Le Chemin de Fer du Haut-Forez (Estivareilles)
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Le Chemin de Fer du Haut-Forez

(Estivareilles)

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Le Chemin de Fer du Haut-Forez (Estivareilles)

Transcription :

Les chemins de fer touristiques reprennent doucement leurs activités et vont tenter de proposer cette année un petit bout de saison, mais ça ne sera pas facile. L'envie est là, mais les contraintes et les incertitudes pèsent lourdement. J'ai pu le constater en passant une journée avec une partie de l'équipe du Chemin de Fer du Haut-Forez qui exploite une ligne entre Estivareilles et la Chaise Dieu. C'était leur première journée sur place depuis les trains du Père Noël en décembre, et par chance, il faisait très beau.

On va profiter de cette belle journée pour aller d'Estivareilles à Usson en Forez, certes ce n'est qu'une toute petite partie du parcours que réalisent habituellement les passagers du Chemin de Fer Touristique du Haut-Forez, mais il ne s'agit là que d'une marche technique. On va la faire à bord de l'autorail Picasso de l'association qui vous allez le voir dans ce reportage, revient de loin. L'objectif de l'équipe est d'aller chercher un locotracteur dont les semelles de freins sont à contrôler avant la reprise de la saison et de faire un peu de rangement dans le matériel stationné en gare. Comme il n'y a pas de passagers et que rien ne nous presse, nous nous arrêterons à plusieurs reprises en ligne le temps de faire prendre quelques poses à l'autorail dans ces magnifiques paysages du Haut-Forez.

Rendez-vous en gare à 8h et demie ce matin, le temps d'un café et on se dirige vers l'autorail pour procéder aux vérifications d'usage avant la mise en route du moteur.
Tu peux ouvrir les fenêtres un petit peu, ça va ventiler. Là, on va faire le niveau de la nourrice à eau, ça va ré-amorcer le système et si on a suffisamment d'eau, on pourra lancer.

Accu, donc là, ça tourne sur la batterie.
On vérifie que le carburant arrive bien au niveau visible. Maintenant on va vérifier la quantité d'eau dans la nourrice. Si il en manque un peu, on dévisse le robinet et on actionne la pompe à huile, pour avoir un niveau convenable.
Donc on a fait tous les niveaux, moteur, boîte de vitesse, injection, compresseur … on a du carburant, on a de l'eau, on peut lancer.
Comme tout bon diesel, il va falloir maintenant lui laisser le temps de chauffer. Cet autorail Picasso, l'X4001, c'est Raymond Denis, qui est à l'origine de son sauvetage. Conducteur à la SNCF il était affecté au dépôt de Saint-Etienne, ou l'autorail avait été préservé par une association .

Parmi les autres matériels dont l'association dispose pour l'exploitation de sa ligne il y a 1 autre autorail historique, un X2800, le numéro 7, une remorque Decauville, et une ancienne Rame à Grand Parcours de type RGP 2 qui a été dé-motorisée et qui est utilisée pour les trains restaurant. Elle est maintenant tractée par une locomotive de type BB63000 que l'on va aller chercher tout l'heure à Usson. Pour le reste le parc se compose d'un locotracteur Decauville et d'une draisine DU65 pour ce qui est des engins moteurs, et de quelques wagons divers utilisés pour les travaux d'entretien de la voie. Il est maintenant temps de partir. Aujourd'hui, c'est Max qui prend le manche du Picasso. La ligne exploitée par le Chemin de Fer du Haut-Forez est longue de 42 km, c'est une partie d'une ancienne transversale construite par le PLM en 1902 pour relier Saint-Etienne à Clermont-Ferrand. Ce n'était certes pas la plus directe puisqu'elle passait par Bonson, Saint-Bonnet le Château, Estivareilles, Usson, Pontempeyrat, Craponne sur Arzon, et Sembadel qui était une étoile ferroviaire puisque l'on y croisait une autre ligne allant de Vichy à Darsac. L'altitude moyenne de la ligne est assez élevée, elle se situe autour de 900 mètres avec un point culminant à 1094 mètres juste avant d'arriver à Sembadel. Lors de son inauguration en 1902, c'était la voie PLM à écartement normal, la plus haute de France. Son profil est sévère et comporte de nombreuses rampes à 25 pour mille.

