L'impression 3D au service du modélisme ferroviaire

L'impression 3D au service

du modélisme ferroviaire

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L'impression 3D au service du modélisme ferroviaire

Transcription :

Bonjour et bienvenu dans les Rendez-vous du Lundi d'Aiguillages, on va parler de l'impression 3D au service du modélisme ferroviaire en compagnie de quelqu'un qui connaît particulièrement bien le sujet, puisqu'il en a fait son sujet. Je lui doit d'ailleurs la création de cette borne ou encore de ces portes-clés à l'effigie d'Aiguillages, des objets d'ailleurs que vous retrouverez parmi d'autres désormais sur l'Aiguilloshop, c'est la mini-boutique du site d'Aiguillages, et pour en revenir à notre sujet, j'ai rencontré dans son atelier de Plougastel, tout au bout de la pointe bretonne, Cyrille Castellant des éditions Les Riches Heures.

A l'origine, les éditions les Riches Heures produisaient des DVD culturels et éducatifs parlant d'histoire et de patrimoine architectural, dans chaque DVD se trouvait une maquette à imprimer et à monter. Le marché du DVD s'étant écroulé, Cyrille est revenu à ses premières amours, le modélisme ferroviaire et c'est lancé dans la conception de bâtiments imprimés en 3D.

L'impression 3D, vous connaissez sans doute déjà un peu, je vous ai déjà parlé dans Aiguillages de ce que l'on pouvait faire avec une imprimante à fil ou à résine, avec Cyrille aujourd'hui, on va aller beaucoup plus loin, car au delà de ces techniques accessibles aux particuliers, il en existe bien d'autres, forcément plus méconnues mais qui ouvrent des perspectives forts intéressantes pour qui cherche à innover un peu sur son réseau. L'impression 3D met au service de ceux qui s'y intéressent des machines et des matières aux possibilités quasiment infinies.

La première, ça, c'est ce que je fais sous-traiter, c'est de la poudre soudée au laser. C'est un matériau qui a des bonnes qualités mécaniques, qui ne bouge pas avec le temps, mais qui a un petit côté granuleux quand même qui pour la représentation des pierres ne pose pas de problème, mais pour des surfaces métalliques par exemple, n'est pas optimal. Ici, c'est une portion de la gare de Nantes. Voilà ce que donne un modèle en poudre, c'est un chapelle bretonne, si on veut plus de précisions pour cette gare en N j'utilise une autre matière qui est de la résine imprimée dans une sorte d'imprimante jet d'encre, mais qui au lieu d'envoyer de l'encre envoie de la résine qui est soudée couche par couche, avec des rayons UV. On a chaque brique qui est bien modélisée et qui apparaît réellement. Alors, c'est toujours à peindre. Dans certains modèles comme le phare, je combine les deux, la coupole est en résine de précision, et le tronc du phare il est en poudre, qui lui donne ce côté granuleux un petit peu comme de la pierre ou du crépi un peu grossier. Après, il est sorti des machines à poudre avec plus de finesse, comme ici, une machine fabriquée par Hewlett Packard, mais c'est à chaque fois des grosses machines, donc ça, c'est sous-traité. Le pont, il est en résine, c'est quelque chose de très fin, et de léger. Evidement c'est quelque chose d'assez fragile aussi, il ne faut tout de même pas que cela soit trop exposé aux chocs. Et sinon, il existe aussi la possibilité d'imprimer en couleurs, comme cette gare. Alors là, à part les huisseries qui sont rapportées et qui sont imprimées dans un autre matériau, tout le bâtiment est en un seul bloc, en impression 3D et tout sort en couleurs. On distingue parfaitement les joints des briques qui apparaissent clairement. Donc là, il y a juste finalement qu'à monter les huisseries et puis le bâtiment est prêt. Ça peu fonctionner en N aussi. Alors là, il y a l'intérieur qui est aménagé, puisque l'on voit ici l'intérieur du poste d'aiguillage. Donc après, à mettre en valeur avec un éclairage adéquat. Ce matériau couleur, il est proche du plâtre en fait, niveau résistance et densité c'est proche du plâtre, donc c'est quand même plus lourd et ça peut être cassant, alors que ce matériau là est quand même très solide. Pour les plus grosses échelles, ça c'est une maison, un test que j'ai fais en 0. C'est un kit ou je fourni les éléments d'architecture comme les chaînages d'angles, les volets, les fenêtres, et tout le reste de la structure c'est du carton. En façade, on a un crépi en fait, c'est du papier de verre peint, les faces latérales, c'est du Redutex, comme sur les ardoises du toit. Quelques exemples … Un décor inspiré du massif central, principalement tout est en poudre, j'attends encore le bon moment pour faire le petit train qui fera le tour de la pizza ! Ça, c'est du N métrique. Ça roule sur des voies Z. La tour, on voit à l'intérieur, on a même les arcs de la voute de la tour, la chapelle, il y a la petite cloche etc … Tout est d'un bloc et c'est juste à peindre en fait. La gare, c'est en poudre, par contre les huisseries c'est en résine de précision. Comme ce petit wagon. Il n'est pas fonctionnel, mais juste décoratif. Un autre exemple, là c'est un kit, qui permet de représenter le funiculaire du Tréport, dans son état d'origine. Il a une histoire compliquée, il a été remplacé par un téléphérique et finalement on a remis actuellement un funiculaire, mais qui est plus proche de l'ascenseur. C'est des petites cabines qui roulent sur des voies beaucoup plus étroites. Ici, il y a une temporisation. Et là, on va attendre un certain temps, le temps que les voyageurs descendent et remontent … La particularité du funiculaire du Tréport, c'est que la gare supérieure est dans une falaise, si bien que la gare supérieure est cachée. Tout ça, c'est de l'impression 3D couleurs. Je fournis aussi la possibilité d'avoir des pièces à peindre. La difficulté, ici, c'est de détecter l'arrivée en haut de la gare, ça se fait par des I.L.S et par des aimants qui sont installés sous les bancs des cabines. On va passer ensuite à cette gamme là. Ce sont des modèles 3D qui sont destinés à l'impression 3D qui sont mis en couleurs, et sortis sur du papier. Donc, ça fait des livres maquettes. Là, on retrouve exactement cette gare là. C'est des livres maquettes, c'est donc assez basique, ça permet de faire découvrir des maquettes économiques qui ont quand même un rendu assez réaliste. C'est en Z, en N et en HO. Même sur un réseau HO on peut très bien prendre des modèles N pour découper et mettre en fond par exemple, pour créer un effet de perspective. Ici, ça c'est nouveau. Comme la technologie évolue rapidement, maintenant on a des imprimantes 3D qui offrent un haut niveau de qualité pour des coûts quand même plus raisonnables que les grosses machines professionnelles que j'utilisais jusqu'ici. Alors voilà, ici, c'est la même gare, alors, là, elle n'est pas peinte, mais on voit tous les détails, chaque brique est modélisée, chaque pierre, les volets, tous les détails ressortent très bien avec sur les surfaces unies quelque chose de très lisse, mais les strates sont quasiment invisibles. Ça c'est la version N de la chapelle qu'on a vu à côté. On a même les effets de vieux bois que j'ai mis sur les portes. Alors, c'est cette machine là. Le problème, c'est qu'elle a une taille limitée. On pourrait pas sortir cette gare là directement en HO, on serait obligé de la découper en morceaux et là c'est moins facile. Les machines à résine, par rapport aux machines à poudre, il y a des problèmes de support. En fait, dans une machine à poudre, la poudre non soudée sert à supporter au fur et à mesure, la fabrication de l'objet. Là, la résine ne supporte pas. Donc il faut créer des supports ou s'arranger pour que le modèle soit auto-portant. Ça peut poser certains problèmes. Là, par exemple, les gargouilles, elles dépassent. Alors, elles sont suffisamment petites normalement pour se former progressivement sans tomber. Il faut bien penser, que quand elles se forment, elles ne sont pas continues et que l'on ait pas de formation dans le vide, parce-que à ce moment-là, elle va se détacher et tomber au fond du bac, et ça ne marchera pas. Voilà à quoi ça ressemble, c'est assez simple finalement. Là, il n'y a pas le bac à résine, mais normalement ici, il y a un petit bac que l'on remplit de résine, et ce plateau-là va descendre et remonter progressivement, pour former l'objet. Processus qui prend plusieurs heures, ça dépend de la hauteur.

