Le Train Touristique du Centre Var
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Le Train Touristique

du Centre Var

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Le Train Touristique du Centre Var

Transcription :

Bonjour et bienvenue dans Aiguillages ! L'Association du Train Touristique du Centre Var fête en 2021 les 20 ans de ses premières circulations sur la ligne qu'elle exploite entre Carnoules et Brignoles, et pour cette nouvelle année, ses membres ont des projets plein la tête, et ils espèrent bien que malgré la crise sanitaire, ils pourront en réaliser quelques uns.

Carnoules se trouve dans le Var, à une petite quarantaine de km de Toulon, mais à l'intérieur des terres. Une région que l'on appelle La Provence Verte et que le Train Touristique du Centre Var parcourt jusqu'à la ville de Brignoles, poussant même de temps à autre, jusqu'à Saint-Maximin, au pied du massif de la Sainte-Baume. Au delà, le vélorail de la Sainte-Baume permet de poursuivre la balade ferroviaire jusqu'à Pourcieux.

Le tronçon de ligne parcouru par les trains de l'association est une partie de celle reliant Carnoules à Gardanne, sur l'axe Lyon-Perrache/Marseille-Saint-Charles via Grenoble. Entre ses deux extrémités, la distance est de 79 km. Il s'agit d'une ligne établie à voie unique, et qui n'est pas électrifiée. Son exploitation a été confiée à la Compagnie du Paris-Lyon Méditérannée. Le trafic voyageur s'y est maintenu jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale, des trains de marchandises ont continuer à y rouler jusqu'en 1987. Elle n'a ensuite été utilisée que par de rares trains militaires circulant à l'occasion d'exercices se déroulant au camp militaire de Canjuers.
Pour cette raison mais aussi parce-qu'elle représentait une alternative possible pour relier Paris à la Côte d'Azur, elle est restée quelques années à l'état de ligne suspendue, c'est à dire qu'elle était entretenue mais non exploitée, un statut qui l'a rendait intéressante pour y faire rouler un train touristique.

Bon, bien sur, les choses n'ont pas été simples et il a fallu sept ans à l'Association du Train Touristique du Centre Var qui avait été créée en 1994 pour obtenir l'autorisation d'y faire circuler son premier autorail.

Ce fut fait le 19 août 2001, un autorail Picasso, l'X3976 reliait pour la première fois Carnoules à Brignoles et c'est ce vingtième anniversaire que l'ATTCV entend bien célébrer cette année.
Depuis les choses se sont de nouveau compliquées pour l'association, puisque la ligne a été définitivement fermée par la SNCF, sortie du réseau stratégique de défense, en vue d'en transférer l'exploitation vers les collectivités locales, il faut par conséquent refaire toutes les conventions, et mettre à jour le dossier de sécurité auprès de la préfecture, avant que les trains de l'ATTCV ne puissent de nouveau circuler,

et puis, le COVID est arrivé …

L'association a tout de même tenté de programmer la circulation de plusieurs trains, mais beaucoup ont bien sur du être annulé. Ce fut le cas de nombre de ceux prévus sur le réseau ferré national, car oui, outre les allers-retours entre Carnoules et Brignoles, l'association est aussi active dans le reste de la région. Elle a créé à Veynes, une antenne, ou certains des matériels roulants qu'elle possède sont entretenus par une équipe de bénévoles, sur place. Ces autorails sont destinés à proposer des circulations historiques sur l'étoile de Veynes, qui se font en collaboration avec de nombreux acteurs locaux, dont l'écomusée du Cheminot Veynois, que je vous ai fais visiter il y a quelques semaines dans Aiguillages. Mais les autorails de l'ATTCV vont régulièrement se dégourdir les essieux encore au-delà et circulent souvent sur la Côte d'Azur et en direction de la vallée des merveilles. Trois sont aptes à circuler sur le grand réseau. En décembre dernier, l'un d'entre eux y faisait d'ailleurs son grand retour, à l'occasion d'un train du Père Noël que je vous ai fais vivre sur la chaîne, il s'agit de l'X49003/4.