Nous arrivons à Usson, ou Raymond qui a fait le trajet en voiture, s'est occupé de fermer le passage à niveau. Ici, l'équipe retrouve le 63000, qui lui non plus n'a pas roulé depuis décembre dernier. Même rituel que pour le Picasso, il faut procéder au contrôle des niveaux et pomper l'huile pour la faire de nouveau circuler dans les organes du moteur. C'est Christophe qui s'y colle. Une fois qu'il s'est assuré que tout est prêt, il va pouvoir lancer le moteur. Petit suspens. Va t'il démarrer au quart de tour après ces quelques mois d'arrêt ? Il semble que oui. Le reste de la manœuvre va maintenant consister à déplacer un wagon pour laisser place à l'autorail qui va être attelé au 63000 sur le chemin du retour. Comme il fait toujours aussi beau, on va marquer de nouveaux arrêts en ligne le temps de tourner quelques plans. (D98). Autre séquence, un peu plus loin, le franchissement du passage à niveau. On va même jouer aux naufragés du rail, et se faire abandonner par l'autorail avec une partie de l'équipe juste pour le plaisir de voir passer le train en face de nous. Ici, la ligne parcourt en effet un fer à cheval. Pour les apprentis Robinson que nous sommes, l'histoire se termine bien puisque le train va refouler pour revenir nous chercher. Et c'est le retour à Estivareilles pour le déjeuner. L'après-midi sera consacrée à quelques travaux sur le 63000. Une visite de ses organes de roulement sera réalisée grâce à cette fosse artisanale.
En temps normal, le Chemin de Fer du Haut-Forez propose en saison des circulations régulières entre Estivareilles et la Chaise-Dieu et toute l'année des trains affrétés à la demande et des trains à thème. Cette année 2020 est bien sur très particulière et assez périlleuse pour l'association comme pour beaucoup d'autres. Pour essayer de s'en sortir, l'association a imaginé une formule que l'on pourrait intitulée achetez votre billet de train maintenant, voyagez plus tard.
C'est certain que pour nous, association loi 1901, on n'est pas entreprise, on n'a pas de salariés et les aides prévues dans le cadre de la crise, on y avait pas tellement droit. Donc on a eu l'idée, parce-que malheureusement les charges fixes continuent de courir. Assurances, location de la ligne, les factures EDF et autres, téléphone continuent de courir et donc on a eu l'idée de pré-vendre des billets de train. On a lancé une campagne sur internet, avec une billetterie en ligne et apparement on rencontre un succès intéressant qui nous permettra de faire la jonction, sans trop pénaliser notre tréoserie.
Vous pourrez retrouver cette possibilité sur le site du Chemin de Fer du Haut-Forez dont je vous remets le lien sous ce reportage. Une phase difficile pour l'association qui ne l'empêche pas d'avoir des projets pour continuer à développer son activité.
On avait le projet cette année de proposer une originalité : Le dimanche matin, lorsque notre train est à midi à La Chaise-Dieu, on avait l'intention de ré-ouvrir le tronçon actuellement fermé de Sembadel en direction de Darsac et du Puy, sur 5 km en direction du lac de Malaguet qui est une réserve naturelle régionale, avec un sentier botanique, la découverte également de ce lieu, et donc de proposer en début d'après-midi aux gens de la Chaise-Dieu d'aller passer une heure autour du lac de Malaguet et revenir à La Chaise-Dieu. Si on a l'autorisation de rouler assez tôt on pourra peut-être le réaliser fin août ou peut-être au mois d'août.
Cette journée au Chemin de Fer du Haut-Forez va se terminer sur un ballet savamment orchestré, visant à ré-organiser le garage du matériel roulant.
On a remis la RGP en tête du convoi pour que les collègues peintres et carrossiers qui vont intervenir dans le courant de la semaine, puissent l'avoir en prise directe. Donc on l'a mettra à disposition de l'équipe et ça évitera qu'ils soient gêné par les autres matériels qui étaient placés devant ce matin.
Le but de la journée c'était essentiellement de faire une révision légère du 63000 qui va sans dout être utilisé pendant la saison pour assurer des trains de travaux notamment pour le remplacement de certaines traverses, l'acheminement du matériel qui se fait au bord de la voie ferrée, les moyens techniques … et aussi de faire un contrôle de toutes les semelles de frein, pour s'assurer qu'on peut rouler sereinement, sans risque. Et prévoir aussi le ré-approvisionnement des consommables nécessaires, huile, eau de refroidissement ...
Autre grosse opération mais qui elle a eu lieu l'an dernier, c'est le changement de la boîte à vitesse de l'autorail Picasso. Je vous le disais en début de reportage, cet engin revient de loin. C'est lui qui a assuré les premières circulations de l'association dès 2003, et après de nombreuses années de service son usure générale a fait que des interventions techniques assez lourdes étaient indispensables. Il a fallut notamment remplacer les joints de culasse et le système d'embrayage. Un travail qui a occupé les bénévoles de juin à novembre, mais qui va permettre à cet autorail, on l'espère du moins d'assurer de nombreuses nouvelles années de service. Cette journée de travail étant maintenant achevée, le 63000 va repartir pour Usson. Pour ce dernier voyage il va prendre la draisine en remorque afin que les membres de l'association qui vont assurer ce convoyage disposent d'un moyen de transport pour revenir à Estivareilles.



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