Bien d'autres machines vont rejoindre cet équipement et comme il s'agit de matériel et de matériaux qu'il faut tout de même manipuler avec quelques précautions Cyrille va les installer dans une annexe de sa maison.

Je suis en train de m'agrandir et ici il y aura l'usine avec des batteries d'imprimantes 3D pour sortir tous les modèles qu'il faut, avec une pièce ventilée et climatisée de manière à ne pas incommoder les occupants de la maison.

Parmi ces productions récentes, il existe au catalogue de Cyril, un deuxième kit de funiculaire, inspiré de celui du Capucin qui se trouve au Mont-Dore en Auvergne.

Je cherche en fait à créer des choses qui n'existent pas d'abord, sur le marché, qui permettent d'animer le paysage. Parce-que c'est vrai que quand on a des trains qui bougent c'est bien, mais on aimerait que le reste bouge aussi, pour donner de la vie à un décor qui sinon est assez fixe. Donc ici, c'est le funiculaire du Mont Dore, qui date de 1898, qui est classé maintenant puisque celui-là contrairement à celui du Tréport qui a été refait et refait et défait, celui-là, il garde sa cabine d'origine et ses gares d'origine. Peut-être à part la gare basse qui a du être refaite, mais de façon assez esthétique, sans déparer avec le reste, donc, c'est un petit funiculaire bien sympa. Normalement il y a deux cabines qui se croisent. Là pour des raisons, déjà de place, parce-qu'un évitement ça prend pas mal de place, et aussi technique, je ne le propose pas dans le kit, il y a un client qui a réalisé un évitement apparement, ça fonctionne, il devrait le présenter bientôt, mais là, la ligne fait au moins 2 mètres de long. Donc, on peut le faire, mais il faut être extrêmement méticuleux, la difficulté, c'est pas tellement le guidage de la cabine, c'est puisqu'en fait on a un essieu asymétrique, avec d'un côté un essieu sans boudin et de l'autre un essieu avec double boudin qui va suivre le rail extérieur, mais c'est le guidage des fils. Il faut que le fil, il est sous le plan des rails, et il faut que l'aiguillage soit prévu pour laisser passer les deux fils et c'est ça la principale difficulté. Enfin, bon, ce client là à l'air assez doué, et il y est parvenu. On espère que l'on aura des images bientôt.

Des images que vous pourrez retrouver parmi bien d'autres qui illustrent sur son site, le travail de Cyrille. Le site est accessible à l'adresse richesheures.net. Je vous reparlerais de Cyrille qui m'a présenté son réseau dont vous avez pu voir quelques images en début de reportage et qui a un beau projet d'implanter un espace d'exposition a Plouguerneau à deux pas de la pointe du raz. J'ai pu visiter en avant première la maison qui accueillera cet espace baptisé Bretagne Miniature, et qui fera l'objet d'un prochain reportage dans les Rendez-vous du Lundi d'Aiguillages. D'ici là, je vous retrouve dès jeudi, pour de nouvelles aventures sur les rails.



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