Les Autorails de Touraine
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Les Autorails

de Touraine

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Les Autorails de Touraine

Transcription :

­Bonjour et bienvenu dans Aiguillages ! Je vous présente cette semaine une association qui s'est récemment lancée dans la préservation d'autorails en vue de les faire rouler à des fins touristiques très prochainement sur le réseau ferré national. Il s'agit du CFTST – Autorails de Touraine, basé à Vierzon en région Centre-Val de Loire.

Vierzon, c'est la sous-préfecture du Cher, et un carrefour ferroviaire à la frontière entre la Sologne et le Berry ou se croisent les lignes Paris-Toulouse et Nantes-Lyon. Le chemin de fer l'a desservie dès 1847. A cette même époque plusieurs entreprises produisant du matériel agricole des batteuses, des locomobiles et des tracteurs, s'y installent, en faisant un haut lieu de la vapeur.

Mais c'est sur du matériel datant d'une époque beaucoup plus contemporaine que les membres de l'association Autorails de Touraine ont jeté leur dévolu, puisqu'il s'agit de deux autorails de type X2100 dont une 50aine d'exemplaires a été construit au début des années 80. Tous ont désormais été retiré de la circulation, les deux derniers au printemps 2018, ayant été confiés à l'association. Au total une 10aine de ces engins sont désormais préservés en France, mais seuls les deux basés à Vierzon devraient avoir vocation à rouler de nouveau sur le réseau ferré national.

Je vous propose de faire connaissance avec Antoine, l'un des membres actifs de l'association qui a adopté ces autorails.

Ce matériel là, il a un potentiel touristique immense, c'est à dire que c'est un petit autorail, très court, c'est vraiment l'héritier des autorails Picasso, des autorails des lignes secondaires qui parcouraient toute les lignes secondaires françaises. Ça a son côté assez entre soi, on peut recréer une très bonne ambiance touristique à bord et pour moi c'est vraiment adapté aux chemins de fer touristiques. La disposition de l'autorail avec des cabines de chaque côté, permet de sillonner toutes les lignes de France à voie normale sans aucun souci, et effectivement, ça à beau ne pas être un matériel historiquement révolutionnaire et qui parle à tout le monde, ça reste un petit autorail très attachant et très adapté à l'exploitation touristique que l'on aimerait lui faire faire. C'était des autorails, au moment ou on cherchait du matériel, qui était en cours de réforme. On s'est immédiatement placés pour récupérer des X2100 et on est la seule association qui en conserve pour circuler sur le réseau ferré national, il y en a d'autres qui ont été préservés par des chemins de fer touristiques, mais effectivement l'occasion se présentait pour nous et on a sauté dessus immédiatement, mais se serait beaucoup moins vus préserver d'autres autorails plus anciens, qui ont déjà eu une longue période hors service commercial et dont le travail de restauration pour le RFB aurait été beaucoup plus conséquent, et effectivement, ils s'y prête tout à fait et on est très heureux d'avoir ces X2100 qui seront bientôt près à assurer un service pour des circulations occasionnelles sur le RFN. Ils sont arrivés dans l'association le 1 mai 2018, c'est à dire au moment même de leur réforme, ils sont arrivés en autonomes du dépôt du Mans ou ils étaient stockés.

Antoine, au moment ou il nous parle est installé à bord du X2124 qui a débuté sa carrière au dépôt de Lyon Vaise. Il assurait des dessertes sur la ligne des Causses et celle des Alpes, des lignes dont je vous ai parlé récemment dans Aiguillages, mais très vite dès 1985, il a rejoint le dépôt de Rennes a partir duquel il a parcouru toutes les lignes de Bretagne, et une partie de celles de la Normandie. Il prenait régulièrement ses quartiers d'été entre Auray et Quiberon, sur la célèbre ligne dite du Tire Bouchon.

Comme quoi ces autorails, même s'ils sont relativement récents, ont tout de même déjà une histoire. Tout comme le site de la ville de Vierzon qui les accueille.

C'est un haut lieu de la vapeur, on a une démarche de recherche muséographique, historique et d'archives autour du dépôt de Vierzon et de la ville de Vierzon et du chemin de fer. On fait ça en étroite collaboration avec le musée deVierzon. En septembre 2019 nous avons fêté les 150 ans de la ligne de chemin de fer Lyon-Tours et Vierzon. Il y avait une exposition qui était organisée en gare avec nos autorails qui était axée sur l'histoire de la ligne, sur laquelle nos autorails n'ont évidement pas de place, mais c'est fait en parallèle et c'est évidement un axe de travail important pour l'association.

