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L'Amicale des Modélistes Ferroviaires

Ambarrois (AMFA 01)

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L'Amicale des Modélistes Ferroviaires Ambarrois (AMFA 01)

Transcription :

On prend le train aujourd'hui, je vous emmène à Ambérieu-en-Bugey, où nous allons rendre visite au club de modélisme ferroviaire qui s'y trouve : l'AMFA. Un club qui dispose d'un réseau à l'échelle Ho toujours en cours de construction, mais qui est déjà bien avancé. Bonjour et bienvenue dans Aiguillages !

Ambérieu-en-Bugey, c'est dans le département de l'Ain, une ancienne cité cheminote s'il en est. Je vous emmènerai d'ailleurs d'ici quelques semaines visiter son Musée du Cheminot où un tournage est prévu dans les prochains mois. Mais aujourd'hui, c'est de l'autre côté de la gare que nous nous rendons. Nous avons rendez-vous avec les membres de l'Association des Modélistes Ferroviaires Ambarrois, l'AMFA dans les locaux mis à leur disposition par le comité d'entreprise de la SNCF, car le club est estampillé Uaicf, Union Artistique et Intellectuelle des Cheminots Français. Les membres se réunissent tous les samedis, et le premier du mois, ses portes sont ouvertes au public.
Claude, Dominique, Hubert, Jean-Pierre, Loïc, Pierre, Olivier et Raymond parmi d'autres étaient là le jour de ce reportage, ils vont vous parler de leur contribution à la réalisation du réseau, car l'un des principes qui a été mis en place ici, c'est de rendre responsable chacun de la décoration de quelques centimètres carrés de la maquette.

Depuis qu’on a commencé ce réseau, j’ai poussé chaque adhérent qui avait envie de s’initier au décor de profiter du réseau pour essayer de faire sa part de décor et d’apprendre.

La contribution que j’ai prise en main, qui est encore un peu en chantier, c’est la rotonde qui est derrière nous parce qu’à Ambérieu on a la chance d’avoir un Fablab.

Je suis avec un copain qui s’appelle Jean-François et on fait toute la décoration que vous voyez de là-bas jusque-là pour le moment.

Le club a été créé en Juin 1978, mais il faudra patienter jusqu'en 1981 pour qu'il s'installe dans les locaux de l'ancienne école ménagère d'Ambérieu où il se trouve encore aujourd'hui. Un premier réseau est alors construit. Il sera démantelé par la suite pour donner naissance à celui que l'on peut voir aujourd'hui.

Ça fait une vingtaine d’années que je fais partie du club, j’ai toujours fait du train électrique, depuis ma plus tendre enfance, j’ai un petit réseau à la maison mais bien moins important que celui-ci, et le fait de me retrouver à la retraite, avec différents collègues on s’est dit « tiens, on va reprendre un peu d’activité dans ce club » et on sentait qu’il stationnait un peu, le réseau venait d’être refait, le plan de voie posé, il y avait toute la partie décor à attaquer donc on s’est décidé avec un autre collègue, Jean-François, de s’occuper de ça exclusivement.

Le premier réseau était quand même obsolète, il n’y avait plus moyen de faire grand-chose avec, on avait une opportunité de récupérer le bâtiment dans sa totalité donc on a fait table rase de l’ancien réseau et on a construit celui-ci qui a du matériel nouveau, sous une autre forme.

Des évolutions qu'Olivier n'a pas connues, car il est l'un des membres ayant le plus récemment adhéré à l'AMFA.

Je suis arrivé il y a un an à peu près, début janvier l’an dernier, parce qu’en fait le modélisme ferroviaire, pour ne pas dire « le petit train », j’ai fait ça quand j’était minot et après j’ai eu une période noire où j’ai rangé mes trains et ça m’a repris il y a quelques années, j’ai commencé à lire des blogs, suivre Aiguillages aussi, donc c’est un peu la faute d’Aiguillages si je suis revenu à ces affaires-là ! Et il y a un an je me suis décidé à pousser la porte du club d’Ambérieu parce que c’est le plus près de chez moi.

La porte du club d'Ambérieu, mais aussi celle du Fablab qui est installé en ville.

A Ambérieu, on a la chance d’avoir un Fablab, donc un Fablab c’est accès à des outils de découpe laser, d’impression 3D. Même si dans le commerce il y a de très belles rotondes qui existent, là c’était un peu le challenge de dire tant qu’à faire, faisons-là nous-même, donc on a ressorti des vieilles revues pour trouver des bouts de plan avec des dimensions parce qu’en fait la difficulté c’est de trouver les dimensions des choses, une fois que j’ai eu ces dimensions, comme à chaque fois je suis reparti sur mon ordinateur et on a produit ce prototype et aujourd’hui il faut passer à la vitesse suivante et finaliser ça, et mon défaut c’est qu’avant je me moquais beaucoup des compteurs de rivets, je m’aperçois que je prends cette mauvaise habitude et que je veux vraiment qu’il y ait tous les petits détails, les copains m’ont dit que cette rotonde est bien et qu’on pourrait la laisser comme ça et là c’est moi qui dis non, c’est juste pas possible il faut un truc. J’ai personnellement acheté une imprimante 3D à la maison donc du coup j’ai moins d’excuses sur certaines pièces pour pouvoir les produire plus facile. La rotonde pour l’instant elle est faite en medium de 3 mm, mais le medium à découper au laser c’est un peu caca parce que ça encrasse à vitesse grand V tous les filtres et puis à peindre c’est quand même pas la panacée donc mon objectif pour la version finale ce sera plutôt de passer sur des cartons-bois, des choses comme ça mais là il faut encore que je teste et que je vérifie si ça marche ou ça marche pas et trouver les bons paramètres pour fabriquer ça.

