 rouge, on va dire ça aujourd'hui, a nous de faire perdurer ce que l'on a mis en place, parce-que les trains c'est pas que la Pacific, c'est aussi des voitures historiques. La première classe dans laquelle je suis assis aujourd'hui en témoigne, c'est une superbe voiture, donc ça c'est pareil, on doit continuer à vivre, à exister à montrer ce que l'on a mis en place depuis plusieurs années, à faire des trains historiques, avec un diesel historique pourquoi pas, et aller surtout dans des secteurs, sur des lignes qui ne nous sont pas ouvertes aujourd'hui avec la Pacific. Je citerais par exemple Cherbourg, Cherbourg avec la Pacific ce serait magique, avec la gare maritime, parce-que ça … mais j'ai un parcours de tonnage qui est beaucoup trop lourd pour l'envisager aujourd'hui avec la Pacific, avec un diesel historique, nous pouvons aller à la Cité de la Mer à Cherbourg, ce qui nous est interdit avec la vapeur. Soyons innovants, amusons nous, faisons-nous plaisir … sur des destinations qui ne nous sont fermées aujourd'hui !

Le Pacific Vapeur Club a été créé en 1983 avec comme objectif la remise en circulation de la locomotive. Elle a réalisé son voyage inaugural 3 ans plus tard le 29 juin 1986 en se rendant de Soteville les Rouen à Paris Saint-Lazare. Depuis l'association est constituée d'une 40 aine de membres

Une quarantaine, entre 40 et 50 bénévoles au gré des années parce-que ces bénévoles actifs comme ont les appelle, certains sont là depuis le début, depuis 83, 86, vieillissent … Aujourd'hui ce sont des gens qui ont 70/80 ans. Donc, cet effectif là diminue. Mais la bonne nouvelle, c'est que j'ai effectivement des jeunes qui arrivent, qui prennent la relève qui écoutent les anciens. Et les anciens sont parfois un petit peu dur on va dire avec, mais acceptent volontiers. Et le renouvellement des équipes est effectivement en cours. Et je reconnais volontiers que je pense que je suis chanceux dans le périmètre des associations dans la mesure ou j'ai une bonne équipe et une grosse équipe, et on est capable effectivement de retourner en très peu de temps des situations. Il y a une réactivité aujourd'hui qui est très forte, même si parfois je crie un peu, je suis pas content, mais au fond de moi-même je suis quand même très satisfait des équipes que j'ai avec moi.

Et si Frédéric Polbos vit le Pacific Vapeur Club avec autant de passion, c'est que la 231G558 l'a suivi une bonne partie de sa vie.

Je me souviens, j'avais 17 ans, j'étais à l'apprentissage SNCF de Quatremarre et cette machine qui était en travaux de remise en service, dans les années 85/86, nous avons avec ma promotion d'apprentissage refait la pompe à air. Et je l'a revoie encore aujourd'hui sur l'établi, quand nous avons branché le pneumatique pour faire démarrer le compresseur. Donc, il y avait ça, et elle a toujours été à côté de chez moi. Moi j'ai roulé au dépôt de Sotteville, à partir de 1990, à l'époque elle était là, elle était abritée, elle était dessous. Je l'ai fais. Je me suis même permis le luxe de l'affrêter en 1998 pour mon mariage, ou j'ai affrêté le train avec les équipes, ça c'est un souvenir fabuleux ! Vous vous imaginez, toute la famille à bord, pas de voiture balai, tout le monde embarque dans le train, on s'arrête à Longueville sur Scie, sur la ligne de Dieppe, à 14 km de là ou nous sommes aujourd'hui. L'église à gauche, la mairie à droite. Tout le cortège se déplace dans le village, nous traversons la voie pour aller à l'église, pendant ce temps là les équipes restent dessus, les trains croisent, ça siffle, à l'église, le curé ça le fait rire, voilà, j'ai cette histoire là ! Après, dans ma carrière professionnelle, après être conducteur je suis passé dans l'encadrement, donc cadre traction, je l'ai pilotée pendant des années ! Pendant 4 ou 5 ans. Je l'ai toujours vue, toujours connue. Forcement, quand mon prédécesseur, le 6 ème président du PVC me demande, il veut passer la main, il me demande, il me dit tu dois prendre la suite, je ne peux pas dire non. Surtout que j'avais tous les projets que j'ai mis en place un peu aujourd'hui, je les avais déjà. C'est l'utilisation de la machine, les trajets … Je ne pouvais pas passer à côté en fait, je ne pouvais pas dire, le PVC aujourd'hui je ne m'y retrouvais pas, et pas en prendre les commandes, c'était pas concevable ça !

Outre concernant la machine, Frédéric a encore pas mal de projet en tête à propos du Pacific Vapeur Club. Aujourd'hui les voyages à Dieppe ne peuvent se faire que tender à l'avant pour le voyage aller, car le triangle de retournement qui existait a été déposé. Il travaille avec la SNCF et se partenaire sur le projet de repose d'un pont tournant, un projet qui permettrait selon lui de développer le tourisme sur le secteur grâce aux trains du PVC traversant la vallée de la Sy, une ligne sans caténaire et très bucolique qui convient tout à fait à la circulation de ses trains historiques. En attendant son retour sur les rails en 2022 si tout va bien, la machine devrait être présentée au public à différentes occasions pendant la durée du chantier. Vous trouverez plus d'informations sur ce sujet et les autres projets et voyages proposés par l'association le temps venu sur le site du Pacific Vapeur Club, pvcasso.fr. Et merci encore à Victor Achilli qui a tourné les images de ce reportage et qui a permis la réalisation à distance de l'interview de Frédéric Polbos, je vous signale pour terminer que Victor est également l'auteur d'un très beau documentaire sur le Pacific Vapeur Club que vous trouverez sur sa chaîne Vic39. Je vous mets le lien en description sous ce reportage.








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