Le musée de Vierzon dont parle Antoine s'appelait à l'origine, le musée Laumonier de la machine à vapeur.

Laumonier c'était le dernier chef de dépôt à Vierzon du temps de la vapeur, et effectivement c'était quelqu'un qui était passionné par ce qu'il faisait, très arrangeant. C'est pour ça que l'on a beaucoup de photos des 141R à Vierzon. Les photographes rentraient dans le dépôt. Il était très conciliant pour ça. Il a bien fait vivre les derniers temps de la vapeur à Vierzon, et sa collection d'archives, d'objets ferroviaires a été exposée dans un musée à Vierzon qui est devenu par la suite le musée municipal, qui est actuellement le musée de Vierzon avec lequel on travaille en étroite collaboration. Le musée de Vierzon, a une partie ferroviaire qui est assez importante, mais présente également toute l'histoire de la manufacture Vierzonaise, commençant par la draperie, la vaisselle, la porcelaine, le chemin de fer et puis également, le tracteur, puisque Vierzon est une très grande ville pour l'industrie du tracteur, la Société Française, la Case par la suite et puis les tracteurs Merlin, qui étaient tous fabriqués à Vierzon. Un très grand nombre de postes d'aiguillage en activité à Vierzon et c'est il me semble bien, la dernière gare de France qui est entièrement équipée en poste Saxby électro-mécaniques. Ce n'est pas amené à durer puisque le grand poste central qui est en cours de réalisation sera inauguré en 2025, sonnant le glas de tous ces postes qui sont vraiment en de nombreux points remarquables. Le comité scientifique des postes remarquables mandaté par Rails et Histoire et SNCF Réseaux à retenu que dans les 25 postes remarquables, à l'échelle national, il y en avait un à Vierzon qui est le poste 5, mais il est vrai qu'à Vierzon, nous avons aussi le poste C, le poste 6, le poste B, qui sont tout aussi remarquables, notamment le poste C qui est une pièce unique, un Saxby de 1929 qui est absolument unique et pour le coup, un bijou qui malheureusement sera amené à être démoli. L'association CFTST se place sur le poste 5, qui est un projet qui l'a porterait pour de nombreuses années à préserver, restaurer et remettre en service de façon factice le poste pour des visites et faire découvrir aux visiteurs comment fonctionnait ce poste d'aiguillage, comment fonctionne la régulation ferroviaire, et évidemment ça sera un beau bâtiment à restaurer, préserver et mettre en valeur, dans une ville qui a besoin de faire vivre son patrimoine comme Vierzon.

Et le patrimoine industriel et ferroviaire à Vierzon, est aussi constitué de ses postes d'aiguillage.

Pas mal de projets donc pour cette jeune association dont les membres peuvent compter sur l'expérience acquise par d'autres avec lesquelles elle a su développer des partenariats. L'Amicale des Amis et Anciens de la Traction Vapeur de Saint-Pierre des Corps près de Tours, le Pacific Vapeur Club à Rouen, qui devrait l'aider dans l'organisation de la circulation de ses premiers trains dans le cadre d'un tutorat qui a été mise en place, ou encore le Train à vapeur en Limousin qui est prêt à mettre à sa disposition un petit wagon en sa possession pour lui permettre d'aménager un atelier qui lui fait actuellement cruellement défaut. Reste à en financer le transport jusqu'à Vierzon et quelques travaux de restauration, des opérations qui font actuellement l'objet d'une recherche de financement. Je vous mets le lien en description de cette vidéo, si vous souhaitez contribuer.