A l'image d'Olivier, qui se concentre sur la conception de la rotonde qui trouvera naturellement dans le dépôt de la gare qui est encore en cours de construction, chaque membre du club se voit attribuer quelques centimètres carrés du réseau, dont il prend la responsabilité en termes de décoration.

Je me suis porté volontaire pour cette partie-là qui me poussait un peu à faire cette partie-là parce qu’on ne pouvait pas faire le décor devant tant que ce n’était pas fait derrière. C’est le système de flocage avec de la fibre et de la bombe en colle : on vaporise une première fois, on remet de la fibre et on essaye de donner de la forme, donc là j’ai pris du fil électrique en U, j’ai fibré par-dessus et puis voilà. Je suis parti sur ça et je me fais la main. J’ai repeint un peu les poteaux caténaires, je me suis initié à l’aérographe et puis on demande conseil aux collègues qui on déjà fait, comme pour la peinture des rochers, on a Claude que vous avez vu précédemment qui lui avait l’habitude, il nous a expliqué, d’ailleurs voilà, il nous a montré, on fait une première couche de blanc, enfin le plâtre brut, une première couche de jaune, orangé ou autre, du noir pour faire ressortir, un peu de blanc, on repasse du brun, encore un peu de blanc, après ça donne différents aspects, c’est les goûts et les couleurs qui jouent sur ce qu’on dessine. Les barrières avec du fil de 4/10ème qu’on prend pour faire la caténaire, moi je me suis amusé à faire les rambardes, avec des petites pinces en plastiques on tient le matériau, un fer à souder assez puissant pour que la soudure soit rapide et hop, vous soudez, après un coup de pinceau et vous avez votre barrière qui est faite. Ça s’apprend, il faut avoir l’envie.

Et ce n'est pas ce qui manque à Loïc, le plus jeune membre du club, qui est précisément venu à l'AMFA pour apprendre et transposer ses acquis sur le réseau qu'il construit chez lui.

Je suis arrivé ici il y a 6 ans, j’ai hérité de matériel ferroviaire de mon père, j’ai toujours été passionné de train donc je voulais reprendre un peu le modélisme et j’ai eu la chance de découvrir ce club qui est dans ma ville puisque j’habite ici, à Ambérieu, ils m’ont aidé, ils m’ont guidé pour construire mon réseau et aujourd’hui je viens régulièrement et j’avance aussi chez moi, sur mon réseau.

Le réseau du club est en forme de U, ce qui présente l'avantage d'exposer 4 longues faces le long desquelles les trains peuvent circuler et les modélistes du club, s'adonner au plaisir de construire des décors. Il mesure 20 mètres de long sur 2 mètres 50 de large et est composé de 12 modules non normalisés d'une largeur de 60 cm, à l'exception de celui accueillant la gare dont la largeur a été portée à 1 mètre.

La structure a été conçue en contreplaqué, sur ossature bois. Pour les reliefs c'est la technique du grillage et de la bande plâtrée qui a principalement été mise en œuvre. L'enrochement est fait à base de plâtre avec des moules.

On utilise pas mal également du MAP, c’est de la colle à placo qui est très bien parce qu’on malaxe ça et ça tient plusieurs heures et ça permet de mettre en forme. Par contre, il faut faire une forme assez finie parce que c’est difficilement récupérable, c’est très dur contrairement au plâtre qui va se gratter, se poncer, se raboter. Tout ce qui est ossature, boucher des trous, faire des grosses masses, on le fait en colle de placo, en MAP, et par contre tous les enrochements sont faits en plâtre et sont jointés avec du plâtre pour dire que quand on fait une patine dessus, que la patine soit assez uniforme, parce que le MAP n’absorbe pas de la même manière, voire pas du tout.

Le choix de la forme en U fait que les distances parcourues par les trains sont beaucoup plus importantes que ce qu'il pourrait paraître au premier abord.

Chaque circuit, voie 1, voie 2, fait un développement de 50 mètres, quand même. Quand on dit « 20 tours, 1 km », on voit ça différemment ! L’idée c’était de faire du décor, enfin personnellement c’est ce que j’aime bien, voir des trains qui roulent dans du décor donc là justement on peut faire le tour ou même se balader un petit peu au milieu, on n’est pas coincés contre un mur, on peut voir ça tout le tour. Sur chaque circuit, il y a un garage souterrain, 3 voies de 2,5 ou 3 mètres, on peut mettre des rames vraiment conséquentes. Sinon, tout est cantonné, y compris les voies de garage, donc là on doit avoir entre 35 et 40 cantons qui assurent toute la sécurité.