Cet engin a pris son service au milieu des années 70. Il était affecté au dépôt de Marseille, et puis vers 1988, il est parti en normandie ou il a fait tout le reste de sa carrière et ou il a été radié. La particularité de cet engin, c'est qu'il a été conçu et pensé pour circuler sur des lignes de montagne, il a circulé sur Briançon assez longtemps, c'est là, qu'il a fait ses premiers tours de roues, et c'est un matériel qui est tout à fait adapté pour venir à Breil sur Roya et on l'espère, l'année prochaine aller à Fontan, à Saint-Dalmace, à Brigue et à Tence, quand la ligne sera rétablie on l'espère. On espère que le viaduc de Fontan qui est malade ne va pas partir dans la rivière. C'est une ligne que l'on aime parcourir, on est attaché à la vallée de la Roya je pense dans l'association, et donc on a plaisir à venir circuler sur cette ligne, parce-que c'est une ligne qui est pour les passionnés de chemins de fer fantastique, on a des tunnels qui sont de grandes longueurs, on a des rampes hélicoïdales, des viaduc magnifiques, des paysages à couper le souffle et en plus quand on vient du Var, on va passer par l'Estérel, on va passer par la Côte d'Azur, donc c'est un parcours qui est très varié et qui a beaucoup de succès auprès du public en fait. Mais on circule aussi ailleurs dans la région, puisque l'on va tous les étés maintenant depuis 6 ans circuler sur l'étoile de Veynes, au départ de Veynes vers Briançon, Grenoble, Valence et Sisteron. On a même fait une annexe de l'association à Veynes, pour porter les circulations du Veyn'Art, une annexe qui je l'espère est amenée à prendre de l'importance dans le futur.

Sur Carnoules/Brignoles les trains de l'association roulent 80 jours par an en moyenne, et sur le réseau ferré national, ce sont de 7 à 10 circulations qui sont proposées chaque année. Avec le changement de statut de la ligne qu'elle exploite régulièrement, l'association va désormais également avoir à se préoccuper de l'entretien de la voie.

Alors effectivment, on va devoir piloter la maintenance de la ligne, mais ça ne veut pas dire que l'on va tout faire, on aura les collectivités territoriales qui seront à nos côtés pour assurer cette nouvelle charge, et on espère pouvoir faire le mieux pour pérenniser cette voie de chemin de fer qui je suis certain à de l'avenir pour faire du train touristique mais pas seulement. Je pense tout simplement que permettre à une voie de chemin de fer secondaire quelque part, c'est le cas de ces lignes là, de continuer à exister avec un train touristique, ça peut permettre aux élus demain, de dire, bah, tien, on va réutiliser cette ligne pour faire du transport du quotidien. Donc aujourd'hui notre maigre petit travail, c'est de sauver cette ligne pour la mettre en valeur pour faire du tourisme, et peut-être que demain aussi, ça sera de la mettre en valeur pour autre chose, mais ça, c'est quelque chose qui nous dépasse. Nous, notre mission, c'est préserver le matériel dans lequel on circule aujourd'hui et le matériel qui nous a été confié par la SNCF ou que l'on a pu acquérir, ça c'est notre mission, c'est ce pourquoi on est motivé à travailler au sein de l'association.

Le projet dont parle Julien, c'est celui d'une réouverture de la ligne Carnoules-Gardanne au service voyageurs, des études sont en cours, les collectivités locales sont intéressées, mais l'horizon reste encore assez lointain puisque l'on parle d'une remise en service qui pourrait se faire d'ici 2040. L'une des difficultés rencontrées étant la présence de passages à niveau que la réglementation interdit désormais dans le cadre de la création de nouvelles lignes ou de ré-ouvertures de celles pré-existantes. 46 passages à niveau sont rencontrés sur le parcours. En attendant, les bénévoles ont de quoi faire puisque pas mal de chantiers sont engagés pour l'entretien et la restauration du matériel qui leur a été confié, l'une des priorités est la remise en état du moteur de l'autorail Picasso avait assuré le train inaugural, il y a 20 ans, mais qui a subi une grave avarie moteur en 2012. Il y a aussi des autorails de type Caravelle, dont l'X4567 utilisé pour le Veynart, actuellement arrêté en raison de problèmes mécaniques et l'X2204 dont vous avez vu des images au début de ce reportage, qui est le 3ème matériel de l'association autorisé à rouler sur le réseau ferré national. Un autre, pourrait suivre le mouvement, il s'agit d'un matériel pour le moins original puisque utilisé par la SNCF pour des essais, il est dépourvu de sièges et truffé de baies électroniques.

FC : L'association a encore comme projet de permettre des visites de son dépôt ou de prolonger l'exploitation de la ligne touristique jusqu'à Saint-Maximin La Sainte Baume, on va espérer que 2021 lui permettra d'avancer pas mal sur ces dossiers. Je vous tiendrais au courant, et en attendant, je vous retrouve la semaine prochaine, pour de nouvelles aventures sur les rails.






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