Pas facile de se lancer dans la préservation de matériel ferroviaire et de le faire rouler de nos jours, c'est une activité qui suppose de faire face à de nombreuses exigences. Si l'association s'appelle Chemin de Fer Touristique Sud Touraine - Autorails de Touraine, c'est que son premier projet était de faire circuler un train touristique entre Descartes et Tournon-Saint-Martin. Il n'a pas pu aboutir, restait alors à trouver un endroit ou faire stationner les autorails que l'association souhaitait préserver, c'est la première condition posée par la SNCF, pour que du matériel roulant puisse être confié à une association

Effectivement, le stationnement pose toujours un gros problème pour les associations et ça ne nous a pas épargné. On a eu la chance de pouvoir obtenir un stationnement au dépôt de Vierzon, donc, évidemment, on a saisi cette opportunité, on va pas se le cacher, maintenant, Vierzon, ça représente quand même beaucoup pour les adhérents qui sont pour beaucoup de la région. C'est un grand nom du chemin de fer, un grand dépôt, un des derniers dépôts vapeur et c'est une ville qui est très ancrée dans une culture cheminote et c'est effectivement une très bonne chose que l'on ait pu s'installer à Vierzon et prendre avec nos autorails, mais également avec toute la démarche muséographique que l'on a autour de Vierzon, un peu le relais de ce patrimoine dont il ne reste plus grand choses aujourd'hui, et oui évidemment, on est très heureux d'être à Vierzon et de perpétuer cette histoire fantastique de ce dépôt qui est unique en de nombreux points. Alors, ça reste un dépôt SNCF en activité pour le compte de REMI, le TER Centre, et également des trains de la région Nouvelle Aquitaine. Maintenant, on arrive très bien à cohabiter dans le dépôt. Évidemment, on n'est pas chez nous, on peu pas tout faire et c'est bien normal. On cohabite grâce à la gentillesse du personnel du dépôt et du personnel de la gare, avec les trains qui circulent, de l'Infra, du Fret, du TER, qui passent de temps à autre au dépôt.

Autre difficulté qui suppose de gros efforts d'adaptation de la part des associations, l'évolution de la réglementation. Autrefois, le matériel roulant amené à circuler sur le réseau ferré national devait être agréé par la SNCF, mais cette procédure à disparu au profit d'une nouvelle.

On ne parle plus d'agrément. Aujourd'hui, nous, on n'est plus sous le régime de l'agrément, on est sous le régime du CUUCRFP, c'est à dire que c'est l'association qui contrôle elle même ses engins, et qui les habilite elle même ou non, en endossant la responsabilité pénale. On est parmi les premières associations a exister uniquement sous ce régime, et on a pas le même travail que des associations comme la E de Saint-Pierre des Corps, mais en revanche, on a eu quand même quelques surprises. Beaucoup de nettoyage à faire … Il y a tout à vérifier puisque l'on doit tour reprendre à 0 au niveau maintenance et c'est en cours. On se rend compte que l'on a tout de même de très bons autorails, quelques surprises au niveau du frein et de fuites sous la caisse, mais c'est en cours de résolution, l'objectif étant de faire nos premières circulations au mois de décembre, mais on reviendra sur tout ça en détail.

Ou pas ! Parce-que vous l'avez deviné, le mois de décembre dont parle Antoine, c'était celui de 2020, les projets de l'association ont bien évidement été complètement chamboulés par la crise sanitaire. On parle maintenant de possibles premières circulation pour Pâques ou la braderie de Tours, mais on va bien évidement attendre de voir comment les choses évoluent avant de vous en parler plus en détail. Merci à Victor Achilli qui signe les images de ce reportage et qui a mis en place les moyens techniques qui m'ont permis d'interviewer Antoine à distance. Victor dont la chaîne Vic 39 vient de changer de nom et s'appelle désormais Vic-Prod, je vous invite à découvrir sa dernière vidéo dans laquelle il explique ce changement et ses projets pour sa chaîne en 2021, qui restent bien évidement orienté autour du train réel et miniature. Je signale aux Aiguillonautes qui soutiennent financièrement Aiguillages, que je mets en ligne en bonus à votre intention, des images que j'avais tourné il y a quelques années des X2100 en service entre Auray et Quiberon sur la ligne du Tire Bouchon et je termine en vous rappelant que le nouveau numéro de la revue Chemins de Fer régionaux et tramways édité par la FACS Patrimoin Ferroviaire est disponible. Au sommaire les 50 ans du RER, la suite de la saga de la revue de la FACS, les pages modélisme de l'UAICF et des nouvelles des chemins de fer touristiques, du réseau ferré national, des métriques, des tramways et de l'étranger. Je vous retrouve la semaine prochaine, pour de nouvelles aventures sur les rails.







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