La sécurité de la circulation des trains sur les différents circuits du réseau, qui a trouvé son spécialiste : Un ancien cheminot du service électrique qui a consacré toute sa carrière à la signalisation, la caténaire et aux télécommunications.

La signalisation respecte autant que faire se peut la signalisation qui est utilisée sur le réseau principal de la SNCF, aussi bien en lumineux sur le grand réseau qu’en signalisation mécanique sur la petite voie unique. Il y a des cantons, chaque canton est précédé d’un signal qui se ferme dès que le train franchit le signal et qui se rouvre deux cantons plus loin, le canton d’après on présente l’avertissement au signal et le canton suivant, la voie libre.

Les signaux mécaniques sont des signaux MKD qui ont été motorisés, une opération qui demande un peu de minutie vue qu'ils sont en plastique et que les pièces sont assez fragiles, sans quoi l'opération se déroule sans grande difficulté.

Le thème du réseau est libre, même si les paysages rencontrés sont assez fortement inspirés de ceux que l'on peut trouver sur la ligne Lyon-Chambéry qui passe par Ambérieu. Le parcours est constitué de deux circuits à double voie, indépendant l'un de l'autre. Chacun possède un garage caché pour permettre la variété des circulations. Les deux passent par la gare, qui est encore à ce jour en cour de construction. Celle-ci comprend 5 voies à quai plus 3 garages, et reçoit le trafic circulant sur une ligne secondaire à voie métrique.

Le réseau est maintenant suffisamment avancé pour que les membres du club se réservent plus souvent des après-midis où ils viennent faire circuler leurs trains, mais un samedi sur deux reste consacré au travail sur le décor, et pour Pierre, décor rime avec histoire local et patrimoine.

On a fait la tour de Saint-Denis en un peu remodelée parce que le dessus n’est pas comme ça, on a fait une petite synthèse de la tour de Saint-Denis et l’a fait avec des plaques de plâtre, on a des moules et on fait l’infrastructure avec des moules, avec du plâtre, tout simplement. Là, on a une configuration un peu différente de la tour de Saint-Denis, on a créé une petite chapelle avec un dégradé comme ça de terrain qui rejoint la voie ferrée. On a essayé de faire l’Italie, la Savoie qui était de ce côté-là, avec une bande qui délimite le Dauphiné là-bas, c’est pour ça qu’il y a une borne de Savoyard ! Le château de Cornillon, que vous voyez là, qui a été construit autour de 1300 et démoli en 1600 par le général Biron. C’était un château qui est plus ou moins un château mais qui était une grosse forteresse, une grosse bâtisse, c’était un droit de passage à Saint-Rambert pour aller en Dauphiné et en Savoie. Ça a été tenu d’abord par des juifs qui avaient le monopole pour le Seigneur du coin et après par les moines qui ont repris le témoin. On a construit des petites maisons autour, ce qui est intéressant c’est ça que j’ai fait, c’est-à-dire des bacs que vous voyez là, je ne sais pas si vous voyez bien, mais des bacs là et là avec des frigos, c’est-à-dire que dans le temps, toute la nourriture était enterrée dans la terre. Et là on a fait des abreuvoirs, c’était pour les gens aussi et puis pour les animaux. Donc on a fait des petites maisons toutes en pierres, l’infrastructure est faite en pierre.

La pierre, le bois, le carton et même le plâtre, un peu tous les matériaux ont été utilisés pour réaliser les décors de ce réseau, en fonction des préférences des maquettistes. La création de cette ruine par exemple mêle plusieurs de ces matériaux.

La ruine est construite en plâtre, le toit est un moulage de tuile en plâtre, les lattis en bois sont en Evergreen, les planches qui barricadent la fenêtre, la fenêtre qui reste et la porte qui reste, c’est des entourages de bois de camembert.

Autre réalisation d'Hubert, ces typiques cités cheminotes, construites par le PLM dans les années 20, qui abritent des personnages dans quelques pièces et sur des balcons. On les verra mieux lorsque l'éclairage sera installé dans ces maisons. Elles sont en carton-bois découpées par Architecture et passion, les toits sont en plâtre, les cheminées en résine, les gouttières en pics de brochettes qui ont été retaillées, et leurs descentes en fil de cuivre.

Enfin la pousse de l'herbe n'est pas tributaire de la température ambiante, de la présence du soleil ou de la tombée de la pluie, les modélistes de l'AMFA ont trouvé une solution beaucoup plus fiable

Les locaux de l'Association des Modélistes Ferroviaires Ambarrois sont ouverts au public chaque premier samedi du mois, vous pourrez aussi retrouver sur Aiguillages des images du réseau d'exposition du club qui est quant à lui à l'échelle N.

La semaine prochaine dans Aiguillages, une visite d'une nature tout à fait différente, je vous proposerai de découvrir un poste d'Aiguillages qui a cessé de fonctionner il y a peu, mais qui pourrait être préservé et connaître une nouvelle vie, il s'agit de celui situé à l'entrée nord de la gare de Perrache à Lyon.

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